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2 Samuel
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▲1.1 C'est après la mort de Saül
que David était revenu, ayant battu Amaleq. David resta deux jours à
Ciqlag.
1.2 Le
troisième jour, un homme arriva du camp, d'auprès de Saül. Il avait les
vêtements déchirés et la tête couverte de terre. Or, en arrivant auprès
de David, il se jeta face contre terre et se prosterna.
1.3 David
lui dit : « D'où viens-tu ? » Il lui dit : « Je me suis échappé du camp
d'Israël. »
1.4 David
lui dit : « Comment la chose s'est-elle passée ? Raconte-moi. » Il dit
: « Le peuple a été mis en déroute ; et puis, il est tombé beaucoup de
morts dans le peuple ; et puis, Saül et son fils Jonathan sont morts. »
1.5 David
dit à son jeune informateur : « Comment sais-tu que Saül est mort,
ainsi que son fils Jonathan ? »
1.6 Le
jeune homme lui dit : « Je me trouvais par hasard sur le mont Guilboa.
Il y avait Saül, appuyé sur sa lance, et il y avait les chars et les
cavaliers qui le serraient de près.
1.7 Il
s'est retourné et il m'a vu. Il m'a appelé et j'ai dit : “Présent !”
1.8 Il m'a
dit : “Qui es-tu ?” Et je lui ai dit : “Je suis un Amalécite.”
1.9 Il m'a
dit : “Reste près de moi, veux-tu, et donne-moi la mort, car je suis
pris d'un malaise, bien que j'aie encore tout mon souffle.”
1.10 Je
suis donc resté près de lui et je lui ai donné la mort, car je savais
qu'il ne survivrait pas à sa chute. J'ai pris le diadème qu'il avait
sur la tête et le bracelet qu'il avait au bras. Je les ai apportés ici
à mon seigneur. »
1.11 David
saisit ses vêtements et les déchira. Tous ses compagnons firent de même.
1.12 Ils
célébrèrent le deuil, pleurèrent et jeûnèrent jusqu'au soir pour Saül,
pour son fils Jonathan, pour le peuple du SEIGNEUR et pour la maison
d'Israël, qui étaient tombés par l'épée.
1.13 David
dit au jeune informateur : « D'où es-tu ? » Il dit : « Je suis le fils
d'un émigré amalécite. »
1.14 David
lui dit : « Comment ! Tu n'as pas craint d'étendre la main pour tuer le
messie du SEIGNEUR ? »
1.15 David
appela un des garçons et dit : « Avance et frappe-le. » Il l'abattit.
1.16 David
lui dit : « Que ton sang soit sur ta tête, car tu as déposé contre
toi-même en disant : C'est moi qui ai donné la mort au messie du
SEIGNEUR. »
1.17 Alors
David fit cette complainte sur Saül et sur son fils Jonathan.
1.18 Il dit
: (Pour apprendre aux fils de Juda. Arc. C'est écrit dans le livre du
Juste.)
1.19
Honneur d'Israël, gisant sur tes collines ! Ils sont tombés, les héros !
1.20 Ne le
publiez pas dans Gath, ne l'annoncez pas dans les rues d'Ashqelôn, de
peur que les filles des Philistins ne se réjouissent, que les filles
des incirconcis ne sautent de joie.
1.21
Montagnes de Guilboa, ne recevez ni rosée ni pluie, ne vous couvrez
plus de champs féconds ! Car là fut maculé le bouclier des héros, le
bouclier de Saül qui n'avait été huilé
1.22 que du
sang des victimes, de la graisse des héros, l'arc de Jonathan, qui ne
recula point, et l'épée de Saül, qui ne rentrait pas sèche.
1.23 Saül
et Jonathan, les bien-aimés, inséparables dans la vie et dans la mort,
plus rapides que des aigles, plus vaillants que des lions !
1.24 Filles
d'Israël, pleurez sur Saül, qui vous revêtait de pourpre et de parures,
qui de bijoux d'or surchargeait vos habits.
1.25 Ils
sont tombés en plein combat, les héros ! Jonathan, gisant sur tes
collines !
1.26 Que de
peine j'ai pour toi, Jonathan, mon frère ! Je t'aimais tant ! Ton
amitié était pour moi une merveille plus belle que l'amour des femmes.
1.27 Ils
sont tombés, les héros ! Elles ont péri, les armes de guerre !
▲2.1 Après cela, David demanda
au SEIGNEUR : « Dois-je monter dans l'une des villes de Juda ? » Le
SEIGNEUR lui dit : « Monte. » David dit : « Où dois-je monter ? » Le
SEIGNEUR dit : « A Hébron. »
2.2 David y
monta ainsi que ses deux femmes, Ahinoam d'Izréel et Avigaïl, femme de
Naval de Karmel.
2.3 David
fit également monter ses compagnons, chacun avec sa famille, et ils
s'installèrent dans les villes d'Hébron.
2.4 Les
gens de Juda vinrent et là ils oignirent David comme roi sur la maison
de Juda. On vint dire à David : « Ce sont les gens de Yavesh-de-Galaad
qui ont enterré Saül. »
2.5 David
envoya des messagers aux gens de Yavesh-de-Galaad et il leur dit : «
Soyez bénis du SEIGNEUR, vous qui avez accompli cet acte de fidélité
envers votre seigneur Saül et qui l'avez enterré.
2.6
Maintenant, que le SEIGNEUR agisse envers vous avec fidélité et
loyauté. Moi aussi, j'agirai à votre égard avec la même bonté, puisque
vous avez fait cela.
2.7 Et
maintenant, que vos mains soient fermes. Soyez des hommes vaillants.
Oui, votre seigneur Saül est mort, mais sachez aussi que la maison de
Juda m'a oint pour être son roi. »
2.8 Avner,
fils de Ner, chef de l'armée de Saül, avait emmené Ishbosheth, fils de
Saül, et l'avait fait passer à Mahanaïm.
2.9 Il en
avait fait un roi pour le Galaad, les Ashourites et Izréel, comme sur
Ephraïm, Benjamin et Israël tout entier.
2.10
Ishbosheth, fils de Saül, avait quarante ans quand il devint roi sur
Israël et il régna deux ans. Mais la maison de Juda suivait David.
2.11 Le
temps que David passa à Hébron comme roi de la maison de Juda fut de
sept ans et six mois.
2.12 Avner,
fils de Ner, et les serviteurs d'Ishbosheth, fils de Saül, sortirent de
Mahanaïm en direction de Gabaon.
2.13 Joab,
fils de Cerouya, et les serviteurs de David sortirent également.
S'étant rencontrés près du bassin de Gabaon, ils s'installèrent de part
et d'autre du bassin.
2.14 Avner
dit à Joab : « Que les garçons se lèvent donc, et qu'ils joutent devant
nous. » Joab dit : « Qu'ils se lèvent ! »
2.15 Ils se
levèrent et on les compta : douze pour Benjamin et pour Ishbosheth,
fils de Saül, et douze des serviteurs de David.
2.16 Chacun
saisit la tête de son adversaire et mit son épée dans le flanc de son
adversaire, et ils tombèrent ensemble. On appela ce lieu le Champ des
Rocs. Il se trouve à Gabaon.
2.17 Le
combat fut très dur ce jour-là. Avner et les gens d'Israël furent
battus devant les serviteurs de David.
2.18 Il y
avait là les trois fils de Cerouya, Joab, Avishaï et Asahel. Asahel
avait le pied aussi léger qu'une gazelle des champs.
2.19 Asahel
se lança à la poursuite d'Avner, qu'il suivit sans dévier, ni à droite,
ni à gauche.
2.20 Avner
se retourna et dit : « Est-ce toi, Asahel ? » Il dit : « C'est moi. »
2.21 Avner
lui dit : « Dévie à droite ou à gauche, attrape un des garçons et
prends pour toi ses dépouilles. » Mais Asahel ne voulut pas s'écarter
et cesser la poursuite.
2.22 De
nouveau, Avner dit à Asahel : « Ecarte-toi, cesse de me poursuivre ! Ou
faudra-t-il que je te terrasse ? Pourrais-je alors regarder en face ton
frère Joab ? »
2.23 Mais
Asahel refusa de s'écarter. Alors Avner le frappa au ventre avec le
talon de sa lance. La lance sortit par-derrière. Il tomba là et mourut
sur place. Or tous ceux qui arrivaient à l'endroit où Asahel était
tombé mort s'arrêtaient.
2.24 Joab
et Avishaï se lancèrent à la poursuite d'Avner. Le soleil se couchait
quand ils arrivèrent à Guivéath-Amma, qui se trouve à l'est de Guiah,
sur le chemin du désert de Gabaon.
2.25 Les
fils de Benjamin se rassemblèrent derrière Avner, ne firent qu'un bloc
et se postèrent au sommet d'une colline.
2.26 Avner
cria en direction de Joab : « L'épée va-t-elle sans cesse dévorer ? Ne
sais-tu pas que cela finira tristement ? Quand donc enfin diras-tu à
tes hommes d'arrêter cette poursuite fratricide ? »
2.27 Joab
dit : « Par la vie de Dieu ! Si tu n'avais pas parlé, les hommes
n'auraient pas suspendu cette poursuite fratricide avant demain matin. »
2.28 Joab
sonna du cor : tout le peuple s'arrêta, cessant de poursuivre Israël,
et on ne se battit plus.
2.29 Avner
et ses hommes marchèrent dans la Araba pendant toute la nuit. Ils
passèrent le Jourdain, parcoururent tout le Bitrôn et arrivèrent à
Mahanaïm.
2.30 Quand
Joab eut cessé de poursuivre Avner, il rassembla tout le peuple. Il
manquait à l'appel, parmi les serviteurs de David, dix-neuf hommes et
Asahel.
2.31 Les
serviteurs de David, eux, avaient abattu trois cent soixante hommes
parmi les Benjaminites et les gens d'Avner.
2.32 On
emporta Asahel et on l'ensevelit dans la tombe de son père, à Bethléem.
Joab et ses hommes marchèrent toute la nuit et, au lever du jour, ils
furent à Hébron.
▲3.1 La guerre fut longue entre
la maison de Saül et la maison de David. David ne cessait de se
renforcer, la maison de Saül ne cessait de s'affaiblir.
3.2 Des
fils naquirent à David, à Hébron. Son premier-né fut Amnon, d'Ahinoam
d'Izréel ;
3.3 le
second, Kiléav, d'Avigaïl, femme de Naval, de Karmel ; le troisième,
Absalom, fils de Maaka, fille de Talmaï, roi de Gueshour ;
3.4 le
quatrième, Adonias, fils de Hagguith ; le cinquième, Shefatya, fils
d'Avital ;
3.5 le
sixième, Yitréam, de Egla, femme de David. Ceux-là naquirent à David, à
Hébron.
3.6 Pendant
qu'il y avait la guerre entre la maison de Saül et la maison de David,
Avner, lui, renforçait sa position dans la maison de Saül.
3.7 Saül
avait eu une concubine qui s'appelait Riçpa, fille d'Ayya. Ishbosheth
dit à Avner : « Pourquoi es-tu allé vers la concubine de mon père ? »
3.8 A ces
mots, Avner entra dans une grande colère et il dit : « Suis-je, moi,
une tête de chien judéen ? Aujourd'hui, j'agis avec fidélité envers la
maison de ton père Saül, envers ses frères et ses amis. Je ne t'ai pas
laissé tomber aux mains de David. Et maintenant, tu veux me faire grief
d'un écart avec cette femme, aujourd'hui !
3.9 Que
Dieu fasse à Avner ceci et encore cela, si je ne fais pas pour David ce
que le SEIGNEUR lui a juré :
3.10 ôter
la royauté à la maison de Saül et ériger le trône de David sur Israël
et sur Juda de Dan à Béer-Shéva. »
3.11
Ishbosheth ne put répliquer un mot à Avner, car il en avait peur.
3.12 Avner
envoya des messagers à David en son propre nom. Il disait : « A qui le
pays ? » Et : « Conclus un pacte avec moi et je te prête la main pour
te rallier tout Israël. »
3.13 David
répondit : « Bien. Je vais conclure un pacte avec toi. Je ne te demande
qu'une chose : Ne te présente pas devant moi sans m'amener d'abord
Mikal, la fille de Saül, quand tu viendras te présenter. »
3.14 David
envoya des messagers à Ishbosheth, fils de Saül. Il disait : «
Donne-moi ma femme Mikal, que je me suis acquise pour cent prépuces de
Philistins. »
3.15
Ishbosheth l'envoya prendre chez son mari, Paltiël, fils de Laïsh.
3.16 Son
mari l'accompagna jusqu'à Bahourim, il la suivit en pleurant. Mais
Avner lui dit : « Va-t'en, retourne ! » Et il s'en retourna.
3.17 Avner
engagea des pourparlers avec les anciens d'Israël. Il leur dit : « Il y
a déjà longtemps que vous désirez avoir David pour roi.
3.18 C'est
le moment d'agir. En effet, le SEIGNEUR a déclaré au sujet de David :
“Par la main de mon serviteur David, je sauverai mon peuple Israël de
la main des Philistins et de la main de tous ses ennemis.” »
3.19 Avner
confia cela aux oreilles des Benjaminites. Puis Avner alla confier aux
oreilles de David, à Hébron, tout ce qui avait l'agrément d'Israël et
de toute la maison de Benjamin.
3.20 Avner,
accompagné de vingt hommes, vint trouver David à Hébron. David donna un
banquet à Avner et à ses compagnons.
3.21 Avner
dit à David : « Je vais me mettre à rassembler tout Israël auprès de
mon seigneur le roi. Ils concluront un pacte avec toi, et tu régneras
partout où tu le désires. » David laissa partir Avner, et celui-ci s'en
alla en paix.
3.22 Mais
voici que les serviteurs de David et Joab rentraient d'expédition,
ramenant un énorme butin. Avner n'était plus à Hébron, auprès de David,
puisque celui-ci l'avait laissé partir en paix.
3.23 Quand
Joab et toute son armée furent arrivés, on vint dire à Joab : « Avner,
le fils de Ner, est venu chez le roi, et celui-ci l'a laissé partir en
paix. »
3.24 Joab
vint trouver le roi et lui dit : « Qu'as-tu fait ? Voilà qu'Avner est
venu chez toi ! Pourquoi donc l'as-tu laissé partir ainsi ?
3.25 Tu
connais Avner, le fils de Ner : c'est pour te duper qu'il est venu,
pour connaître tes allées et venues et pour savoir tout ce que tu fais.
»
3.26 Sorti
de chez David, Joab envoya des émissaires sur les pas d'Avner. Ils le
firent revenir depuis la citerne de Sira, à l'insu de David.
3.27 Quand
Avner fut revenu à Hébron, Joab l'attira à l'écart à l'intérieur de la
porte, comme pour lui parler tranquillement. Là, il le frappa
mortellement au ventre, pour venger le sang de son frère Asahel.
3.28 Quand
David l'apprit par la suite, il déclara : « Moi et ma royauté, nous
sommes à jamais innocents, devant le SEIGNEUR, du sang d'Avner, le fils
de Ner.
3.29 Qu'il
rejaillisse sur la tête de Joab et sur toute sa famille ! Qu'il ne
cesse pas d'y avoir dans la maison de Joab des gens atteints
d'écoulement ou de lèpre, ou qui tiennent le fuseau, ou qui tombent
sous l'épée, ou qui manquent de pain ! »
3.30 C'est
parce qu'il avait fait mourir leur frère Asahel à la bataille de Gabaon
que Joab et son frère Avishaï avaient assassiné Avner.
3.31 David
dit à Joab et à tout le peuple qui était avec lui : « Déchirez vos
vêtements, ceignez-vous de sacs, et célébrez le deuil devant Avner. »
Et le roi David marchait derrière la civière.
3.32 On
ensevelit Avner à Hébron. Le roi éclata en sanglots sur la tombe
d'Avner, et tout le peuple versa des larmes.
3.33 Puis
le roi fit une complainte sur Avner. Il dit : « Fallait-il qu'Avner
mourût de la mort de l'infâme ?
3.34 Tes
mains n'étaient pas enchaînées, on n'avait pas mis tes pieds aux fers.
