▲1.1 Commencement de la bonne
nouvelle de Jésus-Christ, fils de Dieu. 1.2 Selon
qu'il est écrit dans les prophètes : « Voici que j'envoie devant ta
face mon messager qui préparera ton chemin devant toi » ; 1.3 voix de
celui qui crie dans le désert : « Préparez le chemin du Seigneur,
dressez ses sentiers », 1.4 Jean
vint, baptisant dans le désert, et prêchant un baptême de conversion en
vue du pardon des péchés. 1.5 Et tout
le pays de Judée et les habitants de Jérusalem sortaient vers lui, et
ils étaient tous baptisés par lui dans le fleuve du Jourdain,
confessant leurs péchés. 1.6 Or Jean
était vêtu de poils de chameau et d'une ceinture de cuir autour de ses
reins ; et il mangeait des sauterelles et du miel sauvage. 1.7 Et il
prêchait disant : Il vient après moi, celui qui est plus puissant que
moi, et je ne suis pas digne de délier en me baissant la courroie de sa
chaussure. 1.8 Pour
moi, je vous ai baptisés dans l'eau mais lui, il vous baptisera dans
l'Esprit saint 1.9 Et il
arriva, en ces jours-là, que Jésus vint de Nazareth de Galilée, et
qu'il fut baptisé par Jean dans le Jourdain ; 1.10 et
aussitôt, comme il remontait de l'eau, il vit les cieux se déchirer, et
l'Esprit descendre sur lui comme une colombe ; 1.11 et il
vint des cieux une voix : Tu es mon Fils bien-aimé, en qui je me
complais. 1.12 Et
aussitôt l'Esprit le poussa dans le désert ; 1.13 et il
fut là dans le désert quarante jours, tenté par Satan (l'Adversaire) ;
et il était avec les bêtes sauvages, et les anges le servaient. 1.14 Or
après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée, prêchant la
bonne nouvelle du royaume de Dieu 1.15 et
disant : Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche ;
convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle ! 1.16 Et
comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André
son frère, qui jetaient un filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs. 1.17 Et
Jésus leur dit : Venez après moi, et je vous ferai devenir pêcheurs
d'hommes. 1.18 Et
aussitôt, laissant leurs filets ils le suivirent. 1.19 Et de
là s'avançant un peu, il vit Jacques ; [le fils] de Zébédée, et Jean
son frère, qui étaient aussi dans la barque accommodant les filets ; 1.20 et
aussitôt il les appela ; et laissant leur père Zébédée dans la barque
avec les mercenaires, ils allèrent après lui. 1.21 Et ils
se rendent à Capernaum ; et aussitôt, le jour du sabbat (repos), étant
entré dans la congrégation, il enseignait, 1.22 et ils
étaient frappés de son enseignement ; car il les enseignait comme ayant
autorité, et non comme les scribes. 1.23 Et il
y avait dans leur congrégation un homme ayant un esprit impur ; et il
s'écria, 1.24 disant
: Ha ! qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus Nazarénien ? Tu es venu
pour nous perdre ! Je sais qui tu es : le Saint de Dieu ! —” 1.25 Et
Jésus le réprimanda, en disant : Ferme la bouche et sors de lui ! 1.26 Et
l'esprit impur le brisant et criant à grande voix, sortit de lui. 1.27 Et ils
furent tous frappés d'étonnement ; de sorte qu'ils se demandaient les
uns aux autres : Qu'est-ce que ceci ? Quel est ce nouvel enseignement,
qu'il commande avec autorité, même aux esprits impurs, et ils lui
obéissent ? —” 1.28 Et sa
renommée se répandit aussitôt dans tous les environs de la Galilée. 1.29 Et
étant aussitôt sortis de la congrégation, ils allèrent avec Jacques et
Jean dans la maison de Simon et d'André. 1.30 Or la
mère de la femme de Simon était au lit, malade de la fièvre ; et
aussitôt ils lui parlèrent d'elle. 1.31 Et
s'étant approché, il la leva en la prenant par la main ; et aussitôt la
fièvre la quitta. Et elle les servait. 1.32 Et le
soir venu, comme le soleil se couchait, on lui amenait tous ceux qui
étaient malades et les démoniaques. 1.33 Et
toute la ville était rassemblée devant la porte ; 1.34 et il
guérit beaucoup de gens, malades de diverses maladies, et il chassa
beaucoup de démons ; et il ne permettait pas aux démons de parler comme
le connaissant 1.35 Et le
matin, comme il faisait fort obscur, s'étant levé, il sortit et s'en
alla dans un lieu désert, et là il priait. 1.36 Et
Simon et ceux qui étaient avec lui allèrent à sa recherche ; 1.37 et
l'ayant trouvé, ils lui dirent : Tous te cherchent. —” 1.38 Et il
leur dit : Allons aux bourgades prochaines, afin que j'y prêche aussi,
car c'est pour cela que je suis sorti. 1.39 Et il
prêchait dans leurs congrégations par toute la Galilée, et il chassait
les démons. 1.40 Et un
lépreux vint à lui, le suppliant et s'agenouillant devant lui, et lui
disant : Si tu le veux, tu peux me purifier. 1.41 Et
Jésus, ému de compassion, étendit la main et le toucha, et lui dit : Je
le veux, sois purifié ! 1.42 Et
quand il l'eut dit, aussitôt la lèpre se retira de lui, et il fut
purifié. 1.43 Et lui
ayant parlé avec menaces, aussitôt il le renvoya 1.44 et lui
dit : Garde-toi de rien dire à personne ; mais va, montre-toi au
sacrificateur, et présente au sujet de ta purification ce que Moïse a
prescrit, pour leur être en témoignage. 1.45 Mais,
s'en étant allé, il se mit à publier beaucoup de choses et à divulguer
l'affaire, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans
