▲1.1 Le Cantique des cantiques,
qui est de Salomon. 1.2 Qu'il
me baise des baisers de sa bouche ! car tes amours sont plus agréables
que le vin. 1.3 A cause
de l'odeur de tes excellents parfums ; ton nom est comme un parfum
répandu ; c'est pour cela que les filles t'ont aimé. 1.4
Tire-moi, que nous courions après toi. Après que le roi m'aura
introduite dans ses cabinets, nous nous égaierons et nous réjouirons en
toi ; nous célébrerons tes amours plus que le vin. Les hommes droits
t'ont aimé. 1.5 O
filles de Jérusalem, je suis brune, mais de bonne grâce, comme les
tentes de Kédar, et comme les pavillons de Salomon. 1.6 Ne
considérez pas que je suis brune, parce que le soleil m'a regardée ;
les enfants de ma mère se sont irrités contre moi, ils m'ont mise à
garder les vignes ; et je n'ai point gardé ma propre vigne. 1.7
Déclare-moi, ô toi qu'aime mon âme, où tu pais ton troupeau et où tu le
fais reposer sur le midi ; car, pourquoi serais-je comme une femme
errante autour des troupeaux de tes compagnons ? 1.8 Si tu
ne le sais pas, ô la plus belle d'entre les femmes, sors suivant les
traces du troupeau, et pais tes petites chèvres auprès des cabanes des
bergers. 1.9 Ma
grande amie, je te compare à mes chevaux, qui sont attelés aux chariots
de Pharaon. 1.10 Tes
joues ont bonne grâce avec les atours, et ton cou avec les colliers. 1.11 Nous
te ferons des atours d'or, avec des boutons d'argent. 1.12 Tandis
que le roi a été assis à table, mon aspic a rendu son odeur. 1.13 Mon
bien-aimé est avec moi, comme un sachet de myrrhe ; il passera la nuit
entre mes mamelles. 1.14 Mon
bien-aimé m'est comme une grappe de troëne, dans les vignes de
Hen-guédi. 1.15 Te
voila, belle, ma grande amie, te voilà belle ; tes yeux sont comme ceux
des colombes. 1.16 Te
voila, beau, mon bien-aimé ; que tu es agréable ! Aussi notre couche
est verdoyante. 1.17 Les
poutres de nos maisons sont de cèdre, et nos soliveaux de sapin. ▲2.1 Je suis la rose de Sçaron
et le muguet des vallées. 2.2 Tel
qu'est le muguet entre les épines, telle est ma grande amie entre les
filles. 2.3 Tel
qu'est le pommier entre les arbres des forêts, tel est mon bien-aimé
entre les jeunes hommes ; j'ai désiré son ombrage, et m'y suis assise,
et son fruit a été doux à mon palais. 2.4 Il m'a
menée dans la salle du festin, et son étendard sur moi c'est Amour. 2.5
Faites-moi revenir le cœur avec du vin ; faites-moi une couche de
pommes ; car je me pâme d'amour. 2.6 Que sa
main gauche soit sous ma tête, et que sa droite m'embrasse. 2.7 Filles
de Jérusalem, je vous adjure par les chevreuils et les biches des
champs, que vous n'éveilliez, ni ne réveilliez point celle que j'aime,
jusqu'à ce qu'elle le veuille. 2.8 C'est
ici la voix de mon bien-aimé : le voici qui vient, sautant sur les
montagnes, et bondissant sur les coteaux. 2.9 Mon
bien-aimé est semblable au chevreuil, ou au faon des' biches ; le voilà
qui se tient derrière notre muraille ; il regarde par les fenêtres, il
s'avance par les treillis. 2.10 Mon
bien-aimé a pris la parole, et m'a dit : Lève-toi, ma grande amie, ma
belle, et t'en viens. 2.11 Car,
voici, l'hiver est passé, la pluie est passée et s'en est allée ; 2.12 les
fleurs paraissent sur la terre, le temps des chansons est venu, et la
voix de la tourterelle a déjà été ouïe dans notre contrée. 2.13 Le
figuier a jeté ses premières figues, et les vignes ont des grappes, et
rendent de l'odeur. Lève-toi, ma grande amie, ma belle, et t'en viens. 2.14 Ma
colombe, qui te tiens dans les fentes du rocher, dans les cachettes des
lieux escarpés, fais-moi voir ton regard, et fais-moi entendre ta voix
; car ta voix est douce, et ton regard est gracieux. 2.15
Prenez-nous les renards, et les petits renards, qui gâtent les vignes,
depuis que nos vignes ont des grappes. 2.16 Mon
bien-aimé est à moi, et je suis à lui ; il paît son troupeau parmi le
muguet. 2.17 Avant
que le vent du jour souffle et que les ombres s'enfuient, reviens, mon