Comme on tombe devant des criminels, tu es tombé. » Et tout le peuple
se remit à pleurer sur lui.
3.35 Tout
le peuple vint ensuite pour faire prendre quelque nourriture à David
pendant qu'il faisait encore jour. Mais David fit ce serment : « Que
Dieu me fasse ceci et encore cela si, avant le coucher du soleil, je
goûte à du pain ou à quoi que ce soit ! »
3.36 Tout
le peuple en eut connaissance et l'approuva ; aussi bien, tout ce que
faisait le roi avait l'approbation de tout le peuple.
3.37 Tout
le peuple et tout Israël comprirent, ce jour-là, que le meurtre
d'Avner, le fils de Ner, n'était pas le fait du roi.
3.38 Le roi
dit à ses serviteurs : « Ne savez-vous pas qu'un chef, et un grand, est
tombé aujourd'hui en Israël ?
3.39 Moi,
aujourd'hui, je suis tendre et j'ai reçu l'onction royale, et ces
gens-là, les fils de Cerouya, sont plus durs que moi. Mais que le
SEIGNEUR rende au méchant selon sa méchanceté ! »
▲4.1 Le fils de Saül apprit
qu'Avner était mort à Hébron. Les mains lui en tombèrent et tout Israël
en fut bouleversé.
4.2 Il y
avait deux hommes, des chefs de bandes, chez le fils de Saül. L'un
s'appelait Baana et l'autre Rékab. Ils étaient fils de Rimmôn, le
Béérotite, des fils de Benjamin - car Bééroth, elle aussi, est
considérée comme benjaminite.
4.3 Les
gens de Bééroth se sont enfuis à Guittaïm et ils y sont restés comme
résidents jusqu'à nos jours.
4.4 Or
Jonathan, fils de Saül, avait un fils estropié des deux jambes. Il
avait cinq ans lorsque arriva d'Izréel la nouvelle concernant Saül et
Jonathan. Sa nourrice le prit pour s'enfuir et elle était si pressée de
fuir que l'enfant tomba et resta boiteux. Il s'appelait Mefibosheth.
4.5 Donc,
les fils de Rimmôn de Bééroth, Rékab et Baana, partirent et, à l'heure
la plus chaude du jour, arrivèrent à la maison d'Ishbosheth. Il était
couché pour la sieste de midi.
4.6 Ils
pénétrèrent à l'intérieur de la maison, chargés de blé, et ils le
frappèrent au ventre. Puis Rékab et son frère Baana s'échappèrent.
4.7 Etant
entrés dans la maison alors qu'il était couché sur son lit dans la
chambre à coucher, ils le frappèrent mortellement et le décapitèrent.
Puis ils emportèrent sa tête et cheminèrent toute la nuit par la Araba.
4.8 Ils
apportèrent la tête d'Ishbosheth à David à Hébron et dirent au roi : «
Voici la tête d'Ishbosheth, le fils de Saül, ton ennemi, qui en voulait
à ta vie. Le SEIGNEUR a donné à mon seigneur le roi pleine vengeance,
en ce jour, sur Saül et sur sa descendance. »
4.9 David
répondit aux fils de Rimmôn de Bééroth, Rékab et Baana son frère : «
Par la vie du SEIGNEUR, qui m'a libéré de tout péril !
4.10 Celui
qui m'annonçait : “Saül est mort”, se prenait lui aussi pour un porteur
de bonnes nouvelles. Eh bien, je l'ai fait arrêter et tuer à Ciqlag.
C'était pour le payer de sa bonne nouvelle !
4.11 A plus
forte raison quand des scélérats ont tué un juste dans sa maison, sur
son lit ! Ne dois-je pas maintenant vous réclamer son sang, qui est sur
vos mains, et vous supprimer de la terre ? »
4.12 David
donna un ordre aux garçons. Ils les tuèrent, leur coupèrent les mains
et les pieds et les suspendirent près du bassin d'Hébron. On prit la
tête d'Ishbosheth et on l'ensevelit dans la tombe d'Avner, à Hébron.
▲5.1 Toutes les tribus d'Israël
vinrent trouver David à Hébron et lui dirent : « Nous voici, nous
sommes tes os et ta chair.
5.2 Il y a
longtemps déjà, quand Saül était notre roi, c'était toi qui faisais
sortir et rentrer Israël. Or le SEIGNEUR t'a dit : “C'est toi qui feras
paître Israël, mon peuple, et c'est toi qui seras le chef d'Israël.” »
5.3 Tous
les anciens d'Israël vinrent trouver le roi à Hébron, et le roi David
conclut avec eux un pacte à Hébron, devant le SEIGNEUR, et ils
oignirent David comme roi d'Israël.
5.4 David
avait trente ans quand il devint roi. Il régna quarante ans.
5.5 A
Hébron, il régna sur Juda sept ans et six mois et, à Jérusalem, il
régna trente-trois ans sur tout Israël et Juda.
5.6 Le roi
et ses hommes marchèrent sur Jérusalem contre le Jébusite qui habitait
le pays. On dit à David : « Tu n'entreras ici qu'en écartant les
aveugles et les boiteux. » C'était pour dire : « David n'entrera pas
ici. »
5.7 David
s'empara de la forteresse de Sion - c'est la Cité de David.
5.8 David
dit ce jour-là : « Quiconque veut frapper le Jébusite doit atteindre le
canal ! Quant aux boiteux et aux aveugles, ils dégoûtent David. » C'est
pourquoi l'on dit : « Aveugle et boiteux n'entreront pas dans la
Maison. »
5.9 David
s'installa dans la forteresse et il l'appela « Cité de David ». Puis
David construisit tout autour, depuis le Millo vers l'intérieur.
5.10 David
devint de plus en plus grand et le SEIGNEUR, le Dieu de l'univers,
était avec lui.
5.11 Hiram,
roi de Tyr, envoya des messagers à David avec du bois de cèdre, des
charpentiers et des tailleurs de pierre pour les murs, et ils bâtirent
une maison pour David.
5.12 Alors
David sut que le SEIGNEUR l'avait établi roi sur Israël et qu'il avait
exalté sa royauté à cause d'Israël son peuple.
5.13 David
prit encore des concubines et des femmes à Jérusalem après son arrivée
d'Hébron, et il naquit encore à David des fils et des filles.
5.14 Voici
les noms de ceux qui lui naquirent à Jérusalem : Shammoua, Shovav,
Natân et Salomon ;
5.15
Yivhar, Elishoua, Nèfèg et Yafia ;
5.16
Elishama, Elyada et Elifèleth.
5.17 Les
Philistins apprirent qu'on avait oint David comme roi sur Israël. Tous
les Philistins montèrent donc à la recherche de David. David l'apprit
et descendit à la forteresse.
5.18 Les
Philistins arrivèrent et se déployèrent dans la vallée des Refaïtes.
5.19 David
demanda au SEIGNEUR : « Dois-je monter contre les Philistins ? Les
livreras-tu entre mes mains ? » Le SEIGNEUR dit à David : « Monte. Oui,
je livrerai les Philistins entre tes mains. »
5.20 David
arriva à Baal-Peracim et, là, David les battit. Il dit alors : « Le
SEIGNEUR m'a ouvert une brèche chez mes ennemis comme une brèche
ouverte par les eaux ! » C'est pourquoi on a donné à ce lieu le nom de
Baal-Peracim, c'est-à-dire Maître des Brèches.
5.21 Ils
abandonnèrent là leurs idoles, et David et ses hommes les emportèrent.
5.22 A
nouveau, les Philistins montèrent et se déployèrent dans la vallée des
Refaïtes.
5.23 David
interrogea le SEIGNEUR, qui déclara : « Tu n'attaqueras pas de front.
Tourne-les sur leurs arrières et tu arriveras vers eux en face des
micocouliers.
5.24 Quand
tu entendras un bruit de pas à la cime des micocouliers, alors
décide-toi. C'est qu'alors le SEIGNEUR sera sorti devant toi pour
frapper l'armée des Philistins. »
5.25 David
agit comme le SEIGNEUR le lui avait ordonné et il battit les Philistins
depuis Guèva jusqu'à l'entrée de Guèzèr.
▲6.1 David réunit à nouveau
toute l'élite d'Israël, trente mille hommes.
6.2 David
se mit en route et partit, lui et tout le peuple qui était avec lui, de
Baalé-Yehouda pour en faire monter l'arche de Dieu sur laquelle a été
prononcé un nom, le Nom du SEIGNEUR de l'univers, siégeant sur les
chérubins.
6.3 On
chargea l'arche de Dieu sur un chariot neuf et on l'emporta de la
maison d'Avinadav, située sur la colline. Ouzza et Ahyo, les fils
d'Avinadav, conduisaient le chariot neuf.
6.4 On
l'emmena de la maison d'Avinadav, qui est sur la colline, avec l'arche
de Dieu, et Ahyo marchait devant l'arche.
6.5 David
et toute la maison d'Israël s'ébattaient devant le SEIGNEUR au son de
tous les instruments de genévrier, des lyres, des harpes, des
tambourins, des sistres et des cymbales.
6.6 Ils
arrivèrent à l'aire de Nakôn. Ouzza fit un geste en direction de
l'arche de Dieu et il la saisit, car les bœufs allaient la renverser.
6.7 La
colère du SEIGNEUR s'enflamma contre Ouzza, et Dieu le frappa là pour
cette insolence. Il mourut là, près de l'arche de Dieu.
6.8 David
fut bouleversé, parce que le SEIGNEUR avait ouvert une brèche en se
ruant sur Ouzza. Aujourd'hui encore, l'endroit s'appelle la Brèche de
Ouzza.
6.9 David
eut peur du SEIGNEUR en ce jour-là et il dit : « Comment l'arche du
SEIGNEUR pourrait-elle venir chez moi ? »
6.10 David
renonça donc à transférer l'arche du SEIGNEUR chez lui, dans la Cité de
David, et il la remisa dans la maison de Oved-Edom le Guittite.
6.11
L'arche du SEIGNEUR demeura ainsi dans la maison de Oved-Edom le
Guittite durant trois mois, et le SEIGNEUR bénit Oved-Edom et toute sa
maison.
6.12 On
vint dire au roi David : « Le SEIGNEUR a béni la maison de Oved-Edom et
tout ce qui lui appartient, à cause de l'arche de Dieu. » David partit
alors et fit monter l'arche de Dieu de la maison de Oved-Edom à la Cité
de David, dans la joie.
6.13 Or
donc, lorsque les porteurs de l'arche du SEIGNEUR eurent fait six pas,
il offrit en sacrifice un taureau et un veau gras.
6.14 David
tournoyait de toutes ses forces devant le SEIGNEUR - David était ceint
d'un éphod de lin.
6.15 David
et toute la maison d'Israël faisaient monter l'arche du SEIGNEUR parmi
les ovations et au son du cor.
6.16 Or
quand l'arche du SEIGNEUR entra dans la Cité de David, Mikal, fille de
Saül, se pencha à la fenêtre : elle vit le roi David qui sautait et
tournoyait devant le SEIGNEUR et elle le méprisa dans son cœur.
6.17 On fit
entrer l'arche du SEIGNEUR et on l'exposa à l'endroit préparé pour elle
au milieu de la tente que David lui avait dressée. Et David offrit des
holocaustes devant le SEIGNEUR et des sacrifices de paix.
6.18 Quand
David eut fini d'offrir l'holocauste et les sacrifices de paix, il
bénit le peuple au nom du SEIGNEUR de l'univers.
6.19 Puis
il fit distribuer à tout le peuple, à toute la foule d'Israël, hommes
et femmes, une galette, un gâteau de dattes et un gâteau de raisins
secs par personne, et tout le peuple s'en alla chacun chez soi.
6.20 David
rentra pour bénir sa maison. Mikal, la fille de Saül, sortit au-devant
de David et lui dit : « Il s'est fait honneur aujourd'hui, le roi
d'Israël, en se dénudant devant les servantes de ses esclaves comme le
ferait un homme de rien ! »
6.21 David
dit à Mikal : « C'est devant le SEIGNEUR, qui m'a choisi et préféré à
ton père et à toute sa maison pour m'instituer comme chef sur le peuple
du SEIGNEUR, sur Israël, c'est devant le SEIGNEUR que je m'ébattrai.
6.22 Je
m'abaisserai encore plus et je m'humilierai à mes propres yeux, mais,
près des servantes dont tu parles, auprès d'elles, je serai honoré. »
6.23 Et
Mikal, fille de Saül, n'eut pas d'enfant jusqu'au jour de sa mort.
▲7.1 Or, lorsque le roi fut
installé dans sa maison, et que le SEIGNEUR lui eut accordé le repos
alentour face à tous ses ennemis,
7.2 le roi
dit au prophète Natan : « Tu vois, je suis installé dans une maison de
cèdre, tandis que l'arche de Dieu est installée au milieu d'une tente
de toile. »
7.3 Natan
dit au roi : « Tout ce que tu as l'intention de faire, va le faire, car
le SEIGNEUR est avec toi. »
7.4 Or,
cette nuit-là, la parole du SEIGNEUR fut adressée à Natan en ces termes
:
7.5 « Va
dire à mon serviteur David : Ainsi parle le SEIGNEUR : Est-ce toi qui
me bâtiras une Maison pour que je m'y installe ?
7.6 Car je
ne me suis pas installé dans une maison depuis le jour où j'ai fait
monter d'Egypte les fils d'Israël et jusqu'à ce jour : je cheminais
sous une tente et à l'abri d'une demeure.
7.7 Pendant
tout le temps où j'ai cheminé avec tous les fils d'Israël, ai-je
adressé un seul mot à une des tribus d'Israël que j'avais établies en
paissant Israël mon peuple, pour dire : “Pourquoi ne m'avez-vous pas
bâti une Maison de cèdre ?”
7.8
Maintenant donc, tu parleras ainsi à mon serviteur David : Ainsi parle
le SEIGNEUR de l'univers : C'est moi qui t'ai pris au pâturage,
derrière le troupeau, pour que tu deviennes le chef d'Israël, mon
peuple.
7.9 J'ai
été avec toi partout où tu es allé : j'ai abattu tous tes ennemis
devant toi. Je t'ai fait un nom aussi grand que le nom des grands de la
terre.
7.10 Je
fixerai un lieu à Israël, mon peuple, je l'implanterai et il demeurera
à sa place. Il ne tremblera plus, et des criminels ne recommenceront
plus à l'opprimer comme jadis
7.11 et
comme depuis le jour où j'ai établi des juges sur Israël, mon peuple.
Je t'ai accordé le repos face à tous tes ennemis. Et le SEIGNEUR
t'annonce que le SEIGNEUR te fera une maison.
7.12
Lorsque tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes
pères, j'élèverai ta descendance après toi, celui qui sera issu de
toi-même, et j'établirai fermement sa royauté.
7.13 C'est
lui qui bâtira une Maison pour mon Nom, et j'établirai à jamais son
trône royal.
7.14 Je
serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils. S'il commet une
faute, je le corrigerai en me servant d'hommes pour bâton et d'humains
pour le frapper.
7.15 Mais
ma fidélité ne s'écartera point de lui, comme je l'ai écartée de Saül,
que j'ai écarté devant toi.
7.16 Devant
toi, ta maison et ta royauté seront à jamais stables, ton trône à
jamais affermi. »
7.17 C'est
selon toutes ces paroles et selon toute cette vision que parla Natan à
David.
7.18 Le roi
David vint s'asseoir en présence du SEIGNEUR et déclara : « Qui
suis-je, Seigneur DIEU, et quelle est ma maison, pour que tu m'aies
fait parvenir où je suis ?
7.19 Or
c'était encore trop peu à tes yeux, Seigneur DIEU : tu as parlé aussi
pour la maison de ton serviteur, longtemps à l'avance. Telle est la loi
de l'homme, Seigneur DIEU.
7.20 Et
qu'est-ce que David pourrait te dire encore, alors que toi, tu connais
ton serviteur, Seigneur DIEU ?
7.21 C'est
à cause de ta parole et selon ton cœur que tu as accompli toute cette
grande œuvre, en la faisant connaître à ton serviteur.
7.22 Aussi
tu es grand, Seigneur DIEU : tu es sans pareil, et il n'est point de
Dieu, toi excepté, selon tout ce que nous avons entendu de nos oreilles.