la ville ; mais il se tenait dehors, en des lieux déserts, et on allait
à lui de toutes parts. ▲2.1 Quelques jours après, il
entra de nouveau dans Capernaum, et l'on apprit qu'il était dans une
maison. 2.2 Et
aussitôt il s'assembla beaucoup de gens ; en sorte que l'espace même
qui était devant la porte ne pouvait plus les contenir, et il leur
annonçait la parole. 2.3 Et des
gens vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes ; 2.4 et
comme ils ne pouvaient approcher de lui à cause de la foule, ils
découvrirent le toit du lieu où il était, et ayant fait une ouverture,
ils descendirent la couchette sur laquelle le paralytique était étendu. 2.5 Alors
Jésus voyant leur foi, dit au paralytique : Mon enfant, tes péchés te
sont pardonnés ! —” 2.6 Mais il
y avait là quelques-uns des scribes qui étaient assis et faisaient ce
raisonnement dans leurs cœurs : 2.7
Pourquoi celui-ci profère-t-il ainsi des blasphèmes ? Qui peut
pardonner les péchés si ce n'est Dieu seul ? 2.8 Et
aussitôt Jésus connaissant, par son esprit, qu'ils raisonnaient ainsi
en eux-mêmes, leur dit : Pourquoi faites-vous ces raisonnements dans
vos cœurs ? 2.9 Lequel
est le plus facile, de dire au paralytique : Tes péchés te sont
pardonnés ; ou de dire : Lève-toi, et prends ta couchette et marche ? 2.10 Or
afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre l'autorité
de pardonner les péchés 2.11 Je te
le dis (dit-il au paralytique), lève-toi, prends ta couchette, et t'en
va dans ta maison. 2.12 Et
aussitôt il se leva, et ayant pris sa couchette, il sortit devant tous
; de sorte qu'ils étaient tous dans l'étonnement et qu'ils glorifiaient
Dieu en disant : Jamais nous ne vîmes rien de pareil. 2.13 Et il
sortit de nouveau du côté de la mer, et toute la foule allait à lui, et
il les enseignait. 2.14 Et en
se retirant, il vit Lévi, le [fils] d'Alphée, assis au bureau du péage,
et il lui dit : Suis-moi ; et se levant, il le suivit. 2.15 Et il
arriva, comme il était à table dans la maison de Lévi, que beaucoup de
péagers et de pécheurs s'étaient mis aussi à table avec Jésus et ses
disciples ; car il y en avait beaucoup, et ils l'avaient suivi. 2.16 Et les
scribes et les pharisiens le voyant manger avec les péagers et les
pécheurs, disaient à ses disciples : D'où vient qu'il mange et boit
avec les péagers et les pécheurs ? 2.17 Et
Jésus les ayant entendus, leur dit : Ceux qui ont besoin de médecin, ce
ne sont pas les gens en santé, mais ceux qui se portent mal ; je ne
suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la conversion. 2.18 Or les
disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnaient ; et ils viennent et
lui disent : Pourquoi les disciples de Jean et ceux des pharisiens
jeûnent-ils, tandis que tes disciples ne jeûnent pas ? 2.19 Et
Jésus leur dit : Les gens de la noce peuvent-ils jeûner pendant que
l'époux est avec eux ? Aussi longtemps qu'ils ont avec eux l'époux, ils
ne peuvent jeûner ; 2.20 mais
des jours viendront où l'époux leur aura été enlevé, et alors ils
jeûneront en ces jours-là. —” 2.21
Personne ne coud un morceau de drap non foulé à un vieux vêtement ;
autrement la pièce neuve emporte du vieux et la déchirure devient pire. 2.22 Et
personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement le
vin nouveau rompt les outres, et le vin se répand et les outres sont
perdues ; mais le vin nouveau doit être mis dans des outres neuves. 2.23 Et il
arriva qu'il passait, un jour de sabbat, au travers des blés ; et ses
disciples se mirent à cheminer en arrachant les épis. 2.24 Et les
pharisiens lui dirent : Regarde ! pourquoi font-ils, le jour du sabbat,
ce qui n'est pas permis ? 2.25 Et il
leur dit : N'avez-vous jamais lu ce que fit David lorsqu'il fut dans le
besoin et qu'il eut faim, 2.26 lui et
ceux qui étaient avec lui ; comment il entra dans la maison de Dieu, au
temps d'Abiathar le souverain sacrificateur, et mangea les pains de
présentation qu'il n'est permis qu'aux sacrificateurs de manger, et en
donna même à ceux qui étaient avec lui ?... 2.27 Et il
leur disait : Le sabbat a été fait à cause de l'homme, et non pas
l'homme à cause du sabbat. 2.28 En
sorte que le Fils de l'homme est seigneur du sabbat même. ▲3.1 Puis il entra de nouveau
dans la congrégation ; et il s'y trouvait un homme ayant la main
desséchée ; 3.2 et on
l'observait pour voir s'il le guérirait, le jour du sabbat, afin de
l'accuser. 3.3 Et il
dit à l'homme qui avait la main desséchée : Lève-toi là au milieu. 3.4 Puis il
leur dit : Est-il permis de faire du bien les jours de sabbat, ou de
faire du mal ? de sauver une âme ou de la tuer ? Mais ils gardaient le
silence. 3.5 Et,
promenant ses regards sur eux avec colère et attristé de
l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : Étends ta main ; et
il l'étendit ; et sa main fut rendue saine comme l'autre. 3.6 Et les
pharisiens étant sortis, tinrent aussitôt conseil contre lui, avec les
hérodiens, pour le faire périr. 3.7 Et
Jésus se retira avec ses disciples vers la mer, et une grande multitude
le suivit de la Galilée et de la Judée, et de Jérusalem et de l'Idumée
et de delà le Jourdain. 3.8 Et ceux