bien-aimé, comme le chevreuil, ou le faon des biches sur les montagnes
entrecoupées. ▲3.1 J'ai cherché durant les
nuits sur mon lit celui qu'aime mon âme, je l'ai cherché, mais je ne
l'ai point trouvé. 3.2 Je me
lèverai maintenant, et je ferai le tour de la ville, par les carrefours
et par les places, et je chercherai celui qu'aime mon âme. Je l'ai
cherché, mais je ne l'ai point trouvé. 3.3 Le guet
qui faisait la ronde par la ville m'a trouvée. N'avez-vous point vu,
leur ai-je dit, celui qu'aime mon âme ? 3.4 A peine
les avais-je passés, que je trouvai celui qu'aime mon âme ; je l'ai
pris, et je ne le lâcherai point, que je ne l'aie amené à la maison de
ma mère, et dans la chambre de celle qui m'a conçue. 3.5 Filles
de Jérusalem, je vous adjure par les chevreuils et par les biches des
champs, que vous n'éveilliez ni ne réveilliez point celle que j'aime
jusqu'à ce qu'elle le veuille. 3.6 Qui est
celle-ci qui monte du désert comme des colonnes de fumée eu forme de
palmes, parfumée de myrrhe et d'encens, et de toute sorte de poudre de
parfumeur ? 3.7 Voici
le lit de Salomon, autour duquel il y a soixante vaillants hommes, des
plus vaillants d'Israël ; 3.8 tous
maniant l'épée, et très bien dressés à la guerre ; ayant chacun son
épée sur la cuisse, à cause des frayeurs de la nuit. 3.9 Le roi
Salomon s'est fait un lit de bois du Liban. 3.10 Il a
fait ses piliers d'argent, et son lit d'or, son ciel d'écarlate, et le
dedans garni d'amour par les filles de Jérusalem. 3.11
Sortez, filles de Sion, et regardez le roi Salomon, avec la couronne
dont sa mère l'a couronné au jour de son mariage, et au jour de la joie
de son cœur. ▲4.1 Te voila belle, ma grande
amie, te voilà belle ; tes yeux sont comme ceux des colombes entre tes
tresses, tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres de la montagne
de Galaad, qu'on a tondues. 4.2 Tes
dents sont comme un troupeau de brebis tondues qui remontent du lavoir,
et qui sont toutes deux à deux, et dont il n'y en a pas une qui soit
stérile. 4.3 Tes
lèvres sont comme un fil teint en écarlate ; ton parler est gracieux ;
ta tempe est comme une pièce de pomme de grenade sous tes tresses. 4.4 Ton cou
est comme la tour de David, bâtie à créneaux, à laquelle pendent mille
boucliers et tous les écus des vaillants hommes. 4.5 Tes
deux mamelles sont comme deux faons jumeaux d'une chevrette, qui
paissent parmi le muguet. 4.6 Avant
que le vent du jour souffle, et que les ombres s'enfuient, je m'en irai
à la montagne de myrrhe, et au coteau d'encens. 4.7 Tu es
toute belle, ma grande amie, et il n'y a point de tache en toi. 4.8 Viens
du Liban avec moi, mon épouse, viens du Liban avec moi, regarde du
sommet d'Amana, du sommet de Scénir et de Hermon, des repaires des
lions, et des montagnes des léopards. 4.9 Tu m'as
ravi le cœur, ma sœur, mon épouse ; tu m'as ravi le cœur par l'un de
tes yeux, et par l'un des colliers de ton cou. 4.10 Que
tes amoura sont belles, ma sœur, mon épouse ! Que tes amours sont
meilleures que le vin, et l'odeur de tes parfums qu'aucune drogue
aromatique ! 4.11 Tes
lèvres, mon épouse, distillent des rayons de miel. Il y a du miel et du
lait sous ta langue, et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du
Liban. 4.12 Ma
sœur, mon épouse, tu es un jardin fermé, une source close, et une
fontaine cachetée. 4.13 Tes
plantes sont un jardin de grenadiers, avec des fruits délicieux de
troëne, avec de l'aspic ; 4.14
l'aspic et le safran, la canne odorante et le cinnamome, avec toutes
sortes d'arbres d'encens ; la myrrhe et l'aloès, avec toutes les
principales drogues aromatiques. 4.15 O
fontaine des jardins ! O puits d'eau vive, et ruisseaux découlants du
Liban ! 4.16
Lève-toi, bise, et viens, vent du midi, souffle par mon jardin, afin
que ses drogues aromatiques distillent. Que mon bien-aimé vienne dans
son jardin, et qu'il mange de ses fruits délicieux ! ▲5.1 Je suis venu dans mon
jardin, ma sœur, mon épouse ; j'ai cueilli ma myrrhe, avec mes drogues