7.23 Est-il
sur la terre une seule nation pareille à Israël ton peuple, ce peuple
que Dieu est allé racheter pour en faire son peuple, en lui donnant un
nom et en accomplissant pour vous cette grande œuvre et pour ton pays
des choses redoutables ? est-il une nation comparable à ton peuple que
tu as racheté de l'Egypte, de cette nation et de ses dieux ?
7.24 Et tu
as établi Israël ton peuple pour en faire à jamais ton peuple, et toi,
SEIGNEUR, tu es devenu leur Dieu.
7.25
Maintenant donc, SEIGNEUR Dieu, la parole que tu as prononcée sur ton
serviteur et sa maison, tiens-la à jamais et agis comme tu l'as promis.
7.26 Que
ton Nom soit magnifié à jamais, et qu'on dise : “Le SEIGNEUR de
l'univers est Dieu sur Israël.” Et que la maison de ton serviteur David
reste ferme en ta présence.
7.27 En
effet, c'est toi-même, SEIGNEUR de l'univers, Dieu d'Israël, qui as
averti ton serviteur en disant : “Je te bâtirai une maison.” Voilà
pourquoi ton serviteur a trouvé le courage de t'adresser cette prière.
7.28 Et
maintenant, Seigneur DIEU, c'est toi qui es Dieu, tes paroles sont
vérité, et tu as parlé de ce bonheur à ton serviteur.
7.29
Veuille maintenant bénir la maison de ton serviteur, pour qu'elle soit
à jamais en ta présence. Car c'est toi, Seigneur DIEU, qui as parlé, et
par ta bénédiction la maison de ton serviteur sera bénie à jamais. »
▲8.1 Après cela, David battit
les Philistins et les fit fléchir. David enleva aux Philistins leur
hégémonie.
8.2 Il
battit les Moabites et les mesura au cordeau, en les couchant à terre.
Il en mesura deux cordeaux à tuer et un plein cordeau à laisser en vie.
Et les Moabites devinrent pour David des serviteurs soumis au tribut.
8.3 David
battit Hadadèzèr, fils de Rehov, roi de Çova, quand celui-ci allait
remettre la main sur le fleuve Euphrate.
8.4 David
lui prit mille sept cents cavaliers et vingt mille fantassins. David
coupa les jarrets de tous les attelages. Toutefois, il garda cent de
ces attelages.
8.5 Les
Araméens de Damas vinrent au secours de Hadadèzèr, roi de Çova. Mais
David abattit vingt-deux mille hommes parmi les Araméens.
8.6 David
établit alors des préfets dans l'Aram de Damas, et les Araméens
devinrent pour David des serviteurs soumis au tribut. Le SEIGNEUR donna
donc la victoire à David partout où il alla.
8.7 David
s'empara des carquois d'or que portaient les serviteurs de Hadadèzèr et
les apporta à Jérusalem.
8.8 Et dans
les villes de Hadadèzèr, Bètah et Bérotaï, le roi David s'empara d'une
énorme quantité de bronze.
8.9 Toï,
roi de Hamath, apprit que David avait battu toute l'armée de Hadadèzèr.
8.10 Toï
envoya donc son fils Yoram au roi David pour le saluer et pour le
féliciter d'avoir fait la guerre à Hadadèzèr et de l'avoir battu, car
Hadadèzèr était l'adversaire de Toï. Yoram apportait des objets
d'argent, d'or et de bronze.
8.11
Ceux-là aussi, le roi David les consacra au SEIGNEUR en plus de
l'argent et de l'or déjà consacrés et provenant de toutes les nations
conquises,
8.12
d'Aram, de Moab, des fils d'Ammon, des Philistins et d'Amaleq, ainsi
que du butin de Hadadèzèr, fils de Rehov, roi de Çova.
8.13 Et
David se fit un nom, lorsqu'il revint de battre les Araméens, dans la
vallée du Sel, au nombre de dix-huit mille.
8.14 Il
établit alors en Edom des préfets ; c'est dans tout Edom qu'il établit
des préfets, et tous les Edomites devinrent pour David des serviteurs.
Le SEIGNEUR donna donc la victoire à David partout où il alla.
8.15 David
régna sur tout Israël. David faisait droit et justice à tout son peuple.
8.16 Joab,
fils de Cerouya, commandait l'armée ; Yehoshafath, fils d'Ahiloud,
était chancelier ;
8.17 Sadoq,
fils d'Ahitouv, et Ahimélek, fils d'Abiatar, étaient prêtres ; et
Seraya était secrétaire ;
8.18
Benayahou, fils de Yehoyada, commandait les Kerétiens et les Pelétiens
; et les fils de David étaient prêtres.
▲9.1 David dit : « Y a-t-il
encore un survivant de la maison de Saül, que j'agisse envers lui avec
fidélité, à cause de Jonathan ? »
9.2 La
maison de Saül avait un domestique, nommé Civa. On l'appela chez David,
et le roi lui dit : « Est-ce toi Civa ? » Il dit : « Ton serviteur. »
9.3 Le roi
dit : « N'y a-t-il plus un homme de la maison de Saül, que
j'accomplisse pour lui un acte de cette fidélité que Dieu sanctionne ?
» Civa dit au roi : « Il y a encore un fils de Jonathan, estropié des
deux jambes. »
9.4 Le roi
lui dit : « Où est-il ? » Civa dit au roi : « Il est justement dans la
maison de Makir, fils d'Ammiël, à Lodevar. »
9.5 Le roi
David l'envoya chercher dans la maison de Makir, fils d'Ammiël, de
Lodevar.
9.6
Mefibosheth, fils de Jonathan, fils de Saül, arriva auprès de David. Il
se jeta face contre terre et se prosterna. David dit : « Mefibosheth !
» Il dit : « Voici ton serviteur. »
9.7 David
lui déclara : « N'aie aucune crainte. Je veux agir envers toi avec
fidélité, en considération de ton père Jonathan. Je te restituerai
toutes les terres de ton ancêtre Saül et toi-même, tu prendras tous tes
repas à ma table. »
9.8 Il se
prosterna et dit : « Qu'est-ce que ton serviteur, pour que tu tournes
ton regard vers un chien crevé comme moi ! »
9.9 Le roi
appela Civa, le domestique de Saül, et lui dit : « Tout ce qui
appartenait à Saül et à toute sa maison, je le donne au fils de ton
maître.
9.10 Tu
travailleras la terre pour lui, toi, tes fils et tes serviteurs, tu
apporteras ce qui servira à nourrir le fils de ton maître. Et
Mefibosheth, le fils de ton maître, prendra tous ses repas à ma table.
» Or Civa avait quinze fils et vingt serviteurs.
9.11 Civa
dit au roi : « Ton serviteur agira selon tout ce que mon seigneur le
roi ordonnera à son serviteur. Mais Mefibosheth mange à ma table comme
l'un des fils du roi. »
9.12
Mefibosheth avait un jeune fils du nom de Mika. Et tous ceux qui
habitaient dans la maison de Civa étaient au service de Mefibosheth.
9.13
Mefibosheth habitait à Jérusalem, car il prenait tous ses repas à la
table du roi. Il était boiteux des deux jambes.
▲10.1 Il arriva après cela que
mourut le roi des fils d'Ammon et que son fils Hanoun devint roi à sa
place.
10.2 David
dit alors : « J'agirai envers Hanoun, fils de Nahash, avec autant de
fidélité que son père en a eu envers moi. » David lui envoya donc, par
l'entremise de ses serviteurs, ses consolations au sujet de son père.
Et les serviteurs de David arrivèrent au pays des fils d'Ammon.
10.3 Mais
les princes des fils d'Ammon dirent à Hanoun, leur seigneur : «
T'imagines-tu que David ait voulu honorer ton père quand il t'a envoyé
des gens pour te consoler ? N'est-ce pas pour explorer la ville, pour
l'espionner et pour la renverser, que David t'a envoyé ses serviteurs ?
»
10.4 Hanoun
appréhenda les serviteurs de David, leur rasa la moitié de la barbe,
coupa leurs vêtements à mi-hauteur jusqu'aux fesses et les congédia.
10.5 On
informa David, et il envoya quelqu'un à leur rencontre, car ces hommes
étaient couverts de honte. Le roi leur fit donc dire : « Restez à
Jéricho jusqu'à ce que votre barbe ait repoussé. Alors seulement, vous
reviendrez. »
10.6 Les
fils d'Ammon virent qu'ils s'étaient rendus insupportables à David. Ils
envoyèrent prendre à leur solde les Araméens de Beth-Rehov et les
Araméens de Çova, soit vingt mille fantassins, le roi de Maaka - mille
hommes -, et les gens de Tov - douze mille hommes.
10.7 David
l'apprit et il envoya Joab et toute l'armée des braves.
10.8 Les
fils d'Ammon firent une sortie et se rangèrent en bataille à l'entrée
de la porte. Les Araméens de Çova et de Rehov et les gens de Tov et de
Maaka étaient à part dans la campagne.
10.9 Joab
vit qu'il devait faire front en avant et en arrière. Il choisit des
hommes dans toute l'élite d'Israël et établit une ligne face aux
Araméens.
10.10 Il
confia le reste de la troupe à son frère Avishaï et établit une ligne
face aux fils d'Ammon.
10.11 Puis
il dit : « Si les Araméens sont plus forts que moi, tu viendras à mon
secours, et si les fils d'Ammon sont plus forts que toi, j'irai à ton
secours.
10.12 Sois
fort, montrons-nous forts, pour notre peuple et pour les villes de
notre Dieu, et que le SEIGNEUR fasse ce qui lui plaît. »
10.13 Alors
Joab et sa troupe s'avancèrent pour combattre les Araméens. Ceux-ci
prirent la fuite devant lui.
10.14 Quand
les fils d'Ammon virent les Araméens en fuite, ils prirent eux-mêmes la
fuite devant Avishaï et rentrèrent dans la ville. Joab revint de sa
campagne contre les fils d'Ammon et il rentra à Jérusalem.
10.15 Les
Araméens virent qu'ils avaient été battus devant Israël. Ils se
réunirent tous.
10.16
Hadadèzèr envoya des messagers pour mobiliser les Araméens d'au-delà du
Fleuve. Ceux-ci arrivèrent à Hélam. Shovak, chef de l'armée de
Hadadèzèr, était à leur tête.
10.17 On
l'annonça à David. Il rassembla tout Israël, passa le Jourdain et
arriva à Hélam. Les Araméens se mirent en ligne face à David et lui
livrèrent bataille.
10.18 Les
Araméens prirent la fuite devant Israël. Et David tua aux Araméens sept
cents attelages et quarante mille cavaliers. Il frappa Shovak, chef de
l'armée araméenne, qui mourut là.
10.19 Tous
les rois, serviteurs de Hadadèzèr, virent qu'ils avaient été battus
devant Israël. Ils firent donc la paix avec Israël et le servirent. Et
les Araméens eurent peur de revenir au secours des fils d'Ammon.
▲11.1 Or, au retour de l'année,
au temps où les rois se mettent en campagne, David envoya Joab, avec
tous ses serviteurs et tout Israël. Ils massacrèrent les fils d'Ammon
et mirent le siège devant Rabba, tandis que David demeurait à Jérusalem.
11.2 Sur le
soir, David se leva de son lit. Il alla se promener sur la terrasse de
la maison du roi. Du haut de la terrasse, il aperçut une femme qui se
baignait. La femme était très belle.
11.3 David
envoya prendre des renseignements sur cette femme, et l'on dit : « Mais
c'est Bethsabée, la fille d'Eliam, la femme d'Urie le Hittite ! »
11.4 David
envoya des émissaires pour la prendre. Elle vint chez lui, et il coucha
avec elle. Elle venait de se purifier de son impureté. Puis elle rentra
chez elle.
11.5 La
femme devint enceinte. Elle en fit informer David et déclara : « Je
suis enceinte. »
11.6 David
envoya dire à Joab : « Envoie-moi Urie le Hittite. » Joab envoya donc
Urie à David.
11.7 Urie
arriva près de lui. David demanda comment allait Joab, et le peuple, et
la guerre.
11.8 Puis
David dit à Urie : « Descends chez toi et lave-toi les jambes. » Urie
sortit de chez le roi, suivi d'un présent du roi.
11.9 Mais
Urie coucha à la porte de la maison du roi avec tous les serviteurs de
son seigneur et il ne descendit pas dans sa propre maison.
11.10 On
vint dire à David : « Urie n'est pas descendu chez lui. » David dit à
Urie : « N'arrives-tu pas de voyage ? Pourquoi n'es-tu pas descendu
chez toi ? »
11.11 Urie
dit à David : « L'arche, Israël et Juda habitent dans des huttes. Mon
seigneur Joab et les serviteurs de mon seigneur campent en rase
campagne. Et moi, j'irais chez moi manger, boire et coucher avec ma
femme ! Par ta vie, par ta propre vie, je ne ferai pas cette chose-là. »
11.12 David
dit à Urie : « Reste ici encore aujourd'hui, et demain je te renverrai.
» Urie resta donc à Jérusalem ce jour-là et le lendemain.
11.13 David
l'invita. Il mangea et but en sa présence, et David l'enivra. Urie
sortit le soir pour aller se coucher sur son lit avec les serviteurs de
son seigneur, mais il ne descendit pas chez lui.
11.14 Le
lendemain matin, David écrivit une lettre à Joab et l'envoya par
l'entremise d'Urie.
11.15 Il
avait écrit dans cette lettre : « Mettez Urie en première ligne, au
plus fort de la bataille. Puis, vous reculerez derrière lui. Il sera
atteint et mourra. »
11.16 Joab,
qui surveillait la ville, plaça donc Urie à l'endroit où il savait
qu'il y avait des hommes valeureux.
11.17 Les
gens de la ville firent une sortie et attaquèrent Joab. Il y eut des
victimes parmi le peuple, parmi les serviteurs de David, et Urie le
Hittite mourut lui aussi.
11.18 Joab
envoya informer David de toutes les circonstances de ce combat.
11.19 Il
donna au messager l'ordre suivant : « Quand tu auras fini de rapporter
au roi toutes les circonstances du combat,
11.20 si le
roi se met en colère et qu'il te dise : “Pourquoi vous êtes-vous
approchés de la ville pour livrer bataille ? Ne saviez-vous pas qu'on
tire du haut du rempart ?
11.21 Qui
donc a frappé Abimélek, fils de Yeroubbèsheth ? N'est-ce pas une femme
qui lui a lancé une meule du haut du rempart, et c'est ainsi qu'il est
mort à Tévéç ? Pourquoi vous êtes-vous approchés du rempart ?”, tu lui
diras : “Ton serviteur Urie le Hittite est mort lui aussi.” »
11.22 Le
messager partit et vint rapporter à David tout ce dont Joab l'avait
chargé.
11.23 Le
messager dit à David : « Ces gens-là étaient plus forts que nous. Ils
ont fait une sortie dans notre direction en rase campagne, mais nous
avons contre-attaqué jusqu'à l'entrée de la porte.
11.24 Les
tireurs ont alors tiré sur tes serviteurs du haut du rempart. Il y a eu
des morts parmi les serviteurs du roi et ton serviteur Urie le Hittite
est mort lui aussi. »
11.25 David
dit au messager : « Tu parleras ainsi à Joab : “Ne prends pas trop mal
cette affaire. L'épée dévore d'une façon ou d'une autre. Renforce ton
attaque contre la ville et renverse-la.” Réconforte-le ainsi. »
11.26 La
femme d'Urie apprit qu'Urie, son mari, était mort, et elle pleura son
mari.
11.27 Le
deuil passé, David la fit chercher et la recueillit chez lui. Elle
devint sa femme et elle lui enfanta un fils. Mais ce qu'avait fait
David déplut au SEIGNEUR.
▲12.1 Le SEIGNEUR envoya Natan à
David. Il alla le trouver et lui dit : « Il y avait deux hommes dans
une ville, l'un riche et l'autre pauvre.
12.2 Le
riche avait force moutons et bœufs.