mêmes des environs de Tyr et de Sidon, une grande multitude, ayant
entendu dire quelles grandes choses il faisait, vinrent à lui. 3.9 Et il
dit à ses disciples qu'un bateau fût toujours près de lui, à cause de
la foule, afin qu'elle ne l'accablât pas ; 3.10 car il
en avait guéri beaucoup, de sorte que tous ceux qui étaient affligés de
quelque fléau se jetaient sur lui pour le toucher. 3.11 Et les
esprits impurs, quand ils le voyaient, se prosternaient devant lui, et
criaient en disant : Tu es le Fils de Dieu ! 3.12 Mais
il leur défendait avec beaucoup de réprimandes de faire qu'il devint
célèbre. 3.13 Et il
monta sur la montagne, et il appela à lui ceux qu'il voulait ; et ils
allèrent à lui. 3.14 Et il
en institua douze pour qu'ils fussent avec lui, 3.15 et
pour les envoyer prêcher et exercer le pouvoir de guérir les maladies
et de chasser les démons : 3.16 Simon
à qui il imposa le nom de Pierre ; 3.17 et
Jacques le [fils] de Zébédée, et Jean frère de Jacques ; et il leur
imposa les noms de Boanerges, c'est-à-dire Fils du tonnerre ; 3.18 et
André, et Philippe, et Barthélemi, et Matthieu, et Thomas, et Jacques
le [fils] d'Alphée, et Thaddée, et Simon le Cananite, 3.19 et
Judas Iscariote, celui qui le livra. 3.20 Et ils
allèrent dans une maison ; et la foule s'y assembla de nouveau, en
sorte qu'ils ne pouvaient pas même manger leur pain. 3.21 Ce
qu'ayant appris, ses alentours sortirent pour le saisir ; car ils
disaient : Il est hors de lui-même. 3.22 Et les
scribes qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : Il a Béelzébul ;
et : C'est par le chef des démons qu'il chasse les démons. 3.23 Et les
ayant appelés à lui, il leur disait en paraboles : 3.24
Comment Satan peut-il chasser Satan ? Et si un royaume est divisé
contre lui-même, ce royaume-là ne peut pas subsister ; 3.25 et si
une maison est divisée contre elle-même, cette maison-là ne peut pas
subsister ; 3.26 et si
Satan s'élève contre lui-même et s'il est divisé, il ne peut subsister,
mais il prend fin. 3.27
Personne ne peut piller les meubles de celui qui est fort, après être
entré dans sa maison, si premièrement il n'a lié celui qui est fort ;
et alors il pillera sa maison. 3.28 Amen
(en vérité), je vous dis que tous les péchés seront pardonnés aux fils
des hommes, et tous les blasphèmes par lesquels ils auront blasphémé ; 3.29 mais
quiconque aura blasphémé contre le Saint-Esprit n'aura jamais de
pardon, mais il mérite un jugement éternel. 3.30 C'est
qu'ils disaient : Il a un esprit impur. 3.31 Ses
frères et sa mère vinrent donc ; et, se tenant dehors, ils envoyèrent
vers lui pour l'appeler. 3.32 Et une
foule était assise autour de lui, et on lui dit : Voilà dehors ta mère
et tes frères qui te demandent. 3.33 Et il
leur répondit en disant : Qui est ma mère ou qui sont mes frères ?... 3.34 Et
promenant ses regards tout autour sur ceux qui étaient assis autour de
lui, il dit : Voici ma mère et mes frères ! 3.35 car
quiconque pratiquera la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma
sœur, et ma mère. ▲4.1 Et de nouveau il se mit à
enseigner près de la mer, et une grande foule se rassembla auprès de
lui ; de sorte qu'étant monté dans la barque il se tenait assis en mer,
et toute la foule était à terre au bord de la mer. 4.2 Et il
leur enseignait en paraboles beaucoup de choses, et leur disait dans
son enseignement : 4.3
Écoutez. Voilà que celui qui sème sortit pour semer. 4.4 Et il
arriva, comme il semait, qu'une partie [de la semence] tomba le long du
chemin, et les oiseaux du ciel vinrent et la mangèrent toute. 4.5 Et une
autre partie tomba sur l'endroit rocailleux, où elle n'avait pas
beaucoup de terre ; et aussitôt elle leva, parce qu'elle n'avait pas
une terre profonde ; 4.6 mais le
soleil s'étant levé, elle fut brûlée ; et, parce qu'elle n'avait point
de racine, elle sécha. 4.7 Et une
autre partie tomba parmi les épines, et les épines montèrent et
l'étouffèrent, et elle ne donna point de fruit. 4.8 Et une
autre partie tomba dans la bonne terre, et donna du fruit montant et
croissant ; et un [grain] en portait trente, et un autre soixante, et
un autre cent. 4.9 Et il
leur disait : Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! 4.10 Mais
quand il fut en particulier, ceux qui étaient autour de lui avec les
Douze l'interrogèrent sur la parabole. 4.11 Et il
leur dit : Il vous a été donné de connaître le mystère du royaume de
Dieu ; mais pour ceux de dehors, tout se fait en paraboles, 4.12 afin
qu'en regardant ils regardent et ils ne voient point, et qu'en
entendant ils entendent et ils ne comprennent point ; de peur qu'ils ne
se retournent [vers Dieu] et que leurs péchés ne leur soient pardonnés. 4.13 Puis
il leur dit : Vous ne voyez pas [ce que signifie] cette parabole ! Et
comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? 4.14 Celui
qui sème, sème la parole. 4.15 Ceux
qui sont le long du chemin, sont ceux en qui la parole est semée ; mais
quand ils l'ont entendue, aussitôt Satan vient, et enlève la parole
semée dans leurs cœurs. 4.16 Et de
même ceux qui ont reçu la semence sur les endroits rocailleux, sont
ceux qui, ayant entendu la parole, la reçoivent aussitôt avec joie ; 4.17 et ils