aromatiques ; j'ai mangé mes rayons avec mon miel ; j'ai bu mon vin
avec mon lait. Mes amis, mangez, buvez, faites bonne chère, mes
bien-aimés. 5.2 J'étais
endormie, mais mon cœur veillait, et voici la voix de mon bien-aimé qui
heurtait, disant : Ouvre-moi, ma sœur, ma grande amie, ma colombe, ma
parfaite. Car ma tête est pleine de rosée, et mes cheveux des gouttes
de la nuit. 5.3 J'ai
dépouillé ma robe, disais-je, comment la revêtirais-je ? j'ai lavé mes
pieds, comment les souillerais-je ? 5.4 Mon
bien-aimé a avancé sa main par le trou de la porte, et mes entrailles
ont été émues à cause de lui. 5.5 Je me
suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé, et la myrrhe distilla de mes
mains, même la myrrhe franche de mes doigts, sur les garnitures du
verrou. 5.6
J'ouvris à mon bien-aimé, mais mon bien-aimé s'était retiré, et était
passé outre ; mon âme se pâma de l'avoir ouï parler ; je le cherchai,
mais je ne le trouvai point ; je l'appelai, mais il ne me répondit
point. 5.7 Le guet
qui faisait la ronde par la ville, me trouva, ils me battirent, ils me
blessèrent ; les gardes des murailles m'ôtèrent mon voile de dessus moi. 5.8 Filles
de Jérusalem, je vous adjure, si vous trouvez mon bien-aimé, que lui
rapporterez-vous ? Dites-lui que je languis d'amour. 5.9 Qu'est
ton bien-aimé plus qu'un autre, ô la plus belle d'entre les femmes ?
Qu'est ton bien-aimé plus qu'un autre, que tu nous aies ainsi adjurées ? 5.10 Mon
bien-aimé est blanc et vermeil, il porte l'étendard au milieu de dix
mille. 5.11 Sa
tête est un or très fin ; ses cheveux sont crépus, noirs comme un
corbeau. 5.12 Ses
yeux sont comme ceux des colombes sur les ruisseaux des eaux courantes,
lavés dans du lait, et comme enchâssés dans les chatons d'anneau. 5.13 Ses
joues sont comme un parterre de plantes aromatiques, et comme des vases
d'odeurs ; ses lèvres sont comme du muguet, elles distillent la myrrhe
franche. 5.14 Ses
mains sont comme des anneaux d'or, où il y a des chrysolithes
enchâssées ; son ventre est d'ivoire bien poli, couvert de saphirs. 5.15 Ses
jambes sont comme des piliers de marbre, fondés sur des soubassements
d'or fin ; son port est comme le Liban, il est exquis comme les cèdres. 5.16 Son
palais n'est que douceur, tout ce qui est en lui sont des choses
désirables. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami, filles de Jérusalem. ▲6.1 Ou est allé ton bien-aimé,
ô la plus belle des femmes ? De quel côté est allé ton bien-aimé ? et
nous le chercherons avec toi. 6.2 Mon
bien-aimé est descendu dans son verger, au parterre des plantes
aromatiques, pour paître son troupeau dans les vergers, et cueillir du
muguet. 6.3 Je suis
à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi ; il paît son troupeau
parmi le muguet. 6.4 Ma
grande amie, tu es belle comme Tirtsa, agréable comme Jérusalem,
redoutable comme les armées qui marchent à enseignes déployées. 6.5
Détourne tes yeux qu'ils ne me regardent, car ils me forcent ; tes
cheveux sont comme un troupeau de chèvres de Galaad, qu'on a tondues. 6.6 Tes
dents sont comme un troupeau de brebis qui remontent du lavoir, et qui
sont toutes deux à deux, et dont il n'y en a pas une qui soit stérile. 6.7 Ta
tempe est comme une pièce de pomme de grenade sous tes tresses. 6.8 Il y a
soixante reines, et quatre-vingts concubines, et des vierges sans
nombre. 6.9 Ma
colombe, ma parfaite, est unique ; elle est unique à sa mère, elle est
particulièrement aimée de celle qui l'a enfantée ; les filles l'ont
vue, et l'ont dite bienheureuse ; les reines et les concubines l'ont
louée, disant : 6.10 Qui
est celle-ci qui paraît comme l'aube du jour, belle comme la lune,
d'élite comme le soleil, redoutable comme les armées qui marchent à
enseignes déployées ? 6.11 Je
suis descendu au verger des noyers, pour voir les fruits qui mûrissent
dans la vallée ; pour voir si là vigne s'avance, et si les grenadiers
ont jeté leur fleur. 6.12 Je ne
me suis point aperçu que mon affection m'a rendu semblable aux chariots
de Haminadab. 6.13