12.3 Le
pauvre n'avait rien du tout, sauf une agnelle, une seule petite, qu'il
avait achetée. Il la nourrissait. Elle grandissait chez lui en même
temps que ses enfants. Elle mangeait de sa pitance, elle buvait à son
bol, elle couchait dans ses bras. Elle était pour lui comme une fille.
12.4 Un
hôte arriva chez le riche. Il n'eut pas le cœur de prendre de ses
moutons et de ses bœufs pour apprêter le repas du voyageur venu chez
lui. Il prit l'agnelle du pauvre et l'apprêta pour l'homme venu chez
lui. »
12.5 David
entra dans une violente colère contre cet homme et il dit à Natan : «
Par la vie du SEIGNEUR, il mérite la mort, l'homme qui a fait cela.
12.6 Et de
l'agnelle, il donnera compensation au quadruple, pour avoir fait cela
et pour avoir manqué de cœur. »
12.7 Natan
dit à David : « Cet homme, c'est toi ! Ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu
d'Israël : C'est moi qui t'ai oint comme roi d'Israël et c'est moi qui
t'ai délivré de la main de Saül.
12.8 Je
t'ai donné la maison de ton maître et j'ai mis dans tes bras les femmes
de ton maître ; je t'ai donné la maison d'Israël et de Juda ; et si
c'est trop peu, je veux y ajouter autant.
12.9
Pourquoi donc as-tu méprisé la parole du SEIGNEUR en faisant ce qui lui
déplaît ? Tu as frappé de l'épée Urie le Hittite. Tu as pris sa femme
pour en faire ta femme et, lui-même, tu l'as tué par l'épée des fils
d'Ammon.
12.10 Eh
bien, l'épée ne s'écartera jamais de ta maison, puisque tu m'as méprisé
et que tu as pris la femme d'Urie le Hittite pour en faire ta femme.
12.11 Ainsi
parle le SEIGNEUR : Voici que je vais faire surgir ton malheur de ta
propre maison. Je prendrai tes femmes sous tes yeux et je les donnerai
à un autre. Il couchera avec tes femmes sous les yeux de ce soleil.
12.12 Car
toi, tu as agi en secret, mais moi, je ferai cela devant tout Israël et
devant le soleil. »
12.13 David
dit alors à Natan : « J'ai péché contre le SEIGNEUR. » Natan dit à
David : « Le SEIGNEUR, de son côté, a passé sur ton péché. Tu ne
mourras pas.
12.14 Mais,
puisque, dans cette affaire, tu as gravement outragé le SEIGNEUR - ou
plutôt, ses ennemis -, le fils qui t'est né, lui, mourra. »
12.15 Et
Natan s'en alla chez lui. Le SEIGNEUR frappa l'enfant que la femme
d'Urie avait enfanté à David, et il tomba malade.
12.16 David
eut recours à Dieu pour le petit. Il se mit à jeûner et, quand il
rentrait chez lui pour la nuit, il couchait par terre.
12.17 Les
anciens de sa maison insistèrent auprès de lui pour le relever, mais il
refusa et ne prit avec eux aucune nourriture.
12.18 Le
septième jour, l'enfant mourut. Les serviteurs de David redoutaient de
lui annoncer que l'enfant était mort. Ils se disaient en effet : «
Lorsque l'enfant était vivant, nous lui avons parlé et il ne nous a pas
écoutés. Maintenant comment lui dire : “L'enfant est mort” ? Il ferait
un malheur ! »
12.19 David
vit que ses serviteurs chuchotaient entre eux et David comprit que
l'enfant était mort. David dit alors à ses serviteurs : « L'enfant
est-il mort ? » Ils dirent : « Il est mort. »
12.20
Alors, David se leva de terre, se baigna, se parfuma et changea de
vêtements ; puis il entra dans la Maison du SEIGNEUR et se prosterna.
Rentré chez lui, il demanda qu'on lui servît un repas et il mangea.
12.21 Ses
serviteurs lui dirent : « Qu'est-ce que tu fais là ? Quand l'enfant
était en vie, tu jeûnais et pleurais à cause de lui, et maintenant que
l'enfant est mort, tu te relèves et tu prends un repas ! »
12.22 Il
dit : « Quand l'enfant était encore en vie, je jeûnais et je pleurais,
car je me disais : “Qui sait ? Peut-être que le SEIGNEUR aura pitié de
moi et que l'enfant vivra.”
12.23 Mais
maintenant, il est mort. Pourquoi jeûnerais-je ? Est-ce que je puis
encore le faire revenir ? C'est moi qui m'en vais vers lui, mais lui,
il ne reviendra pas vers moi. »
12.24 David
consola Bethsabée, sa femme. Il alla vers elle et il coucha avec elle.
Elle enfanta un fils, et David lui donna le nom de Salomon. Le SEIGNEUR
l'aima
12.25 et
l'envoya dire par l'entremise du prophète Natan. Et il lui donna le nom
de Yedidya - c'est-à-dire Aimé du SEIGNEUR - à cause du SEIGNEUR.
12.26 Joab
attaqua Rabba des fils d'Ammon et s'empara de la ville royale.
12.27 Joab
envoya donc des messagers à David. Il dit : « J'ai attaqué Rabba. Je me
suis même emparé de la ville des eaux.
12.28
Maintenant donc, rassemble le reste du peuple, viens assiéger la ville
et t'en emparer, sinon je m'en emparerais moi-même, et elle porterait
mon nom. »
12.29 David
rassembla tout le peuple, partit pour Rabba, l'attaqua et s'en empara.
12.30 Il
enleva la couronne de leur roi de dessus sa tête ; son poids était d'un
talent d'or, avec des pierres précieuses ; elle fut placée sur la tête
de David, et il emporta de la ville une très grande quantité de butin.
12.31 Quant
à la population, il la fit partir pour la mettre à manier la scie, les
pics de fer et les haches de fer. Il les affecta au moulage des
briques. Ainsi faisait-il pour toutes les villes des fils d'Ammon. Puis
David et tout le peuple revinrent à Jérusalem.
▲13.1 Voici ce qui arriva
ensuite. Absalom, fils de David, avait une sœur fort belle, appelée
Tamar. Amnon, fils de David, en devint amoureux.
13.2 Amnon
se rendit malade de chagrin à cause de sa sœur Tamar, car elle était
vierge, et, aux yeux d'Amnon, lui faire quelque chose aurait été
prodigieusement difficile.
13.3 Amnon
avait un ami nommé Yonadab, fils de Shiméa, frère de David. Yonadab
était un homme très avisé.
13.4 Il lui
dit : « Pourquoi donc, fils du roi, es-tu si déprimé chaque matin ? Ne
veux-tu pas m'en informer ? » Amnon lui dit : « C'est Tamar, la sœur de
mon frère Absalom. J'en suis amoureux. »
13.5
Yonadab lui dit : « Couche-toi sur ton lit et fais le malade. Quand ton
père viendra te voir, tu lui diras : “Permets que ma sœur Tamar vienne
me donner à manger : qu'elle apprête la nourriture sous mes yeux, de
manière à ce que je la voie, qu'elle me l'apporte elle-même, et je
mangerai.” »
13.6 Amnon
se coucha et fit le malade. Le roi vint le voir, et Amnon dit au roi :
« Permets que ma sœur Tamar vienne confectionner sous mes yeux deux
crêpes, qu'elle me les apporte, et je mangerai. »
13.7 David
envoya dire à Tamar chez elle : « Va donc chez ton frère Amnon et
apprête-lui de la nourriture. »
13.8 Tamar
s'en alla chez son frère Amnon. Il était couché. Elle prit de la pâte,
la pétrit, confectionna les crêpes sous ses yeux et les fit cuire.
13.9 Puis
elle prit la poêle et la vida devant lui, mais il refusa de manger.
Amnon dit : « Faites sortir tout le monde d'ici. » Et tous ceux qui
étaient près de lui sortirent.
13.10 Amnon
dit à Tamar : « Apporte la nourriture dans la chambre, donne-la-moi, et
je mangerai. » Tamar prit les crêpes qu'elle avait faites et les
apporta à son frère Amnon dans la chambre.
13.11 Elle
lui présenta à manger. Il la saisit et lui dit : « Viens, couche avec
moi, ma sœur ! »
13.12 Elle
lui dit : « Non, mon frère, ne me violente pas, car cela ne se fait pas
en Israël. Ne commets pas cette infamie.
13.13 Moi,
où irais-je porter ma honte ? Et toi, tu serais tenu en Israël pour un
infâme. Parle donc au roi. Il ne t'interdira pas de m'épouser. »
13.14 Mais
il ne voulut pas l'écouter. Il la maîtrisa, lui fit violence et coucha
avec elle.
13.15 Amnon
se mit alors à la haïr violemment. Oui, la haine qu'il lui porta fut
plus violente que l'amour qu'il avait eu pour elle. Amnon lui dit : «
Lève-toi. Va-t'en ! »
13.16 Elle
lui dit : « Non, car me renvoyer serait un mal plus grand que l'autre,
celui que tu m'as déjà fait. » Mais il ne voulut pas l'écouter.
13.17 Il
appela le garçon qui le servait et lui dit : « Qu'on expulse cette
fille de chez moi, et verrouille la porte derrière elle ! »
13.18 Elle
portait une tunique princière, car c'est ainsi que s'habillaient les
filles du roi quand elles étaient vierges. Le serviteur d'Amnon la fit
sortir et verrouilla la porte derrière elle.
13.19 Tamar
prit de la cendre et s'en couvrit la tête, déchira sa tunique
princière, se mit la main sur la tête et partit en criant.
13.20 Son
frère Absalom lui dit : « Est-ce que ton frère Amnon a été avec toi ?
Maintenant, ma sœur, tais-toi. C'est ton frère. N'y pense plus. » Tamar
demeura donc, abandonnée, dans la maison de son frère Absalom.
13.21 Le
roi David apprit toute cette affaire et en fut très irrité.
13.22
Absalom ne dit plus un mot à Amnon, car Absalom avait pris Amnon en
haine, à cause du viol de sa sœur Tamar.
13.23 Deux
ans après, on fit la tonte chez Absalom, à Baal-Haçor, près d'Ephraïm.
Absalom invita tous les fils du roi.
13.24
Absalom vint chez le roi et dit : « Je t'en prie. Voici qu'on fait la
tonte chez ton serviteur. Que le roi et ses serviteurs veuillent bien
accompagner ton serviteur. »
13.25 Le
roi dit à Absalom : « Non, mon fils, je t'en prie, n'y allons pas tous.
Il ne faut pas que nous te soyons à charge. » Il insista, mais il ne
consentit pas à y aller et il le bénit.
13.26
Absalom dit : « Permets du moins que mon frère Amnon nous accompagne. »
Le roi lui dit : « Pourquoi t'accompagnerait-il ? »
13.27
Absalom insista, et le roi laissa partir avec lui Amnon et tous ses
autres fils.
13.28
Absalom ordonna à ses domestiques : « Regardez bien ! Dès qu'Amnon aura
le cœur en joie sous l'effet du vin et que je vous dirai : “Frappez
Amnon !”, vous le mettrez à mort. N'ayez pas peur. Est-ce que ce n'est
pas moi qui vous l'ordonne ? Courage et montrez-vous vaillants ! »
13.29 Les
domestiques d'Absalom firent à Amnon ce qu'Absalom avait ordonné. Tous
les fils du roi se levèrent, enfourchèrent chacun son mulet et
s'enfuirent.
13.30 Ils
étaient encore en route quand la nouvelle parvint à David : Absalom
avait abattu tous les fils du roi, et il n'en restait pas un seul.
13.31 Le
roi se leva, déchira ses vêtements et se coucha par terre. Tous ses
serviteurs se tenaient là, vêtements déchirés.
13.32
Yonadab, fils de Shiméa, frère de David, prit la parole et dit : « Que
mon seigneur ne dise pas qu'on a fait mourir tous les jeunes gens, les
fils du roi. Non, Amnon seul est mort. Au dire d'Absalom, la chose
était décidée depuis le viol de sa sœur Tamar.
13.33 Que
mon seigneur le roi n'aille donc pas penser que tous les fils du roi
sont morts. Non, Amnon seul est mort. »
13.34
Absalom prit la fuite. Le garçon chargé du guet leva les yeux et vit
une troupe nombreuse qui débouchait derrière lui, au flanc de la
montagne.
13.35
Yonadab dit au roi : « Voici les fils du roi qui arrivent. Tout s'est
passé comme l'a dit ton serviteur. »
13.36 Or,
il finissait à peine de parler que les fils du roi arrivèrent. Ils
éclatèrent en sanglots. Le roi et tous ses serviteurs sanglotèrent
abondamment eux aussi.
13.37
Absalom avait pris la fuite et s'en était allé chez Talmaï, fils
d'Ammihour, roi de Gueshour. Et, pendant tout ce temps, David garda le
deuil de son fils.
13.38 Quant
à Absalom, il avait pris la fuite et s'en était allé à Gueshour où il
demeura trois ans.
13.39 Et le
roi David cessa de pencher vers Absalom, car il était désolé de la mort
d'Amnon.
▲14.1 Joab, fils de Cerouya,
comprit que le cœur du roi était contre Absalom.
14.2 Il
envoya donc chercher à Teqoa une femme avisée et il lui dit : « Fais
semblant d'être en deuil, mets des vêtements de deuil, ne te parfume
pas, bref, sois comme une femme depuis longtemps en deuil d'un mort.
14.3 Puis,
va trouver le roi et parle-lui de telle façon. » Et Joab lui dicta ce
qu'elle devait dire.
14.4 La
femme de Teqoa parla donc au roi. Elle se jeta face contre terre, se
prosterna et dit : « Au secours, mon roi ! »
14.5 Le roi
lui dit : « Qu'as-tu ? » Elle dit : « Hélas ! Je suis veuve. Mon mari
est mort.
14.6 Ta
servante avait deux fils. Tous les deux, ils se sont querellés dans la
campagne. Il n'y avait personne pour les séparer. L'un d'eux a porté un
coup mortel à son frère.
14.7 Alors,
tout le clan s'est dressé contre ta servante. Ils ont dit : “Livre le
fratricide : nous le mettrons à mort pour prix de la vie de son frère
qu'il a assassiné - et nous supprimerons du même coup l'héritier.” Ils
éteindront ainsi la braise qui me reste, ne laissant à mon mari ni nom
ni postérité sur la face de la terre. »
14.8 Le roi
dit à la femme : « Va-t'en chez toi. Je vais donner des ordres à ton
sujet. »
14.9 La
femme de Teqoa dit au roi : « Sur moi la faute, mon seigneur le roi, et
sur ma famille ! Le roi et son trône en sont innocents. »
14.10 Le
roi dit : « Celui qui t'en parlera, tu me l'amèneras, et il ne
recommencera plus à s'en prendre à toi. »
14.11 Elle
dit : « Que le roi daigne faire mention du SEIGNEUR, ton Dieu, pour que
le vengeur du sang n'ajoute pas encore au massacre, et qu'on ne
supprime pas mon fils. » Il dit : « Par la vie du SEIGNEUR, pas un
cheveu de ton fils ne tombera à terre ! »
14.12 La
femme dit : « Permets à ta servante de dire un mot à mon seigneur le
roi. » Il dit : « Parle. »
14.13 La
femme dit : « Et pourquoi donc as-tu fait un projet de ce genre à
l'encontre du peuple de Dieu ? D'après ce qu'il vient de dire, le roi
se déclare lui-même coupable en ne faisant pas revenir celui qu'il a
banni.
14.14 Oui,
nous mourrons, pareils à de l'eau déferlant à terre et qu'on ne peut
recueillir, mais Dieu ne s'emporte pas et il a fait ses plans pour que
ne soit pas banni loin de lui celui qui a été banni.
14.15
Maintenant, si je suis venue dire à mon seigneur le roi ce que je viens
de lui dire, c'est que le peuple m'a fait peur. Ta servante s'est dit :
“Allons parler au roi. Peut-être le roi fera-t-il ce que lui dira son
esclave.”