n'ont pas de racine en eux-mêmes, mais ils ne sont que pour un temps ;
puis, quand vient tribulation ou persécution à cause de la parole, ils
sont aussitôt scandalisés. 4.18 Et
ceux qui ont reçu la semence parmi les épines, sont ceux qui entendent
la parole ; 4.19 et les
soucis de ce siècle, et la tromperie des richesses, et les convoitises
à l'égard des autres choses survenant, étouffent ensemble la parole et
elle devient infructueuse. 4.20 Et
ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre, sont ceux qui
entendent la parole et qui la reçoivent et qui portent du fruit, un
[grain] trente, et un autre soixante, et un autre cent. 4.21 Il
leur disait aussi : La lampe vient-elle pour qu'on la mette sous le
boisseau ou sous le lit ? n'est-ce pas pour qu'on la pose sur le
pied-de-lampe ? 4.22 Car il
n'y a rien de secret qui ne doive être manifesté, et rien n'a été tenu
caché que pour venir en évidence. 4.23 Si
quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! 4.24 Il
leur disait encore : Prenez garde à ce que vous entendez. De la mesure
dont vous mesurez, il vous sera mesuré, et il vous y sera ajouté, à
vous qui entendez ; 4.25 car à
celui qui a, il lui sera donné ; et à celui qui n'a pas, cela même
qu'il a lui sera ôté. 4.26 Et il
disait : Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la
semence en terre, 4.27 et
que, soit qu'il dorme soit qu'il veille, de nuit et de jour, la semence
germe et croît sans qu'il sache comment ; 4.28 car la
terre produit d'elle-même, premièrement l'herbe, puis l'épi, et ensuite
le blé tout formé dans l'épi ; 4.29 et
quand le fruit se détache, il envoie aussitôt la faucille, parce que la
moisson est arrivée. 4.30 Il
disait encore : À quoi comparerions-nous le royaume de Dieu, ou par
quelle parabole le représenterions-nous ? 4.31 C'est
comme un grain de sénevé qui, lorsqu'on le sème en terre, est plus
petit que toutes les semences qui sont sur la terre ; 4.32 mais
lorsqu'on l'a semé, il monte et devient plus grand que tous les légumes
; et il pousse de grandes branches, de sorte que les oiseaux du ciel
peuvent habiter sous son ombre. 4.33 Et par
beaucoup de paraboles semblables il leur annonçait la parole selon ce
qu'ils pouvaient entendre ; 4.34 et il
ne leur parlait point sans parabole, mais en particulier, il expliquait
tout à ses disciples. 4.35 Ce
même jour, quand le soir fut venu, il leur dit : Passons à l'autre bord. 4.36 Et
quand ils eurent laissé la foule, ils le prirent avec eux comme il
était dans la barque, et d'autres bateaux étaient avec lui. 4.37 Et il
s'éleva un grand tourbillon de vent, et les vagues se jetaient dans la
barque, de telle sorte qu'elle s'emplissait déjà ; 4.38 et
lui, il était à la poupe, dormant sur l'oreiller. Et ils le réveillent
et lui disent : Docteur, ne te mets-tu point en peine de ce que nous
périssons ? 4.39 Et
s'étant réveillé, il réprimanda le vent et dit à la mer : Fais silence
! sois emmuselée ! Et le vent s'apaisa, et il y eut un grand calme. 4.40 Puis
il leur dit : Pourquoi êtes-vous ainsi timides ? comment n'avez-vous
point de foi ? 4.41 Et ils
furent saisis d'une fort grande crainte, et ils se disaient l'un à
l'autre : Qui donc est celui-ci, que même le vent et la mer lui
obéissent ? ▲5.1 Et ils arrivèrent à l'autre
bord de la mer, dans la contrée des Gadaréniens. 5.2 Et
quand il fut sorti de la barque, aussitôt un homme ayant un esprit
impur vint des sépulcres au-devant de lui. 5.3 Il
avait sa demeure dans les sépulcres, et personne ne pouvait le lier,
même avec des chaînes ; 5.4 car
souvent il avait été lié de ceps et de chaînes, et il avait rompu les
chaînes et brisé les ceps, et personne n'avait la force de le dompter ; 5.5 et
continuellement, de nuit et de jour, il était dans les montagnes et
dans les sépulcres, criant et se tailladant avec des pierres. 5.6 Voyant
donc Jésus de loin, il accourut et l'adora. 5.7 Et
criant à grande voix, il dit : Qu'y a-t-il entre moi et toi, Jésus,
Fils du Dieu très haut ? Je t'adjure de par Dieu, ne me tourmente point
! 5.8 car il
lui disait : Esprit impur, sors de cet homme ! 5.9 Et il
lui demanda : Quel est ton nom ? Et il répondit et dit : Légion est mon
nom, parce que nous sommes beaucoup. 5.10 Et il
le suppliait instamment de ne pas les envoyer hors de la contrée. 5.11 Or il
y avait là vers les montagnes un grand troupeau de pourceaux qui
paissait ; 5.12 et
tous les démons le supplièrent en disant : Envoie-nous dans les
pourceaux, afin que nous entrions en eux ; 5.13 et
aussitôt Jésus le leur permit. Et les esprits impurs étant sortis,
entrèrent dans les pourceaux ; et le troupeau se jeta avec impétuosité,
du haut du précipice, dans la mer (or il y en avait environ deux
mille), et ils furent étouffés dans la mer. 5.14 Et
ceux qui faisaient paître les pourceaux s'enfuirent, et portèrent la
nouvelle dans la ville et dans les champs. Et les gens sortirent pour
voir ce qui était arrivé. 5.15 Et ils
allèrent vers Jésus, et considérèrent le démoniaque, assis et vêtu, et
dans son bon sens, lui qui avait eu la légion ; et ils furent saisis de
crainte. 5.16 Et
ceux qui l'avaient vu, leur racontèrent ce qui était arrivé au
démoniaque et à l'égard des pourceaux. 5.17 Et ils