Reviens, reviens, ô Sçulamithe, reviens, reviens, et que nous te
contemplions. Que contempleriez-vous dans la Sçulamithe ? Comme
l'assemblée de deux camps. ▲7.1 Fille de prince, que tes
démarches sont belles, avec ta chaussure ! L'enceinte de tes hanches
est comme des colliers travaillés de la main d'un excellent ouvrier. 7.2 Ton
nombril est comme une tasse ronde, toute comble de breuvage ; ton
ventre est comme un tas de blé entouré de muguet. 7.3 Tes
deux mamelles sont comme deux faons jumeaux d'une chevrette. 7.4 Ton cou
est comme une tour d'ivoire, tes yeux sont comme les viviers qui sont à
Hesçbon, près de la porte de Bath-rabbim ; ton visage est comme la tour
du Liban, qui regarde vers Damas. 7.5 Ta tête
est sur toi comme du cramoisi, et les cheveux les plus déliés de ta
tête sont comme de l'écarlate. Le roi est attaché aux galeries pour te
regarder. 7.6 Que tu
es belle, et que tu es agréable, mon amour et mes délices ! 7.7 Cette
stature que tu as est semblable à un palmier, et tes mamelles à des
grappes de raisins. 7.8 J'ai
dit : Je monterai sur le palmier, et je prendrai ses branches ; et tes
mamelles me seront maintenant comme des grappes de vigne, et l'odeur de
ton visage, comme l'odeur des pommes ; 7.9 et ton
palais comme le bon vin qui coule droit à mon bien-aimé, et qui fait
parler les lèvres de ceux qui dorment. 7.10 Je
suis à mon bien-aimé, et son désir tend à moi. 7.11 Viens,
mon bien-aimé, sortons aux champs, passons la nuit aux villages. 7.12
Levons-nous le matin pour aller aux vignes ; et voyons si la vigne est
avancée, et si la grappe est formée, et si les grenadiers sont fleuris
; c'est là que je te donnerai mes amours. 7.13 Les
mandragores jettent leur odeur, et à rios portes il y a de toutes
sortes de fruits exquis, des nouveaux et des vieux, que je t'ai gardés,
ô mon bien-aimé ! ▲8.1 Plût à Dieu que tu fusses
comme mon frère, qui a sucé les mamelles de ma mère ; je t'irais
trouver dehors, et je te baiserais, et on ne m'en mépriserait point. 8.2 Je
t'amènerais, et t'introduirais dans la maison de ma mère ; et tu
m'instruirais, et je te ferais boire du vin mixtionné de drogues et du
moût de mon grenadier. 8.3 Que sa
main gauche soit sous ma tête, et que sa droite m'embrasse. 8.4 Je vous
adjure, filles de Jérusalem, que vous n'éveilliez ni ne réveilliez pas
celle que j'aime, jusqu'à ce qu'elle le veuille. 8.5 Qui est
celle-ci qui monte du désert, et qui s'appuie doucement sur son
bien-aimé ? Je t'ai réveillé sous un pommier, là où ta mère t'a
enfanté, là où t'a enfanté celle qui t'a donné le jour. 8.6
Mets-moi comme un cachet sur ton cœur, comme un cachet sur ton bras.
L'amour est fort comme la mort, et la jalousie est dure comme le
sépulcre ; leurs embrassements sont des embrassements de feu et une
flamme très-véhémente. 8.7
Beaucoup d'eaux ne pourraient éteindre cet amour-là ; et les fleuves
même ne le pourraient pas noyer ; si quelqu'un donnait tous les biens
de sa maison pour cet amour-là, certainement, on n'en tiendrait aucun
compte. 8.8 Nous
avons une petite sœur qui n'a point encore de mamelles ; que
ferons-nous à notre sœur au jour qu'on parlera d'elle ? 8.9 Si elle
est comme une muraille, nous bâtirons sur elle un palais d'argent ; et
si elle est comme une porte, nous la renforcerons d'un entablement de
cèdre. 8.10 Je
suis comme une muraille, et mes mamelles sont comme des tours ; alors
j'ai été si favorisée de lui, que j'ai trouvé la paix. 8.11
Salomon a eu une vigne à Bahal-Hamon, qu'il a donnée à des gardes ;
chacun desquels en doit apporter pour son fruit mille pièces d'argent. 8.12 Ma
vigne, qui est à moi est à mon commandement, ô Salomon ! Que les mille
pièces d'argent soient à toi, et qu'il y en ait deux cents pour les
gardes de son fruit. 8.13 Toi,
qui habites dans les jardins, les amis sont attentifs à ta voix ; fais
que je l'entende. 8.14 Mon
bien-aimé, enfuis-toi aussi vite qu'un chevreuil, ou qu'un faon de
biche, sur les montagnes des drogues aromatiques.