14.16
Puisque le roi acceptait d'arracher son esclave de la main de l'homme
qui voulait me supprimer du patrimoine de Dieu en même temps que mon
fils,
14.17 ta
servante s'est dit : “Puisse la parole de mon seigneur le roi
contribuer à l'apaisement. Car mon seigneur le roi est comme l'ange de
Dieu : il écoute le bien et le mal.” Que le SEIGNEUR, ton Dieu, soit
avec toi. »
14.18 Le
roi répondit à la femme : « Ne me cache rien si je te pose une
question. » La femme dit : « Que mon seigneur le roi daigne parler. »
14.19 Le
roi dit : « Est-ce la main de Joab qui te guide dans toute cette
affaire ? » La femme répondit : « Par ta vie, mon seigneur le roi,
personne ne peut aller à droite ou à gauche de tout ce que dit mon
seigneur le roi. Oui, c'est ton serviteur Joab qui m'a donné l'ordre et
c'est lui qui a dicté à ta servante tout ce qu'elle devait dire.
14.20 C'est
pour retourner la situation que ton serviteur Joab a fait cela, mais
mon seigneur est sage, aussi sage que l'ange de Dieu : il sait tout ce
qui se passe sur la terre. »
14.21 Le
roi dit à Joab : « Soit. L'affaire est réglée. Va, ramène le jeune
Absalom. »
14.22 Joab
se jeta face contre terre, se prosterna et bénit le roi. Joab dit : «
Moi, ton serviteur, je sais aujourd'hui que je suis en faveur auprès de
toi, mon seigneur le roi, puisque le roi a fait ce que lui a dit ton
serviteur. »
14.23 Joab
se mit en route et partit pour Gueshour. Il ramena Absalom à Jérusalem.
14.24 Le
roi dit : « Qu'il se retire chez lui et qu'il ne paraisse pas en ma
présence. » Absalom se retira chez lui et il ne parut pas en présence
du roi.
14.25 Il
n'y avait personne dans tout Israël d'aussi beau qu'Absalom, d'aussi
vanté que lui : de la plante des pieds au sommet de la tête, il était
sans défaut.
14.26 Il se
rasait la tête à la fin de chaque année, quand sa chevelure était trop
lourde. Lorsqu'il se rasait, on pesait sa chevelure : deux cents
sicles, au poids du roi.
14.27 Il
naquit à Absalom trois fils et une fille appelée Tamar. C'était une
femme d'une grande beauté.
14.28
Absalom resta deux ans à Jérusalem sans paraître en présence du roi.
14.29
Absalom envoya chercher Joab pour l'envoyer chez le roi, mais il ne
voulut pas venir chez lui. Il envoya un second message, mais il ne
voulut pas venir.
14.30 Il
dit alors à ses serviteurs : « Vous voyez le champ de Joab, à côté de
chez moi, où il y a de l'orge : allez y mettre le feu. » Les serviteurs
d'Absalom mirent donc le feu au champ.
14.31 Alors
Joab alla trouver Absalom chez lui et lui dit : « Pourquoi tes
serviteurs ont-ils mis le feu au champ qui m'appartient ? »
14.32
Absalom dit à Joab : « C'est que je t'avais fait demander de venir ici
pour t'envoyer dire au roi : “Pourquoi suis-je revenu de Gueshour ? Il
vaudrait mieux pour moi y être encore. Maintenant, je veux être admis
en présence du roi, et, s'il y a en moi quelque faute, qu'il me mette à
mort !” »
14.33 Joab
se rendit auprès du roi et lui fit un rapport. Le roi fit appeler
Absalom qui vint auprès de lui et se prosterna face contre terre devant
le roi. Alors le roi embrassa Absalom.
▲15.1 Or, après cela, Absalom se
procura un char et des chevaux ainsi que cinquante hommes qui couraient
devant lui.
15.2 Levé
de bon matin, Absalom se tenait au bord du chemin de la porte. Chaque
fois qu'un homme, ayant un procès, devait se rendre chez le roi pour
demander justice, Absalom l'interpellait et lui disait : « De quelle
ville es-tu ? » Il disait : « Ton serviteur est de l'une des tribus
d'Israël. »
15.3 Alors
Absalom lui disait : « Vois. Ta cause est bonne et juste, mais il n'y a
personne pour t'entendre de la part du roi. »
15.4
Absalom disait : « Ah ! si j'étais juge dans ce pays, c'est à moi que
viendraient tous ceux qui ont des procès à juger, et je leur rendrais
justice ! »
15.5 Et
lorsque l'homme s'approchait pour se prosterner devant lui, il tendait
la main, le saisissait et l'embrassait.
15.6
Absalom agissait de la sorte à l'égard de tous les Israélites qui se
rendaient chez le roi pour demander justice. Et Absalom circonvenait
les gens d'Israël.
15.7 Or, à
la fin de la quarantième année, Absalom dit au roi : « Permets que
j'aille à Hébron acquitter le vœu que j'ai fait au SEIGNEUR.
15.8 Car
ton serviteur a fait un vœu pendant son séjour à Gueshour en Aram. Il a
dit : “Si vraiment le SEIGNEUR me ramène à Jérusalem, je servirai le
SEIGNEUR.” »
15.9 Le roi
lui dit : « Va en paix. » Il se mit donc en route et alla à Hébron.
15.10
Absalom envoya des agents dans toutes les tribus d'Israël en disant : «
Dès que vous entendrez le son du cor, vous pourrez dire : Absalom est
devenu roi à Hébron. »
15.11 Deux
cents hommes de Jérusalem avaient accompagné Absalom, des invités,
partis en toute innocence. Ils ne savaient rien de l'affaire.
15.12
Pendant qu'Absalom offrait les sacrifices, il envoya chercher Ahitofel
le Guilonite, conseiller de David, dans sa ville de Guilo. La
conspiration devint puissante, et le parti d'Absalom de plus en plus
important.
15.13 Un
informateur vint dire à David : « Le cœur des hommes d'Israël s'est
tourné vers Absalom. »
15.14 David
dit à tous ses serviteurs qui étaient avec lui à Jérusalem : « En route
! Fuyons. Car Absalom ne nous fera pas de quartier. Allez-vous-en vite,
sinon, il aura vite fait de nous atteindre, de nous mettre à mal et de
passer la ville au fil de l'épée. »
15.15 Les
serviteurs du roi dirent au roi : « Quel que soit le choix de mon
seigneur le roi, tes serviteurs sont là. »
15.16 Le
roi sortit donc à pied avec toute sa famille, mais le roi laissa dix
concubines pour garder la maison.
15.17 Le
roi sortit à pied avec tout le peuple et l'on s'arrêta à la dernière
maison.
15.18 Tous
ses serviteurs passaient auprès de lui, tous les Kerétiens, tous les
Pelétiens. Tous les Guittites, six cents hommes venus de Gath à sa
suite, passaient devant le roi.
15.19 Le
roi dit à Ittaï le Guittite : « Pourquoi viendrais-tu, toi aussi, avec
nous ? Retourne et reste avec l'autre roi, car tu es un étranger, tu es
même un exilé pour ton pays.
15.20 Tu es
arrivé hier, et aujourd'hui je t'entraînerais avec nous, alors que moi,
je vais je ne sais où ? Retourne et remmène tes frères avec toi.
Fidélité et loyauté ! »
15.21 Ittaï
répondit au roi et lui dit : « Par la vie du SEIGNEUR et par la vie de
mon seigneur le roi, là où sera mon seigneur le roi, pour la mort ou
pour la vie, là sera ton serviteur. »
15.22 David
dit à Ittaï : « Va. Passe. » Ittaï le Guittite passa, avec tous ses
hommes et tout son petit monde.
15.23 Tout
le pays pleurait à grands sanglots, et tout le peuple passait. Le roi
passait dans le torrent du Cédron, et tout le peuple passait en face du
chemin qui longe le désert.
15.24 Il y
avait aussi Sadoq, et avec lui tous les lévites portant l'arche de
l'alliance de Dieu : ils déposèrent l'arche de Dieu et Abiatar monta
jusqu'à ce que tout le peuple qui sortait de la ville eût fini de
passer.
15.25 Le
roi dit à Sadoq : « Ramène l'arche de Dieu dans la ville. Si le
SEIGNEUR m'est favorable, il me ramènera et me permettra de la revoir,
ainsi que sa demeure.
15.26 Mais
s'il déclare : “Je ne veux pas de toi”, eh bien, qu'il me fasse ce qui
lui plaît ! »
15.27 Le
roi dit au prêtre Sadoq : « Vois-tu ? Retourne en paix à la ville. Ton
fils Ahimaaç et Jonathan, fils d'Abiatar, vos deux fils sont avec vous.
15.28
Voyez, je vais m'attarder dans les passe du désert, jusqu'à ce qu'un
mot de vous m'apporte des nouvelles. »
15.29 Sadoq
et Abiatar ramenèrent donc l'arche de Dieu à Jérusalem et ils y
restèrent.
15.30 David
montait par la montée des Oliviers, il montait en pleurant ; il avait
la tête voilée et il marchait nu-pieds. Tout le peuple qui
l'accompagnait s'était voilé la tête. Ils montaient, montaient en
pleurant.
15.31 David
déclara : « Ahitofel est parmi les conjurés, avec Absalom. » David dit
: « Je t'en prie, SEIGNEUR, rends fous les conseils d'Ahitofel ! »
15.32 David
arrivait au sommet, là où l'on se prosterne devant Dieu, quand vint à
sa rencontre Houshaï l'Arkite, la tunique déchirée et la tête couverte
de terre.
15.33 David
lui dit : « Si tu passes avec moi, tu me seras à charge.
15.34 Mais
si tu retournes à la ville et que tu dises à Absalom : “Je serai ton
serviteur, ô roi ; naguère j'étais le serviteur de ton père ; eh bien,
maintenant, je suis ton serviteur”, alors tu pourras déjouer à mon
avantage les conseils d'Ahitofel.
15.35 Et
n'auras-tu pas près de toi, là-bas, les prêtres Sadoq et Abiatar ? Tout
ce que tu entendras de la maison du roi, tu le rapporteras aux prêtres
Sadoq et Abiatar.
15.36 Ils
ont près d'eux là-bas leurs deux fils : Ahimaaç pour Sadoq, et Jonathan
pour Abiatar. Vous me transmettrez par leur intermédiaire tout ce que
vous entendrez dire. »
15.37 Et
Houshaï, l'ami de David, rentra dans la ville, au moment où Absalom
entrait à Jérusalem.
▲16.1 David avait un peu dépassé
le sommet quand Civa, le domestique de Mefibosheth, vint à sa
rencontre, avec une paire d'ânes bâtés, chargés de deux cents pains,
cent mesures de raisin sec, cent figues et une outre de vin.
16.2 Le roi
dit à Civa : « Qu'as-tu là ? » Civa répondit : « Les ânes serviront de
monture à la famille du roi ; le pain et les figues, de nourriture pour
les jeunes gens ; et le vin, de boisson aux gens épuisés par le désert.
»
16.3 Le roi
dit : « Mais où est le fils de ton seigneur ? » Civa répondit au roi :
« Eh bien, il est resté à Jérusalem, car il s'est dit : “Aujourd'hui,
la maison d'Israël me rendra la royauté de mon père.” »
16.4 Le roi
déclara à Civa : « Tous les biens de Mefibosheth sont désormais les
tiens. » Civa dit : « Me voici prosterné. Reste-moi favorable, mon
seigneur le roi. »
16.5 Le roi
David arrivait à Bahourim quand un homme en sortait. Il était du même
clan que la maison de Saül et s'appelait Shiméï, fils de Guéra. Tout en
sortant, il proférait des malédictions.
16.6 Il
jetait des pierres à David et à tous les serviteurs du roi, et
pourtant, tout le peuple et tous les braves étaient à droite et à
gauche de David.
16.7 Voici
ce que disait Shiméï dans ses malédictions : « Va-t'en, va-t'en,
vaurien sanguinaire !
16.8 Le
SEIGNEUR a fait retomber sur toi tout le sang de la maison de Saül, à
la place de qui tu es devenu roi. Le SEIGNEUR a remis la royauté entre
les mains de ton fils Absalom, et te voilà, toi, dans le malheur, car
tu es un homme de sang. »
16.9
Avishaï, fils de Cerouya, dit au roi : « Pourquoi ce chien crevé
maudit-il mon seigneur le roi ? Laisse-moi passer et lui couper la
tête. »
16.10 Le
roi dit : « Qu'y a-t-il entre moi et vous, fils de Cerouya ? S'il
maudit et si le SEIGNEUR lui a dit : “Va maudire David”, qui pourrait
lui dire : “Pourquoi as-tu fait cela ?” »
16.11 David
dit à Avishaï et à tous ses serviteurs : « Si mon fils, celui qui est
issu de moi, en veut à ma vie, à plus forte raison ce Benjaminite ;
laissez-le maudire, si le SEIGNEUR le lui a dit.
16.12
Peut-être le SEIGNEUR regardera-t-il ma misère et me rendra-t-il le
bonheur, au lieu de sa malédiction d'aujourd'hui. »
16.13 David
avança sur le chemin avec ses hommes, tandis que Shiméï avançait au
flanc de la montagne, à côté de lui, continuant à maudire et à lancer
des pierres, à côté de lui. Il faisait aussi voler de la poussière.
16.14 Le
roi et toute sa troupe arrivèrent exténués. Là, on reprit souffle.
16.15
Absalom et toute la troupe des hommes d'Israël étaient arrivés à
Jérusalem. Ahitofel était avec lui.
16.16 Quand
Houshaï l'Arkite, l'ami de David, arriva auprès d'Absalom, Houshaï dit
à Absalom : « Vive le roi ! Vive le roi ! »
16.17
Absalom dit à Houshaï : « Est-ce là ta fidélité à l'égard de ton ami ?
Pourquoi n'es-tu pas parti avec ton ami ? »
16.18
Houshaï dit à Absalom : « Non. Celui qu'a choisi le SEIGNEUR, ainsi que
tout ce peuple et tous les hommes d'Israël, c'est à lui que je veux
être et avec lui que je veux rester.
16.19 En
second lieu, qui vais-je servir ? N'est-ce pas son fils ? De même que
j'ai été au service de ton père, je serai à ton service. »
16.20
Absalom dit à Ahitofel : « Tenez conseil entre vous sur ce que nous
devons faire. »
16.21
Ahitofel dit à Absalom : « Va vers les concubines de ton père qu'il a
laissées pour garder la maison. Ainsi tout Israël saura que tu t'es
rendu insupportable à ton père, et le bras de tous tes partisans en
sera fortifié. »
16.22 On
monta pour Absalom une tente sur la terrasse, et Absalom alla vers les
concubines de son père sous les yeux de tout Israël.
16.23 Les
conseils que donnait Ahitofel en ce temps-là avaient valeur d'oracle.
Il en était ainsi de tous les conseils d'Ahitofel, aussi bien pour
David que pour Absalom.
▲17.1 Ahitofel dit à Absalom : «
Je choisirais douze mille hommes et partirais à la poursuite de David,
cette nuit même.
17.2
J'arriverais sur lui lorsqu'il sera à bout de forces, je le
terroriserais ; toute sa troupe prendra la fuite, et je frapperai le
roi quand il sera seul.
17.3 Ainsi
je ferai revenir tout le peuple vers toi. Atteindre l'homme que tu
recherches équivaudra au retour de tous : tout le peuple sera en paix. »
17.4 L'avis
parut juste à Absalom et à tous les anciens d'Israël.
17.5
Absalom dit : « Appelle donc aussi Houshaï l'Arkite, pour que nous
entendions ce qu'il a à dire, lui aussi. »
17.6
Houshaï se rendit auprès d'Absalom, et Absalom lui dit : « Voilà
comment Ahitofel a parlé. Devons-nous faire ce qu'il a dit ? Sinon,
parle toi-même. »
17.7
Houshaï répondit à Absalom : « Le conseil qu'a donné Ahitofel n'est pas
bon cette fois-ci. »
17.8 Puis
Houshaï dit : « Tu connais toi-même ton père et ses hommes : ce sont
des braves et ils sont hargneux comme une ourse qui a perdu son ourson
dans la campagne. Ton père est un homme de guerre, il ne passera pas la
nuit avec le peuple.
17.9 Le
voici maintenant caché dans quelque trou ou ailleurs. Or, dès qu'il
commencera à y avoir des victimes parmi les nôtres, quelqu'un
l'apprendra et dira : “Il y a eu des pertes dans le peuple qui suit
Absalom !”