se mirent à le supplier de se retirer de leur territoire. 5.18 Et
pendant qu'il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque le
suppliait de permettre qu'il fût avec lui. 5.19 Et
Jésus ne le lui permit pas ; mais il lui dit : Va dans ta maison vers
les tiens, et raconte-leur quelles grandes choses le Seigneur t'a
faites, et combien il a eu pitié de toi. 5.20 Il
s'en alla donc, et se mit à publier dans la Décapole quelles grandes
choses Jésus lui avait faites ; et tous étaient dans l'admiration. 5.21 Et
Jésus de nouveau ayant passé à l'autre bord, dans la barque, une grande
foule s'assembla vers lui ; et il était près de la mer. 5.22 Et
voici qu'un des chefs de la congrégation, du nom de Jaïrus, s'approche,
et le voyant, tombe à ses pieds. 5.23 Et il
le suppliait instamment, en disant : Ma petite fille est à l'extrémité
; viens et impose-lui les mains pour qu'elle soit sauvée, et elle vivra
! —” 5.24 Et il
s'en alla avec lui ; et une grande foule le suivait et on le pressait. 5.25 Or une
femme atteinte d'une perte de sang depuis douze ans, 5.26 et qui
avait beaucoup souffert de beaucoup de médecins et avait dépensé tout
ce qu'elle possédait, sans en tirer aucune utilité, mais était allée
plutôt en empirant, 5.27 ayant
entendu parler de Jésus, s'approcha par-derrière au travers de la foule
et toucha son vêtement ; 5.28 car
elle disait : Si seulement je touche ses vêtements, je serai sauvée ! 5.29 Et
aussitôt le flux de son sang tarit, et elle connut en son corps qu'elle
était guérie de ce fléau. 5.30 Et
aussitôt Jésus, ayant reconnu en lui-même la puissance qui était sortie
de lui, se retourna dans la foule en disant : Qui a touché mes
vêtements ? 5.31 Et ses
disciples lui dirent : Tu vois la foule qui te presse, et tu dis : Qui
m'a touché ? 5.32 Et il
regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. 5.33 Alors
la femme effrayée et tremblante, sachant ce qui s'était fait en elle,
s'approcha et se prosterna devant lui et lui dit toute la vérité. 5.34 Et il
lui dit : Ma fille, ta foi t'a sauvée, va-t'en en paix, et sois guérie
de ton fléau ! 5.35 Comme
il parlait encore, arrivent [des gens] de chez le chef de la
congrégation, disant : Ta fille est morte ; pourquoi fatigues-tu encore
le Docteur ? 5.36 Mais
Jésus ayant aussitôt entendu ce qu'on disait, dit au chef de la
congrégation : Ne crains point ; seulement crois ! 5.37 Et il
ne permit pas que personne l'accompagnât, si ce n'est Pierre et Jacques
et Jean le frère de Jacques. 5.38 Puis
il entre dans la maison du chef de la congrégation et il voit du bruit,
des gens qui pleurent et qui crient beaucoup ; 5.39 et,
étant entré, il leur dit : Pourquoi faites-vous tout ce bruit et
pourquoi pleurez-vous ? L'enfant n'est pas morte, mais elle dort. 5.40 Et ils
se riaient de lui. Mais lui, les ayant tous mis dehors, prend avec soi
le père et la mère de l'enfant et ceux qui étaient avec lui, et il
entre où l'enfant était couchée. 5.41 Et
prenant la main de l'enfant, il lui dit : Talitha, coumi ! ce qui se
traduit : Jeune fille, (je te le dis), réveille-toi ! 5.42 Et
aussitôt la jeune fille se leva et elle marchait, car elle avait douze
ans. Et ils furent saisis d'un grand ravissement. 5.43 Et il
leur prescrivit fortement que personne ne sût la chose, et dit qu'on
lui donnât à manger. ▲6.1 Puis il sortit de là, et
alla dans sa patrie, et ses disciples le suivirent. 6.2 Et un
jour de sabbat étant venu, il se mit à enseigner dans la congrégation ;
et beaucoup de gens, en l'entendant, étaient frappés d'étonnement et
disaient : D'où viennent à celui-ci ces choses ; et quelle est la
sagesse qui lui a été donnée, que même de tels actes de puissance se
fassent par ses mains ? 6.3
Celui-ci n'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de
Jacques et de Joses et de Judas et de Simon ; et ses sœurs ne
sont-elles pas ici avec nous ? Et ils se scandalisaient de lui. 6.4 Mais
Jésus leur dit : Un prophète n'est pas méprisé, si ce n'est dans sa
patrie et parmi ses parents et dans sa maison. 6.5 Et il
ne put faire là aucun acte de puissance, si ce n'est qu'ayant imposé
les mains à un petit nombre de malades, il les guérit. 6.6 Et il
s'étonnait de leur incrédulité. 6.7 Et il
parcourait les bourgades d'alentour en enseignant. Et il appela à lui
les Douze, et il commença à les envoyer deux à deux. Et il leur donna
autorité sur les esprits impurs. 6.8 Et il
leur prescrivit de ne rien prendre pour le chemin, si ce n'est un bâton
seulement ; ni sac, ni pain, ni monnaie pour leur ceinture ; 6.9 mais de
se chausser de sandales et de ne pas se munir de deux tuniques. 6.10 Et il
leur disait aussi : En quelque lieu que ce soit, quand vous entrerez
dans une maison, demeurez-y jusqu'à ce que vous sortiez de ce lieu-là. 6.11 Quant
à ceux qui ne vous recevront pas et ne vous écouteront pas, secouez, en
partant de là, la poussière qui sera sous vos pieds, pour leur être en
témoignage. Amen, je vous le dis, Sodome et Gomore seront dans un état
plus supportable au jour du jugement que cette ville-là. 6.12 Étant
donc partis, ils prêchaient que l'on se convertît 6.13 et ils
chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d'huile beaucoup de