17.10
Alors, même un soldat d'élite au cœur de lion se sentira fondre, car
tout Israël sait que ton père est un brave, et que ses compagnons sont
des soldats d'élite.
17.11 Voici
donc ce que je conseille : que se rassemble auprès de toi tout Israël,
de Dan à Béer-Shéva, aussi nombreux que le sable des plages, toi-même
marchant au combat.
17.12 Nous
l'atteindrons en quelque lieu qu'il se trouve. Nous nous poserons sur
lui comme la rosée tombe sur le sol : de lui et de ses compagnons, il
ne reste plus personne.
17.13 S'il
entre dans une ville pour se regrouper, tout Israël fera apporter des
cordes à cette ville, et nous le traînerons jusqu'au torrent, si bien
qu'il ne s'y trouvera même plus un caillou. »
17.14
Absalom et tous les hommes d'Israël dirent : « Le conseil de Houshaï
l'Arkite est meilleur que le conseil d'Ahitofel. » Le SEIGNEUR en effet
avait décrété de faire échouer le conseil d'Ahitofel qui était le
meilleur, pour amener le malheur sur Absalom.
17.15
Houshaï dit aux prêtres Sadoq et Abiatar : « Voilà ce qu'Ahitofel a
conseillé à Absalom et aux anciens d'Israël, et voilà ce que moi, j'ai
conseillé.
17.16
Maintenant donc, envoyez vite informer David. Dites-lui : “Ne t'arrête
pas cette nuit dans les steppes du désert, et même il faut que tu
passes, sinon, on ne fait qu'une bouchée du roi et de tout le peuple
qui l'accompagne.” »
17.17
Jonathan et Ahimaaç se tenaient à Ein-Roguel. Une servante devait aller
les informer, et ils devaient aller eux-mêmes informer le roi David,
car ils ne pouvaient pas se faire voir en entrant dans la ville.
17.18 Mais
un jeune homme les vit et en informa Absalom. Ils partirent tous les
deux rapidement et arrivèrent à la maison d'un homme de Bahourim. Il
avait un puits dans sa cour. Ils y descendirent.
17.19 La
femme prit la bâche et l'étendit par-dessus le puits. Elle étala dessus
des graines. On ne remarquait rien.
17.20 Les
serviteurs d'Absalom entrèrent chez cette femme, dans la maison, et ils
dirent : « Où sont Ahimaaç et Jonathan ? » La femme leur dit : « Ils
ont passé… l'eau. » Ils cherchèrent sans trouver et ils s'en
retournèrent à Jérusalem.
17.21 Après
leur départ, les autres remontèrent du puits et allèrent informer le
roi David. Ils dirent à David : « En route ! Passez l'eau rapidement,
car voilà le conseil qu'Ahitofel a donné à votre sujet. »
17.22 David
se mit donc en route ainsi que tout le peuple qui était avec lui, et
ils passèrent le Jourdain. A l'aube, il n'en restait pas un seul qui
n'eût passé le Jourdain.
17.23 Quand
Ahitofel s'aperçut qu'on ne mettait pas son conseil à exécution, il
sella son âne, se mit en route et s'en alla chez lui, dans sa ville. Il
donna ses ordres à sa famille et se pendit. Après sa mort, il fut
enseveli dans la tombe de son père.
17.24 David
arriva à Mahanaïm tandis qu'Absalom passait le Jourdain, lui et tous
les hommes d'Israël avec lui.
17.25 A la
tête de l'armée, Absalom avait mis Amasa, à la place de Joab. Or Amasa
était le fils d'un nommé Yitra l'Israélite, qui s'était uni à Avigal,
fille de Nahash et sœur de Cerouya, la mère de Joab.
17.26
Israël et Absalom établirent leur camp au pays du Galaad.
17.27 Dès
l'arrivée de David à Mahanaïm, Shovi, fils de Nahash, de Rabba des fils
d'Ammon, Makir, fils d'Ammiël, de Lodevar, et Barzillaï le Galaadite,
de Roguelim,
17.28
apportèrent du matériel de couchage, des lainages, de la vaisselle,
ainsi que du blé, de l'orge, de la farine, des épis grillés, des fèves,
des lentilles, des épis grillés,
17.29 du
miel, du beurre, des moutons et des morceaux de bœuf qu'ils apportaient
comme nourriture à David et au peuple qui était avec lui, car ils se
disaient : « Le peuple a souffert de la faim, de la fatigue et de la
soif dans le désert. »
▲18.1 David passa en revue le
peuple qui était avec lui et il mit à leur tête des chefs de millier et
des chefs de centaine.
18.2 Puis
David donna au peuple le signal du départ ; un tiers était confié à
Joab, un tiers à Avishaï, fils de Cerouya, frère de Joab, un tiers à
Ittaï le Guittite. Le roi dit au peuple : « Je tiens à sortir, moi
aussi, avec vous. »
18.3 Le
peuple dit : « Tu ne dois pas sortir. Si, en effet, nous prenons la
fuite, on ne fera pas attention à nous ; même s'il meurt la moitié
d'entre nous, on ne fera pas attention à nous ; mais maintenant, il
s'agit de dix mille comme nous. Donc, mieux vaut que tu puisses nous
secourir depuis la ville. »
18.4 Le roi
leur dit : « Je ferai ce qui vous plaira. » Le roi se tint près de la
porte, pendant que tout le peuple sortait par centaines et par milliers.
18.5 Le roi
donna cet ordre à Joab, à Avishaï et à Ittaï : « Par égard pour moi,
doucement avec le jeune Absalom ! » Tout le peuple entendit le roi
donner cet ordre à tous les chefs au sujet d'Absalom.
18.6 Le
peuple sortit dans la campagne à la rencontre d'Israël, et la bataille
eut lieu dans la forêt d'Ephraïm.
18.7 Là, le
peuple d'Israël fut battu devant les serviteurs de David. Il y eut
beaucoup de pertes ce jour-là, vingt mille hommes.
18.8 Le
combat s'éparpilla sur toute l'étendue du pays. Ce jour-là, la forêt
dévora plus de gens parmi le peuple que n'en dévora l'épée.
18.9
Absalom se trouva par hasard face aux serviteurs de David. Absalom
montait un mulet, et le mulet s'engagea sous la ramure enchevêtrée d'un
grand térébinthe. La tête d'Absalom se prit dans le térébinthe, et il
se trouva entre ciel et terre, tandis que le mulet qui était sous lui
continuait.
18.10 Un
homme le vit et vint dire à Joab : « J'ai vu Absalom suspendu à un
térébinthe. »
18.11 Joab
dit à son informateur : « Ainsi tu l'as vu ! Mais pourquoi ne l'as-tu
pas frappé et abattu sur place ? Je te devrais alors dix sicles
d'argent et une ceinture. »
18.12
L'homme dit à Joab : « Et même si je soupesais maintenant dans mes
mains mille sicles d'argent, je ne porterais pas la main sur le fils du
roi, car c'est à nos oreilles que le roi t'a donné cet ordre, ainsi
qu'à Avishaï et à Ittaï : “Prenez garde que nul ne touche au jeune
Absalom.”
18.13
D'ailleurs, si j'avais commis cette forfaiture contre sa vie, rien
n'échappe au roi, et toi-même, tu te serais tenu à l'écart. »
18.14 Joab
dit : « Je ne vais pas attendre ainsi devant toi ! » Il prit donc en
main trois épieux et les planta dans le cœur d'Absalom, encore vivant
au milieu du térébinthe.
18.15 Puis
dix jeunes gens, les écuyers de Joab, entourèrent Absalom et le
frappèrent à mort.
18.16 Joab
sonna du cor, et le peuple cessa de poursuivre Israël, car Joab retint
le peuple.
18.17 On
prit Absalom et on le jeta dans la forêt, dans une grande fosse, et
l'on érigea dessus un énorme tas de pierres. Tout Israël s'était enfui,
chacun à ses tentes.
18.18 Or
Absalom avait entrepris de se faire ériger, de son vivant, la stèle qui
se trouve dans la vallée du Roi, car il s'était dit : « Je n'ai pas de
fils pour perpétuer mon nom. » Il donna donc son nom à la stèle. On
l'appelle encore aujourd'hui le monument d'Absalom.
18.19
Ahimaaç, fils de Sadoq, dit : « Permets-moi de courir porter au roi la
bonne nouvelle que le SEIGNEUR lui a rendu justice en le tirant des
mains de ses ennemis. »
18.20 Joab
lui dit : « Tu ne serais pas porteur d'une bonne nouvelle en ce
jour-ci. Tu la porteras un autre jour, mais aujourd'hui même, tu ne
porterais pas une bonne nouvelle puisqu'il s'agit de la mort du fils du
roi. »
18.21 Et
Joab dit à un Nubien : « Va informer le roi de ce que tu as vu. » Le
Nubien se prosterna devant Joab et partit en courant.
18.22 De
nouveau, Ahimaaç, fils de Sadoq, dit à Joab : « Advienne que pourra !
Laisse-moi courir, moi aussi, derrière le Nubien. » Joab dit : « A quoi
bon courir, toi aussi, mon fils, sans bonne nouvelle qui te vaudrait
une récompense ? » -
18.23 «
Advienne que pourra ! Je courrai. » Il lui dit : « Cours ! » Ahimaaç
prit en courant le chemin de la plaine du Jourdain et il dépassa le
Nubien.
18.24 David
était assis entre les deux portes. Le guetteur se rendit à la terrasse
de la porte, au rempart. Il leva les yeux et vit un homme qui courait
seul.
18.25 Le
guetteur cria pour en informer le roi. Le roi dit : « S'il est seul,
c'est qu'il a une bonne nouvelle à annoncer. » Tandis que l'homme se
rapprochait,
18.26 le
guetteur en vit accourir un autre. Il cria au portier : « Voici un
homme qui court seul. » Le roi dit : « Celui-là aussi apporte une bonne
nouvelle. »
18.27 Le
guetteur dit : « Je reconnais la façon de courir du premier : c'est
celle d'Ahimaaç, fils de Sadoq. » Le roi dit : « C'est un homme de
bien. Il vient pour une très bonne nouvelle. »
18.28
Ahimaaç cria et dit au roi : « Tout va bien. » Il se prosterna face
contre terre devant le roi et dit : « Béni soit le SEIGNEUR, ton Dieu,
qui a livré les hommes qui s'étaient insurgés contre mon seigneur le
roi ! »
18.29 Le
roi dit : « Tout va bien pour le jeune Absalom ? » Ahimaaç dit : « J'ai
vu qu'on s'agitait beaucoup quand Joab a envoyé un serviteur du roi et
ton serviteur, mais je ne sais pas pourquoi. »
18.30 Le
roi dit : « Ecarte-toi et tiens-toi là. » Il s'écarta et resta là.
18.31 Alors
le Nubien arriva. Le Nubien dit : « Que mon seigneur le roi apprenne la
bonne nouvelle : le SEIGNEUR t'a rendu justice aujourd'hui en te tirant
des mains de tous tes adversaires. »
18.32 Le
roi dit au Nubien : « Tout va-t-il bien pour le jeune Absalom ? » Le
Nubien répondit : « Qu'ils aient le sort de ce jeune homme, les ennemis
de mon seigneur le roi et tous les adversaires qui veulent ton malheur
! »
18.33 (19.1)
Alors le roi frémit. Il monta dans la chambre au-dessus de la porte et
il se mit à pleurer. Il disait en marchant : « Mon fils Absalom, mon
fils, mon fils Absalom, que ne suis-je mort moi-même à ta place !
Absalom, mon fils, mon fils ! »
▲19.1 (19.2) On
prévint Joab : « Voici, lui dit-on, que le roi pleure et se lamente sur
Absalom. »
19.2 (19.3)
La victoire, ce jour-là, se changea en deuil pour tout le peuple, car
le peuple avait entendu dire, en ce jour-là : « Le roi est très affecté
à cause de son fils. »
19.3 (19.4)
Le peuple, ce jour-là, rentra furtivement dans la ville, comme le
ferait un peuple honteux d'avoir fui au combat.
19.4 (19.5)
Le roi, lui, s'était voilé le visage. Le roi criait à pleine voix : «
Mon fils Absalom, Absalom, mon fils, mon fils ! »
19.5 (19.6)
Joab vint trouver le roi à l'intérieur. Il dit : « Tu couvres de honte,
aujourd'hui, le visage de tous tes serviteurs qui t'ont sauvé la vie
aujourd'hui, ainsi qu'à tes fils et à tes filles, à tes femmes et à tes
concubines.
19.6 (19.7)
Tu aimes ceux qui te détestent et tu détestes ceux qui t'aiment. Tu as
proclamé aujourd'hui que chefs et serviteurs ne sont rien pour toi. Eh
bien, aujourd'hui, je le sais, si Absalom était vivant et nous tous
morts, aujourd'hui, eh bien, tu trouverais cela normal.
19.7 (19.8)
Maintenant, lève-toi, et va faire un geste à l'égard de tes serviteurs,
car, je te le jure par le SEIGNEUR, si tu n'y vas pas, personne ne
passera cette nuit avec toi, et ce sera pour toi un malheur pire que
tous les malheurs qui te sont arrivés depuis ta jeunesse jusqu'à
maintenant. »
19.8 (19.9)
Alors, le roi se leva et vint s'asseoir à la porte, et l'on proclama à
tout le peuple : « Voici que le roi est assis à la porte ! » Et tout le
peuple vint en présence du roi. Israël s'était enfui, chacun à ses
tentes.
19.9 (19.10)
Dans toutes les tribus d'Israël, tout le peuple discutait. On disait :
« Le roi nous avait arrachés de la main de nos ennemis, il nous avait
délivrés de la main des Philistins et, maintenant, il a dû s'enfuir du
pays pour échapper à Absalom.
19.10 (19.11)
Quant à Absalom, que nous avions oint pour être notre chef, il est mort
à la guerre. Qu'attendez-vous maintenant pour faire revenir le roi ? »
19.11 (19.12)
Le roi David, de son côté, envoya dire aux prêtres Sadoq et Abiatar : «
Parlez aux anciens de Juda et dites-leur : “Pourquoi seriez-vous les
derniers à faire revenir le roi chez lui, alors que ce que dit tout
Israël est parvenu au roi chez lui ?
19.12 (19.13)
Vous êtes mes frères. Vous êtes mes os et ma chair. Pourquoi donc
seriez-vous les derniers à faire revenir le roi ?”
19.13 (19.14)
Et vous direz à Amasa : “N'es-tu pas mes os et ma chair ? Que Dieu me
fasse ceci et encore cela, si tu ne remplaces pas Joab comme chef
permanent de mon armée !” »
19.14 (19.15)
David retourna l'opinion de tous les hommes de Juda, comme d'un seul
homme. Ils envoyèrent dire au roi : « Reviens, toi et tous tes
serviteurs ! »
19.15 (19.16)
Le roi revint donc et arriva au Jourdain. Juda était venu à Guilgal
pour aller à la rencontre du roi, pour faire passer au roi le Jourdain.
19.16 (19.17)
Shiméï, fils de Guéra, le Benjaminite de Bahourim, se hâta de descendre
avec les hommes de Juda à la rencontre du roi David.
19.17 (19.18)
Il y avait avec lui mille hommes de Benjamin, ainsi que Civa, le
domestique de la maison de Saül, avec ses quinze fils et ses vingt
serviteurs. Ils devaient se précipiter au Jourdain au-devant du roi,
19.18 (19.19)
tandis que le radeau traverserait, pour faire passer la maison du roi
et exécuter ce qu'il jugerait bon. Shiméï, fils de Guéra, s'étant jeté
aux pieds du roi pendant que celui-ci passait le Jourdain,
19.19 (19.20)
dit au roi : « Que mon seigneur ne m'impute pas de faute. Ne te
souviens pas de la faute que ton serviteur a commise le jour où mon
seigneur le roi quitta Jérusalem. Que le roi ne la prenne pas à cœur !
19.20 (19.21)
Car ton serviteur le sait : j'ai péché. Mais aujourd'hui, je suis venu,
précédant toute la maison de Joseph, pour descendre à la rencontre de
mon seigneur le roi. »
19.21 (19.22)
Avishaï, fils de Cerouya, intervint et dit : « Est-ce une raison pour
ne pas mettre à mort Shiméï, alors qu'il a maudit le messie du SEIGNEUR
? »
19.22 (19.23)
David dit : « Qu'y a-t-il entre moi et vous, fils de Cerouya, pour que
vous agissiez envers moi aujourd'hui comme un accusateur ? Mettra-t-on
quelqu'un à mort aujourd'hui en Israël ? Ne suis-je pas sûr d'être
aujourd'hui roi d'Israël ? »
19.23 (19.24)
Le roi dit à Shiméï : « Tu ne mourras pas. » Et le roi le lui jura.
19.24 (19.25)
Mefibosheth, fils de Saül, descendit à la rencontre du roi. Il n'avait
pris soin ni de ses pieds ni de sa moustache, il n'avait pas lavé ses
habits, depuis le jour où le roi était parti jusqu'à ce jour où il
revenait sain et sauf.
19.25 (19.26)
Or, quand il arriva à Jérusalem à la rencontre du roi, le roi lui dit :
« Pourquoi n'es-tu pas parti avec moi, Mefibosheth ? »
19.26 (19.27)
Il dit : « Mon seigneur le roi, mon serviteur m'a trompé. Car ton
serviteur s'était dit : “Je vais seller mon ânesse pour la monter et
partir avec le roi” - car ton serviteur est boiteux.
19.27 (19.28)
Il a calomnié ton serviteur auprès de mon seigneur le roi. Mais mon
seigneur le roi est comme l'ange de Dieu. Fais donc ce qui te semble
bon.
19.28 (19.29)
En effet, pour mon seigneur le roi, toute la maison de mon père ne
comptait que des gens qui méritaient la mort, et cependant tu as admis
ton serviteur parmi ceux qui mangent à ta table. Ai-je encore un droit
? Que puis-je encore réclamer au roi ? »
19.29 (19.30)
Le roi lui dit : « Pourquoi discourir encore ? Je le déclare : Toi et
Civa, vous vous partagerez les terres. »
19.30 (19.31)
Mefibosheth dit au roi : « Qu'il prenne même la totalité, du moment que
mon seigneur le roi est rentré chez lui sain et sauf. »
19.31 (19.32)
Barzillaï le Galaadite était descendu de Roguelim. Il passa le Jourdain
avec le roi, prenant congé de lui près du Jourdain.
19.32 (19.33)
Barzillaï était très vieux, il avait quatre-vingts ans. C'est lui qui
avait pourvu à l'entretien du roi quand il s'était retiré à Mahanaïm,
car Barzillaï était un personnage important.
19.33 (19.34)
Le roi dit à Barzillaï : « Toi, continue avec moi, et je subviendrai à
ton entretien auprès de moi à Jérusalem. »
19.34 (19.35)
Barzillaï dit au roi : « Combien d'années me reste-t-il à vivre pour
que je monte avec le roi à Jérusalem ?
19.35 (19.36)
J'ai aujourd'hui quatre-vingts ans. Puis-je distinguer ce qui est bon
de ce qui est mauvais ? Ton serviteur peut-il apprécier ce qu'il mange
et ce qu'il boit ? Puis-je encore entendre la voix des chanteurs et des
chanteuses ? Pourquoi donc ton serviteur serait-il encore une charge
pour mon seigneur le roi ?
19.36 (19.37)
Pour un peu ton serviteur passait le Jourdain avec le roi. Mais
pourquoi le roi m'accorderait-il une telle récompense ?
19.37 (19.38)
Permets que ton serviteur s'en retourne, et que je meure dans ma ville
auprès de la tombe de mon père et de ma mère. Mais voici ton serviteur
Kimham. Qu'il continue avec mon seigneur le roi, et fais pour lui ce
qui te plaira. »
19.38 (19.39)
Le roi dit : « Que Kimham continue avec moi, et je ferai pour lui ce
qui te plaira, et tout ce que tu choisiras de me demander, je le ferai
pour toi. »
19.39 (19.40)
Tout le peuple passa le Jourdain, et le roi passa. Le roi embrassa
Barzillaï et le bénit. Celui-ci s'en retourna chez lui.
19.40 (19.41)
Le roi continua vers Guilgal, et Kimham continua avec lui. Tout le
peuple de Juda, ainsi que la moitié du peuple d'Israël, avaient fait
passer le roi.
19.41 (19.42)
En arrivant auprès du roi, tous les hommes d'Israël déclarèrent au roi
: « Pourquoi nos frères, les hommes de Juda, t'ont-ils accaparé pour
faire passer le Jourdain au roi et à sa maison, alors que tous les
hommes de David étaient près de lui ? »
19.42 (19.43)
Tous les hommes de Juda répliquèrent aux hommes d'Israël : « C'est que
le roi m'est plus proche. Et pourquoi t'irriter de cela ? Avons-nous
mangé quelque chose qui vienne du roi ? A-t-on prélevé quelque chose
pour nous ? »
19.43 (19.44)
Les hommes d'Israël répondirent aux hommes de Juda : « J'ai dix fois
plus de droits que tu n'en as sur le roi, et même sur David. Pourquoi
as-tu fait de moi si peu de cas, et ma parole n'a-t-elle pas été la
première à faire revenir mon roi ? » Mais le langage des hommes de Juda
fut plus dur que celui des hommes d'Israël.
▲20.1 Là se trouvait par hasard
un vaurien appelé Shèva, fils de Bikri, un Benjaminite. Il sonna du cor
et déclara : « Nous n'avons pas de part avec David, nous n'avons rien
en commun avec le fils de Jessé. Chacun à ses tentes, Israël ! »
20.2 Tous
les hommes d'Israël remontèrent, quittant David pour suivre Shèva, fils
de Bikri. Mais les hommes de Juda restèrent attachés aux pas de leur
roi, depuis le Jourdain jusqu'à Jérusalem.
20.3 David
rentra chez lui à Jérusalem. Le roi prit les dix concubines qu'il avait
laissées pour garder la maison et il les mit dans une maison bien
gardée. Il pourvut à leur entretien, mais il n'alla plus vers elles.
Elles furent séquestrées jusqu'au jour de leur mort, dans l'état de
veuves d'un vivant.
20.4 Le roi
dit à Amasa : « Convoque-moi tous les hommes de Juda dans les trois
jours. Puis tiens-toi ici. »
20.5 Amasa
alla convoquer les hommes de Juda, mais il fut en retard sur le délai
que lui avait fixé David.
20.6 David
dit à Avishaï : « Maintenant, Shèva, fils de Bikri, va nous faire plus
de tort qu'Absalom. Prends toi-même les serviteurs de ton maître et
pars à la poursuite de Shèva, de peur qu'il ne trouve pour lui des
villes fortifiées et n'échappe à nos yeux. »
20.7
Derrière Avishaï sortirent les hommes de Joab, les Kerétiens, les
Pelétiens, et tous les braves. Ils sortirent de Jérusalem, à la
poursuite de Shèva, fils de Bikri.
20.8 Ils se
trouvaient près de la grosse pierre qui est à Gabaon quand Amasa arriva
devant eux. Joab était équipé de sa tenue, sur laquelle un ceinturon
supportait une épée, fixée sur ses reins dans son fourreau. Quand il
sortit, elle tomba.
20.9 Joab
dit à Amasa : « Tu vas bien, mon frère ? » La main droite de Joab
saisit la barbe d'Amasa pour l'embrasser.
20.10 Amasa
n'avait pas pris garde à l'épée qui était dans la main de Joab.
Celui-ci l'en frappa au ventre et répandit ses entrailles à terre. Il
mourut sans que Joab eût à lui donner un second coup. Joab, avec son
frère Avishaï, se mit à la poursuite de Shèva, fils de Bikri.
20.11 Un
des garçons de Joab était resté près d'Amasa. Le garçon dit : «
Quiconque est partisan de Joab, et quiconque est pour David, qu'il
suive Joab ! »
20.12
Cependant, Amasa s'était roulé dans son sang au milieu du chemin, et
l'homme s'aperçut que tout le peuple s'arrêtait. Il tira donc Amasa du
chemin dans le champ et jeta sur lui une couverture, quand il vit que
tous ceux qui arrivaient près de lui s'arrêtaient.
20.13
Lorsqu'il l'eut écarté du chemin, tous les hommes passèrent, suivant
Joab à la poursuite de Shèva, fils de Bikri.
20.14
Celui-ci parcourut toutes les tribus d'Israël jusqu'à Avel-Beth-Maaka,
vers tous les Bérites. Mais ceux-ci n'en firent aucun cas et, bien
plus, ils se mirent à sa poursuite.
20.15 Ils
vinrent l'assiéger dans Avel-Beth-Maaka. Ils entassèrent contre la
ville un remblai, qui atteignit le niveau de l'avant-mur. Tout le
peuple qui était avec Joab sapait le rempart pour le faire tomber.
20.16 Une
femme avisée cria de la ville : « Ecoutez ! Ecoutez ! Veuillez dire à
Joab : “Approche-toi jusqu'ici. Je veux te parler.” »
20.17 Joab
s'approcha d'elle, et la femme lui dit : « Est-ce toi Joab ? » Il
répondit : « C'est moi. » Elle lui dit : « Ecoute les paroles de ta
servante. » Il répondit : « J'écoute. »
20.18 Elle
poursuivit en ces termes : « On ne manquera pas de dire avant tout :
“Qu'on interroge Avel, et on en aura fini.”
20.19 Je
suis ce qu'il y a de plus pacifique et de plus sûr en Israël. Et toi,
tu cherches à faire périr une ville - une métropole ! - en Israël.
Pourquoi veux-tu engloutir le patrimoine du SEIGNEUR ? »
20.20 Joab
répondit et dit : « Abomination, abomination sur moi si j'engloutis et
si je détruis !
20.21 Il ne
s'agit pas de cela. Mais un homme de la montagne d'Ephraïm nommé Shèva,
fils de Bikri, s'est insurgé contre le roi David. Livrez-le, lui seul,
et je lèverai le siège. » La femme dit à Joab : « Eh bien, on va te
jeter sa tête par-dessus le rempart. »
20.22 La
femme fit part à tout le peuple de son avis judicieux. On coupa la tête
de Shèva, fils de Bikri, et on la jeta à Joab. Joab sonna du cor, ils
levèrent le siège et se dispersèrent, chacun vers ses tentes. Joab,
lui, revint à Jérusalem auprès du roi.
20.23 Joab
commandait toute l'armée d'Israël ; Benaya, fils de Yehoyada, les
Kerétiens et les Pelétiens.
20.24
Adoram était préposé à la corvée. Yehoshafath, fils d'Ahiloud, était
chancelier ;
20.25
Shewa, secrétaire ; Sadoq et Abiatar, prêtres.
20.26 Il y
avait aussi Ira, le Yaïrite ; David l'avait pour prêtre.
▲21.1 Il y eut une famine au
temps de David, trois années consécutives. David sollicita le SEIGNEUR,
et le SEIGNEUR dit : « Cela vise Saül et cette maison sanguinaire,
parce qu'il a mis à mort les Gabaonites. »
21.2 Le roi
convoqua les Gabaonites et leur parla. Les Gabaonites ne faisaient
point partie des fils d'Israël, mais ils se rattachaient aux survivants
des Amorites. Les fils d'Israël s'étaient engagés envers eux par
serment. Néanmoins, Saül, dans son excès de zèle pour les fils d'Israël
et de Juda, avait cherché à les abattre.
21.3 David
déclara donc aux Gabaonites : « Que dois-je faire pour vous et comment
puis-je réparer, pour que vous bénissiez le patrimoine du SEIGNEUR ? »
21.4 Les
Gabaonites lui dirent : « Nous n'avons pas avec Saül et sa maison une
affaire d'argent et d'or. Nous n'avons pas à faire mourir quelqu'un en
Israël. » Il dit : « Quoi que vous disiez, je l'exécuterai pour vous. »
21.5 Ils
dirent au roi : « L'homme qui a voulu nous anéantir et qui nous a cru
déjà éliminés de tout le territoire d'Israël,
21.6 qu'on
nous livre sept de ses descendants, et nous les écartèlerons devant le
SEIGNEUR à Guivéa de Saül, l'élu du SEIGNEUR. » Le roi dit : « Je les
livrerai. »
21.7 Mais
le roi épargna Mefibosheth, fils de Jonathan, fils de Saül, à cause du
serment par le SEIGNEUR qui existait entre eux - entre David et
Jonathan, fils de Saül.
21.8 Le roi
prit donc les deux fils de Riçpa, fille d'Ayya, qu'elle avait enfantés
à Saül, Armoni et Mefibosheth, et les cinq fils de Mikal, fille de
Saül, qu'elle avait enfantés à Adriël, fils de Barzillaï, de Mehola,
21.9 et il
les livra aux mains des Gabaonites, qui les écartelèrent sur la
montagne devant le SEIGNEUR. Ils succombèrent tous les sept ensemble.
On les mit à mort aux premiers jours de la moisson, au commencement de
la moisson des orges.
21.10
Riçpa, fille d'Ayya, prit un sac, qu'elle étendit sur le rocher, depuis
le commencement de la moisson jusqu'à ce que l'eau tombât sur eux du
ciel. Elle ne laissa pas les oiseaux du ciel se poser sur eux durant le
jour, non plus que les bêtes sauvages durant la nuit.
21.11 On
informa David de ce qu'avait fait Riçpa, fille d'Ayya, la concubine de
Saül.
21.12 David
alla reprendre les ossements de Saül et ceux de Jonathan, son fils, aux
bourgeois de Yavesh-de-Galaad, qui les avaient dérobés sur l'esplanade
de Beth-Shéân, où les Philistins les avaient suspendus, le jour où les
Philistins avaient frappé Saül à Guilboa.
21.13 Il
emporta de là les ossements de Saül et de son fils Jonathan, et l'on
recueillit les ossements des suppliciés.
21.14 On
ensevelit les ossements de Saül et de son fils Jonathan au pays de
Benjamin, à Céla, dans la tombe de Qish, son père. On fit donc tout ce
qu'avait ordonné le roi. Après quoi, Dieu se montra propice au pays.
21.15 Il y
eut encore un combat entre les Philistins et Israël. David et ses
serviteurs avec lui descendirent combattre les Philistins. David se
sentit fatigué.
21.16
Yishbi-be-Nov, qui appartenait aux descendants de Harafa, qui avait un
épieu pesant trois cents sicles, poids du bronze, et qui était équipé
de neuf, parlait de frapper David.
21.17 Mais
Avishaï, fils de Cerouya, lui vint en aide et frappa le Philistin à
mort. C'est alors que les hommes de David l'adjurèrent en disant : « Tu
ne sortiras plus avec nous au combat, pour que tu n'éteignes pas la
lampe d'Israël. »
21.18 Après
cela, il y eut encore un combat contre les Philistins à Gov. C'est
alors que Sibbekaï de Housha battit Saf, l'un des descendants de Harafa.
21.19 Il y
eut encore un combat contre les Philistins à Gov. Elhanân, fils de
Yaaré-Oreguim, de Bethléem, abattit Goliath de Gath, dont la lance
avait un bois pareil à une ensouple de tisserand.
21.20 Il y
eut encore un combat à Gath. Il y avait un champion ayant six doigts
aux mains et six aux pieds, vingt-quatre au total. Lui aussi était un
descendant de Harafa.
21.21 Il
lança un défi à Israël. Et Yehonatân, fils de Shiméa, frère de David,
l'abattit.
21.22 Ces
quatre étaient descendants de Harafa, à Gath, et ils tombèrent sous les
coups de David et de ses serviteurs.
▲22.1 David adressa au SEIGNEUR
les paroles de ce chant, le jour où le SEIGNEUR l'eut délivré de la
poigne de tous ses ennemis et de celle de Saül.
22.2 Il dit
: J'ai le SEIGNEUR pour roc, pour forteresse et pour libérateur,
22.3 Dieu,
le rocher où je me réfugie, mon bouclier, l'arme de ma victoire, ma
citadelle, mon asile, mon sauveur, tu me sauves des violents.
22.4 Loué
soit-il ! J'ai appelé le SEIGNEUR, et j'ai été vainqueur de mes ennemis.