malades et les guérissaient. 6.14 Et le
roi Hérode entendit parler [de Jésus] (car son nom était devenu
célèbre), et il disait : Jean, celui qui baptisait, s'est réveillé
d'entre les morts, et c'est pour cela que les puissances déploient en
lui leur efficace. 6.15
D'autres disaient : C'est Élie ! et d'autres disaient : C'est un
prophète, ou comme l'un des prophètes ! 6.16 Quand
donc Hérode en eut entendu parler, il dit : C'est ce Jean que j'ai
décapité ; il s'est réveillé d'entre les morts. 6.17 Car ce
même Hérode ayant envoyé saisir Jean, l'avait lié dans la prison, à
cause d'Hérodias la femme de Philippe son frère, parce qu'il l'avait
épousée ; 6.18 car
Jean disait à Hérode : Il ne t'est pas permis d'avoir la femme de ton
frère ! 6.19 Or
Hérodias lui en voulait et désirait de le faire mourir, mais elle ne le
pouvait ; 6.20 car
Hérode craignait Jean, le sachant un homme juste et saint ; et il le
conservait, faisait beaucoup de choses après l'avoir entendu, et
l'écoutait volontiers. 6.21 Mais
un jour favorable étant venu, qu'Hérode, à l'anniversaire de sa
naissance, faisait un festin à ses grands et aux commandants et aux
principaux de la Galilée, 6.22 et la
fille de cette même Hérodias étant entrée et ayant dansé, et ayant plu
à Hérode et aux convives, le Roi dit à la jeune fille : Demande-moi
tout ce que tu voudras, et je te le donnerai. 6.23 Et il
lui dit avec serment : Quoi que ce soit que tu me demandes, je te le
donnerai, jusqu'à la moitié de mon royaume. 6.24 Alors
étant sortie, elle dit à sa mère : Que demanderai-je ? Elle répondit :
La tête de Jean le baptiseur ! 6.25 Et
étant aussitôt rentrée avec empressement vers le Roi, elle fit sa
demande en disant : Je veux que tu me donnes, à l'instant, dans un
bassin, la tête de Jean le baptiseur. 6.26 Et le
Roi, fort attristé, ne voulut pas la refuser, à cause de ses serments
et des convives. 6.27 Et
aussitôt, ayant envoyé un garde, le Roi commanda qu'on apportât la tête
de Jean. 6.28 Et le
garde s'en étant allé, le décapita dans la prison, et apporta sa tête
dans un bassin, et la donna à la jeune fille, et la jeune fille la
donna à sa mère. 6.29 Ce
qu'ayant appris, ses disciples allèrent et emportèrent son cadavre et
le mirent dans un sépulcre. 6.30 Et les
Envoyés se rassemblèrent auprès de Jésus et lui racontèrent tout, et
les choses qu'ils avaient faites et celles qu'ils avaient enseignées. 6.31 Et il
leur dit : Venez à l'écart, vous, dans un endroit désert, et
reposez-vous un peu ; —” car il y avait beaucoup d'allants et de
venants, et ils n'avaient pas même le temps de manger. 6.32 Ils
s'en allèrent donc à l'écart, par une barque, dans un endroit désert. 6.33 Et la
foule les vit qui s'en allaient, et beaucoup de gens le reconnurent et
y accoururent à pied de toutes les villes, et ils arrivèrent avant eux
et se rassemblèrent auprès de lui. 6.34 Et
Jésus étant sorti, vit une grande foule ; et il fut ému de compassion
envers eux, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont point de
berger ; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses. 6.35 Et
comme l'heure était déjà fort avancée, ses disciples s'approchant lui
disent : L'endroit est désert, et l'heure déjà fort avancée ; 6.36
renvoie-les, afin que, s'en retournant dans les champs et dans les
bourgades d'alentour, ils s'achètent des pains, car ils n'ont rien à
manger. 6.37 Et
répondant, il leur dit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Et ils lui
disent : Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur
donnerions-nous à manger ? 6.38 Et il
leur dit : Combien de pains avez-vous ? allez et voyez. Et quand ils le
surent, ils disent : Cinq, et deux poissons. 6.39 Et il
leur commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l'herbe verte, 6.40 et ils
s'assirent par rangées de cent et de cinquante. 6.41 Et
prenant les cinq pains et les deux poissons, et levant les yeux vers le
ciel, il prononça une bénédiction, et il rompit les pains et les donna
à ses disciples, afin qu'ils les leur présentassent ; et il partagea
les deux poissons entre tous. 6.42 Et ils
mangèrent tous et furent rassasiés ; 6.43 et ils
emportèrent douze paniers pleins de morceaux, et des restes des
poissons. 6.44 Or
ceux qui avaient mangé les pains étaient environ cinq mille hommes. 6.45 Et
aussitôt il contraignit ses disciples de monter dans la barque et de le
précéder à l'autre bord vers Bethsaïda, pendant qu'il renverrait la
foule. 6.46 Et
quand il les eut congédiés, il s'en alla sur la montagne pour prier. 6.47 Et le
soir étant venu, la barque était au milieu de la mer, et lui, seul à
terre. 6.48 Et il
vit qu'ils se tourmentaient à ramer, car le vent leur était contraire ;
et environ la quatrième veille de la nuit, il vient à eux en marchant
sur la mer, et il voulait les devancer. 6.49 Mais
quand ils le virent marchant sur la mer, ils pensèrent que c'était un
fantôme, et ils poussèrent un cri ; 6.50 car
ils le virent tous et furent troublés. Et aussitôt il leur parla et
leur dit : Ayez bon courage ; c'est moi, n'ayez pas peur. 6.51 Puis
il monta vers eux dans la barque, et le vent s'apaisa ; ce qui excita