22.5 Les
vagues de la mort m'ont enserré, les torrents de Bélial m'ont surpris,
22.6 les
liens des enfers m'ont entouré, les pièges de la mort étaient tendus
devant moi.
22.7 Dans
ma détresse, j'ai appelé le SEIGNEUR et j'ai appelé mon Dieu. De son
temple, il a entendu ma voix ; mon cri est parvenu à ses oreilles.
22.8 Alors
la terre se troubla et trembla ; les fondations des cieux frémirent et
furent troublées quand il se mit en colère.
22.9 De son
nez monta une fumée, de sa bouche un feu dévorant avec des braises
enflammées.
22.10 Il
déplia les cieux et descendit, un épais nuage sous les pieds.
22.11 Sur
le char du chérubin, il s'envola, apparaissant sur les ailes du vent.
22.12 Il
fit son abri des ténèbres l'entourant, amoncellements liquides, nuages
sur nuages !
22.13 Une
lueur le précéda, des braises flamboyèrent.
22.14 Le
SEIGNEUR tonne du haut des cieux, le Très-Haut donne de la voix.
22.15 Il
lança les flèches et il les dispersa, l'éclair, et il les mit en
déroute.
22.16 Et le
lit de la mer apparut. Les fondations du monde sont dévoilées, par le
grondement du SEIGNEUR, par le souffle exhalé de son nez.
22.17 D'en
haut, il m'envoie prendre, il me retire des grandes eaux.
22.18 Il me
délivre de mon puissant ennemi, de ces adversaires plus forts que moi.
22.19 Le
jour de ma défaite, ils m'affrontaient, mais le SEIGNEUR s'est fait mon
appui.
22.20 Il
m'a dégagé, donné du large ; il m'a délivré, car il m'aime.
22.21 Le
SEIGNEUR me traite selon ma justice, il me traite selon la pureté de
mes mains,
22.22 car
j'ai gardé les chemins du SEIGNEUR, je n'ai pas été infidèle à mon Dieu.
22.23
Toutes ses lois ont été devant moi, et ses commandements, je ne m'en
écarte pas.
22.24 J'ai
été intègre avec lui, et je me suis gardé de toute faute.
22.25 Alors
le SEIGNEUR m'a rendu selon ma justice, selon ma pureté qu'il a vue de
ses yeux.
22.26 Avec
le fidèle, tu es fidèle ; avec le preux intègre, tu es intègre.
22.27 Avec
le pur, tu es pur ; avec le pervers, tu es retors.
22.28 Tu
rends vainqueur un peuple humilié, tu fais tomber ton regard sur ceux
qui s'élèvent.
22.29 C'est
toi qui es ma lampe, SEIGNEUR. Le SEIGNEUR illumine mes ténèbres.
22.30 C'est
avec toi que je saute le fossé, avec mon Dieu que je franchis la
muraille.
22.31 De ce
Dieu, le chemin est parfait, la parole du SEIGNEUR a fait ses preuves.
Il est le bouclier de tous ceux qui l'ont pour refuge.
22.32 Qui
donc est dieu sinon le SEIGNEUR ? Qui donc est le Roc sinon notre Dieu ?
22.33 Ce
Dieu est ma place forte, il me fait parcourir un chemin parfait.
22.34 Il
rend mes pieds pareils à ceux des biches. Il me maintient sur mes
hauteurs.
22.35 Il
entraîne mes mains pour le combat, et mes bras plient l'arc de bronze.
22.36 Tu me
donnes ton bouclier vainqueur, ta sollicitude me grandit.
22.37 Tu
allonges ma foulée, et mes chevilles ne fléchissent pas.
22.38 Je
poursuis mes ennemis, je les ai supprimés, je ne reviens pas avant de
les avoir achevés.
22.39 Je
les ai achevés, massacrés, ils ne se relèvent pas, ils sont tombés sous
mes pieds.
22.40 Tu me
ceins de vigueur pour le combat, tu fais plier sous moi les agresseurs.
22.41 De
mes ennemis tu me livres la nuque, j'ai exterminé mes adversaires :
22.42 ils
crient, mais nul ne secourt ; ils crient vers le SEIGNEUR, mais il ne
répond pas.
22.43 J'en
fais de la poussière, je les écrase, je les piétine comme la boue des
rues.
22.44 Tu
m'as libéré des séditions de mon peuple. Tu me gardes à la tête des
nations. Un peuple d'inconnus se met à mon service ;
22.45 des
étrangers se font mes courtisans, au premier mot, ils m'obéissent ;
22.46 des
étrangers s'effondrent, hors de leurs bastions ils sont ceinturés.
22.47 Vive
le SEIGNEUR ! Béni soit mon Roc ! Que triomphe Dieu, le roc de ma
victoire !
22.48 Ce
Dieu m'accorde la revanche et abaisse des peuples sous moi.
22.49 Tu me
soustrais à mes ennemis, tu me fais triompher de mes agresseurs et tu
me délivres d'hommes violents.
22.50 Aussi
je te rends grâce, SEIGNEUR, parmi les nations ! Et je chante en
l'honneur de ton nom :
22.51 il
donne de grandes victoires à son roi, il agit avec fidélité envers son
messie, envers David et sa dynastie, pour toujours.
▲23.1 Et voici les dernières
paroles de David : Oracle de David, fils de Jessé, oracle de l'homme
haut placé, messie du Dieu de Jacob et favori des chants d'Israël.
23.2
L'esprit du SEIGNEUR parle par moi, et sa parole est sur ma langue.
23.3 Le
Dieu d'Israël l'a dit, le Rocher d'Israël me l'a déclaré : Il gouverne
les hommes selon la justice, celui qui gouverne dans la crainte de Dieu.
23.4 Et
telle la lumière du matin quand se lève le soleil, un matin sans nuages
: - de cet éclat, après la pluie, le gazon sort de terre -,
23.5 telle
est, n'est-ce pas ? ma maison auprès de Dieu, puisqu'il m'a accordé une
alliance éternelle, réglée en tout et bien gardée. Tous mes triomphes,
toute chose aimable, ne les fait-il point germer ?
23.6 Mais
les vauriens sont tous comme l'épine qu'on rejette. Ne les attrape-t-on
pas par brassées ?
23.7
L'homme qui y touche se barde de fer et de bois de lance, et ils sont
brûlés, brûlés sur place.
23.8 Voici
les noms des braves de David : « Celui qui se tenait à sa place », un
Tahkemonite, était chef des cuirassiers. C'est lui qui… sur huit cents
victimes en une seule fois.
23.9 Après
lui, Eléazar, fils de Dodo, fils d'un Ahohite ; il était parmi les
trois braves accompagnant David quand ils défièrent les Philistins qui
s'étaient rassemblés là pour le combat. Les hommes d'Israël se
retirèrent,
23.10 mais
lui tint ferme et frappa parmi les Philistins jusqu'à ce que sa main,
fatiguée, se fut crispée sur l'épée, et le SEIGNEUR opéra une grande
victoire ce jour-là. Le peuple revint derrière lui, mais seulement pour
prendre les dépouilles.
23.11 Après
lui, Shamma, fils d'Agué, le Hararite. Les Philistins s'étaient
rassemblés en un corps. Il y avait à cet endroit un champ couvert de
lentilles, et le peuple s'enfuyait devant les Philistins.
23.12 Il se
posta au milieu du champ, le dégagea, frappa les Philistins, et le
SEIGNEUR opéra une grande victoire.
23.13 Trois
des Trente descendirent de compagnie, au temps de la moisson, et
arrivèrent auprès de David, à la grotte d'Adoullam. Un corps de
Philistins campait dans la vallée des Refaïtes.
23.14 David
était alors dans son refuge, et un poste de Philistins se trouvait
alors à Bethléem.
23.15 David
exprima ce désir : « Qui me fera boire de l'eau de la citerne qui est à
la porte de Bethléem ? »
23.16 Les
Trois braves firent irruption dans le camp des Philistins, puisèrent de
l'eau à la citerne près de la porte de Bethléem, l'emportèrent et la
présentèrent à David. Mais il ne voulut pas la boire ; il en fit une
libation au SEIGNEUR.
23.17 Il
dit : « Que le SEIGNEUR m'ait en abomination si je fais cela ! Mais
c'est le sang des hommes qui sont allés là-bas au péril de leur vie ! »
Et il ne voulut pas la boire. Voilà ce que firent ces Trois braves.
23.18
Avishaï, frère de Joab, fils de Cerouya, était chef des cuirassiers.
C'est lui qui brandit sa lance sur trois cents victimes et il se fit un
nom parmi les Trois.
23.19
Certes, il eut plus d'honneurs que les Trois, et il devint leur chef,
mais il n'atteignit pas les Trois.
23.20
Benayahou, fils de Yehoyada, fils d'un vaillant homme, aux nombreux
exploits, originaire de Qavcéel. C'est lui qui frappa les deux Ariel de
Moab. C'est lui qui descendit frapper le lion dans la citerne un jour
de neige.
23.21 C'est
lui aussi qui frappa un Egyptien, un homme de fière allure. L'Egyptien
avait à la main une lance. Il descendit vers lui, armé d'un bâton,
arracha la lance de la main de l'Egyptien et le tua avec sa propre
lance.
23.22 Voilà
ce que fit Benayahou, fils de Yehoyada. Il se fit un nom parmi les
Trois braves.
23.23 Il
eut plus d'honneurs que les Trente, mais il n'atteignit pas les Trois.
David l'affecta à sa garde personnelle.
23.24
Asahel, frère de Joab, était au nombre des Trente, ainsi qu'Elhanân,
fils de Dodo, de Bethléem,
23.25
Shamma le Harodite, Eliqa le Harodite,
23.26 Hèleç
le Paltite, Ira, fils de Iqqesh le Teqoïte,
23.27
Avièzer le Anatotite, Mevounaï le Houshatite,
23.28
Çalmôn l'Ahohite, Mahraï le Netofatite,
23.29
Hélev, fils de Baana le Netofatite, Ittaï, fils de Rivaï de Guivéa des
fils de Benjamin,
23.30
Benayahou un Piréatonite, Hiddaï des Torrents de Gaash,
23.31
Avi-Alvôn le Arvatite, Azmaweth le Barhoumite,
23.32
Elyahba le Shaalvonite. Les fils de Yashén : Yehonatân,
23.33
Shamma le Hararite, Ahiam, fils de Sharar l'Ararite,
23.34
Elifèleth, fils d'Ahasbaï, fils du Maakatite, Eliam, fils d'Ahitofel le
Guilonite,
23.35
Hèçraï le Karmélite, Paaraï l'Arbite,
23.36
Yiguéal, fils de Natân de Çova, Bani le Gadite,
23.37 Cèleq
l'Ammonite, Nahraï le Béérotite, écuyer de Joab, fils de Cerouya,
23.38 Ira
le Yitrite, Garev le Yitrite,
23.39 Urie
le Hittite. Au total, trente-sept.
▲24.1 La colère du SEIGNEUR
s'enflamma encore contre les Israélites, et il excita David contre eux
en disant : « Va, dénombre Israël et Juda. »
24.2 Le roi
dit à Joab, chef de l'armée, qui était avec lui : « Parcours toutes les
tribus d'Israël de Dan à Béer-Shéva et recensez le peuple, que j'en
sache le nombre. »
24.3 Joab
dit au roi : « Que le SEIGNEUR, ton Dieu, accroisse le peuple au
centuple, et que mon seigneur le roi le voie de ses propres yeux ! Mais
pourquoi mon seigneur le roi veut-il une chose pareille ? »
24.4
Néanmoins l'ordre du roi s'imposa à Joab et aux chefs de l'armée, et
Joab se mit en route avec les chefs de l'armée royale pour recenser le
peuple d'Israël.
24.5 Ils
passèrent le Jourdain et campèrent à Aroër, au sud de la ville qui est
dans le ravin du torrent de Gad, puis vers Yazér.
24.6 Ils
arrivèrent au Galaad et dans le bas pays à Hodshi. Ils arrivèrent à
Dan-Yaân et, en continuant le circuit, à Sidon.
24.7 Ils
entrèrent dans le Fort-de-Tyr et dans toutes les villes des Hivvites et
des Cananéens. Puis ils partirent pour le Néguev de Juda, à Béer-Shéva.
24.8 Ils
parcoururent ainsi tout le pays et arrivèrent, au bout de neuf mois et
vingt jours, à Jérusalem.
24.9 Joab
donna au roi les chiffres du recensement du peuple : Israël comptait
huit cent mille hommes de guerre, pouvant tirer l'épée, et Juda, cinq
cent mille hommes.
24.10 David
sentit son cœur battre après qu'il eut ainsi dénombré le peuple. David
dit au SEIGNEUR : « C'est un grave péché que j'ai commis. Mais
maintenant, SEIGNEUR, daigne passer sur la faute de ton serviteur, car
j'ai agi vraiment comme un fou. »
24.11 Quand
David se leva le lendemain matin, la parole du SEIGNEUR avait été
adressée au prophète Gad, le voyant de David, en ces termes :
24.12 « Va
dire à David : Ainsi parle le SEIGNEUR : Je fais peser sur toi trois
menaces. Choisis l'une d'elles et je l'exécuterai. »
24.13 Gad
alla donc trouver David et il l'en informa. Il lui dit : « Subiras-tu
sept années de famine dans ton pays, ou trois mois de déroute devant
ton adversaire, lancé à ta poursuite, ou trois jours de peste dans ton
pays ? Maintenant donc, réfléchis et vois ce que je dois répondre à
celui qui m'a envoyé. »
24.14 David
dit à Gad : « Je suis dans une grande angoisse… Tombons plutôt entre
les mains du SEIGNEUR, car sa miséricorde est grande, mais que je ne
tombe pas entre les mains des hommes ! »
24.15 Le
SEIGNEUR envoya donc la peste en Israël depuis ce matin-là jusqu'au
temps fixé, et il mourut, parmi le peuple, de Dan à Béer-Shéva,
soixante-dix mille hommes.
24.16
L'ange étendit la main vers Jérusalem pour la détruire, mais le
SEIGNEUR renonça à sévir et dit à l'ange qui exterminait le peuple : «
Assez ! Maintenant, relâche ton bras. » Or l'ange du SEIGNEUR était
auprès de l'aire d'Arauna le Jébusite.
24.17 David
parla au SEIGNEUR, quand il vit l'ange qui frappait dans le peuple. Il
dit : « C'est moi qui ai péché et c'est moi qui ai commis une faute,
mais ces brebis, qu'ont-elles fait ? Que ta main soit sur moi et sur ma
famille ! »
24.18 Gad
alla trouver David, en ce jour-là, et il lui dit : « Monte ériger un
autel au SEIGNEUR sur l'aire d'Arauna le Jébusite. »
24.19 David
monta comme l'avait dit Gad, selon l'ordre du SEIGNEUR.
24.20
Arauna regarda et vit le roi et ses serviteurs qui s'avançaient vers
lui. Arauna sortit et se prosterna devant le roi, la face contre terre.
24.21
Arauna dit : « Pourquoi mon seigneur le roi vient-il chez son serviteur
? » David répondit : « Pour t'acheter l'aire, afin d'y bâtir un autel
au SEIGNEUR. Ainsi le fléau sera retenu loin du peuple. »
24.22
Arauna dit à David : « Que mon seigneur le roi prenne ce qui lui plaît
pour offrir l'holocauste. Tu vois, les bœufs fourniront l'holocauste,
le traîneau et l'attelage des bœufs fourniront le bois. »
24.23 Tout
cela, le roi Arauna le donna au roi. Arauna dit au roi : « Que le
SEIGNEUR, ton Dieu, veuille t'agréer ! »
24.24 Mais
le roi dit à Arauna : « Non, je tiens à te l'acheter pour son prix, et
je ne veux pas offrir au SEIGNEUR, mon Dieu, des holocaustes qui ne
coûtent rien. » David acheta donc l'aire et les bœufs pour cinquante
sicles d'argent.
24.25 Là,
David bâtit un autel au SEIGNEUR et il offrit des holocaustes et des
sacrifices de paix. Le SEIGNEUR se montra propice au pays, et le fléau
fut retenu loin d'Israël.
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- FIN -
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