au plus haut point leur étonnement et leur admiration ; 6.52 car
ils n'avaient pas compris le fait des pains, parce que leur cœur était
endurci. 6.53 Et
ayant passé à l'autre bord, ils allèrent dans la contrée de Génézareth
et ils abordèrent. 6.54 Et
lorsqu'ils furent sortis de la barque, on le reconnut aussitôt, 6.55 et on
courut dans toute la contrée d'alentour, et on se mit à amener de tous
côtés sur leurs couchettes ceux qui se portaient mal, partout où l'on
entendait dire qu'il était. 6.56 Et en
quelque lieu qu'il entrât, dans les bourgades ou dans les villes ou
dans les champs, on mettait les malades sur les places publiques, et on
le suppliait [de permettre] seulement qu'ils touchassent la bordure de
son vêtement ; et tous ceux qui la touchaient étaient sauvés. ▲7.1 Et les pharisiens, et
quelques-uns des scribes venus de Jérusalem, s'assemblent vers lui. 7.2 Et
ayant vu quelques-uns de ses disciples qui mangeaient des pains avec
des mains souillées, c'est-à-dire non lavées, ils les blâmèrent ; 7.3 car les
pharisiens ni aucun des Juifs ne mangent sans s'être lavé les mains
avec le poing, retenant la tradition des anciens ; 7.4 et au
retour de la place publique, ils ne mangent point sans s'être lavés Il
y a aussi beaucoup d'autres choses qu'ils ont reçues pour les retenir :
les lavages des coupes et des pots et des vases d'airain et des lits. 7.5 Ensuite
les pharisiens et les scribes lui demandèrent : D'où vient que tes
disciples ne marchent pas selon la tradition des anciens, mais qu'ils
mangent leur pain avec des mains non lavées ? 7.6 Alors
répondant, il leur dit : Esaïe a bien prophétisé à votre sujet,
hypocrites, comme il est écrit : « Ce peuple m'honore des lèvres, mais
leur cœur est fort éloigné de moi, 7.7 et
c'est en vain qu'ils me rendent un culte, enseignant des doctrines [qui
sont] des commandements d'hommes. » 7.8 En
effet, laissant de côté le commandement de Dieu, vous retenez la
tradition des hommes, les lavages des pots et des coupes ; et vous
pratiquez beaucoup d'autres choses semblables. 7.9 Et il
leur disait : Est-ce bien que vous rejetiez le commandement de Dieu,
pour observer votre tradition 7.10 car
Moïse a dit : « Honore ton père et ta mère » ; et : « Que celui qui
aura maudit père ou mère meure de mort. » 7.11 Mais
vous, vous dites : À moins toutefois qu'un homme n'ait dit à son père
ou à sa mère : Tout ce dont tu pourrais être assisté par moi est
corban, c'est-à-dire offrande. 7.12 Et
vous ne lui laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère, 7.13
annulant la parole de Dieu par la tradition que vous vous transmettez ;
et vous pratiquez beaucoup de choses semblables. 7.14 Puis
appelant à lui toute la foule, il leur dit : Écoutez-moi tous et
comprenez : 7.15 Il
n'est rien d'extérieur à l'homme qui, entrant en lui, puisse le
souiller ; mais les choses qui sortent de l'homme, ce sont là celles
qui le souillent. 7.16 Si
quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! 7.17 Et
quand il fut entré dans une maison loin de la foule, ses disciples
l'interrogèrent au sujet de cette parabole ; 7.18 et il
leur dit : Vous êtes donc aussi sans intelligence ! Ne comprenez-vous
pas que rien d'extérieur, en entrant dans l'homme, ne le peut souiller, 7.19 parce
que cela n'entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, et sort dans
le lieu secret, ce qui purifie tous les aliments ? 7.20 Il
leur disait donc : Ce qui sort de l'homme, c'est ce qui souille l'homme. 7.21 Car
c'est du dedans, c'est du cœur des hommes que sortent les mauvaises
pensées, les adultères, les fornications, les meurtres, 7.22 les
larcins, les actes d'avarice, les méchancetés, la fraude, l'impudicité,
l'œil méchant, la parole offensante l'orgueil, la folie. 7.23 Toutes
ces choses mauvaises sortent du dedans et souillent l'homme. 7.24 Et
s'étant levé, il partit de là pour le territoire de Tyr et de Sidon. Et
étant entré dans la maison, il voulait que personne ne le sût ; mais il
ne put demeurer caché. 7.25 Car
une femme dont la petite fille avait un esprit impur, ayant entendu
parler de lui, vint se jeter à ses pieds 7.26 (or
cette femme était grecque, syrophénicienne d'origine), et elle le
priait qu'il chassât le démon hors de sa fille. —” 7.27 Mais
Jésus lui dit : Laisse premièrement rassasier les enfants ; car il
n'est pas bon de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits
chiens. 7.28 Mais
elle répondit et lui dit : Oui, Seigneur ; et, en effet, les petits
chiens mangent sous la table des miettes des petits enfants. —” 7.29 Alors
il lui dit : À cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta
fille. 7.30 Et
quand elle s'en fut allée dans sa maison, elle trouva le démon sorti,
et sa fille couchée sur le lit. 7.31 Puis
étant sorti du territoire de Tyr et de Sidon, il se rendit de nouveau
vers la mer de Galilée, en traversant le territoire de la Décapole. 7.32 Et on
lui amena un sourd qui parlait avec peine, et on le supplia de poser la
main sur lui. 7.33 Et,
l'ayant tiré à part hors de la foule, il mit ses doigts dans ses
oreilles ; et, ayant craché, il lui toucha la langue ; 7.34 puis
levant les yeux au ciel, il soupira et lui dit : Ephphatha !
c'est-à-dire, ouvre-toi ! 7.35 Et
aussitôt ses oreilles furent ouvertes, et le lien de sa langue fut
dénoué, et il parlait très bien. 7.36 Et il
leur prescrivit de ne le dire à personne ; mais plus il le leur
prescrivait, toujours plus ils le publiaient. 7.37 Et ils
étaient frappés d'un très grand étonnement, et ils disaient : Il a bien
fait toutes choses ; il fait entendre les sourds et parler les muets. ▲8.1 En ces jours-là, comme il y
avait une fort grande foule et qu'ils n'avaient rien à manger, Jésus
appelant à lui ses disciples, leur dit : 8.2 Je suis
ému de compassion envers cette foule, car il y a déjà trois jours
qu'ils restent avec moi, et ils n'ont rien à manger ; 8.3 et si
je les renvoie à jeun dans leurs maisons, ils tomberont de défaillance
en chemin, car quelques-uns d'entre eux viennent de loin. 8.4 Et ses
disciples lui répondent : Comment pourrait-on les rassasier de pains,
ici, dans un désert ? 8.5 Et il
leur demande : Combien de pains avez-vous ? Et ils dirent : Sept. 8.6 Et il
commanda à la foule de s'asseoir par terre ; et ayant pris les sept
pains, il les rompit après avoir rendu grâces, et les donna à ses
disciples afin qu'ils les présentassent ; et ils les présentèrent à la
foule. 8.7 Ils
avaient aussi quelques petits poissons ; et, après qu'il eut prononcé
une bénédiction, il dit qu'on les présentât aussi. 8.8 Ils
mangèrent donc et furent rassasiés ; et l'on emporta le reste des
morceaux, sept corbeilles. 8.9 Or ceux
qui avaient mangé étaient environ quatre mille. Puis il les renvoya. 8.10 Et
aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il alla au
territoire de Dalmanutha. 8.11 Et les
pharisiens sortirent et se mirent à contester avec lui, lui demandant
pour le tenter un signe venant du ciel. 8.12 Alors,
soupirant profondément en son esprit, il dit : Pourquoi cette race
recherche-t-elle un signe ? Amen, je vous le dis, il ne sera point
donné de signe à cette race —” 8.13 Et les
laissant, il remonta dans la barque et s'en alla à l'autre bord. 8.14 Or ils
avaient oublié de prendre des pains, et ils n'avaient avec eux qu'un
seul pain dans la barque ; 8.15 et il
leur donna cette prescription : Voyez ! gardez-vous du levain des
pharisiens et du levain d'Hérode. 8.16 Et ils
raisonnaient entre eux en disant : C'est parce que nous n'avons pas des
pains. 8.17 Et
connaissant cela, Jésus leur dit : Pourquoi raisonnez-vous sur ce que
vous n'avez pas des pains ? Êtes-vous encore sans intelligence ? ne
comprenez-vous point ? avez-vous encore le cœur endurci ? 8.18 ayant
des yeux ne voyez-vous pas ? et ayant des oreilles, n'entendez-vous pas
? et n'avez-vous point de mémoire ? 8.19 Quand
je rompis les cinq pains aux cinq mille, combien de paniers pleins de
morceaux en emportâtes-vous ? Ils lui dirent : Douze. 8.20 Et
quand je rompis les sept pains aux quatre mille, combien de corbeilles
pleines de morceaux en emportâtes-vous ? Et ils dirent : Sept. 8.21 Et il
leur dit : Comment ne comprenez-vous pas ? 8.22 Puis
il se rend à Bethsaïda, et on lui amène un aveugle, et on le supplie de
le toucher. 8.23 Et
prenant la main de l'aveugle, il le mena hors de la bourgade, et après
avoir craché sur ses yeux et lui avoir imposé les mains, il lui demanda
s'il voyait quelque chose. 8.24 Et
ayant regardé, il dit : Je vois les hommes comme des arbres, [et] ils
marchent. 8.25 Puis
il mit de nouveau les mains sur ses yeux et le fit regarder, et il fut
rétabli, et il les vit tous distinctement. 8.26 Et il
le renvoya dans sa maison, en disant : N'entre point dans la bourgade,
et ne le dis à personne dans la bourgade. 8.27 Et
Jésus s'en alla, [lui] et ses disciples, dans les bourgades de Césarée
de Philippe. Et en chemin, il interrogeait ses disciples, en leur
disant : Qui est-ce que les hommes disent que je suis ? 8.28 Ils
répondirent : Jean le baptiseur ; et d'autres : Élie ; et d'autres :
L'un des prophètes. 8.29 Et il
leur dit : Et vous, qui dites-vous que je suis ? Et Pierre répondant,
lui dit : Tu es le Christ. —” 8.30 Et il
leur défendit sévèrement de dire [cela] de lui à qui que ce fût. 8.31 Et il
commença de leur enseigner qu'il fallait que le Fils de l'homme
souffrît beaucoup, et qu'il fût réprouvé de la part des anciens et des
principaux sacrificateurs et des scribes, et qu'il fût mis à mort, et
qu'après trois jours il se relevât. 8.32 Et il
tenait ce discours ouvertement. Et Pierre, le prenant à part, se mit à
le réprimander ; 8.33 mais
lui, s'étant retourné et ayant vu ses disciples, réprimanda Pierre, en
disant : Va-t'en arrière de moi, Satan, parce que tes pensées ne sont
pas aux choses de Dieu, mais à celles des hommes ! 8.34 Puis
ayant appelé à lui la foule avec ses disciples, il leur dit : Quiconque
veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, et qu'il prenne sa
croix et me suive ; 8.35 car
celui qui voudra sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie
à cause de moi et de la bonne nouvelle, celui-là la sauvera. 8.36 En
effet, que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, s'il fait
la perte de son âme 8.37 ou,
que donnera l'homme en échange de son âme 8.38 Car
celui qui aura eu honte de moi et de mes paroles au sein de cette
génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aura aussi honte
de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints
anges. ▲9.1 Et il leur disait aussi :
Amen, je vous dis qu'il y a quelques-uns de ceux qui sont ici présents,
qui ne goûteront pas de la mort qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu
venu avec puissance. 9.2 Six
jours après, Jésus prend avec lui Pierre et Jacques et Jean, et les
mène seuls à l'écart sur une haute montagne ; et il fut transformé
devant eux ; 9.3 et ses
vêtements devinrent resplendissants, d'une extrême blancheur comme de
la neige, et tels qu'il n'y a foulon sur la terre qui puisse blanchir
ainsi. 9.4 Et Élie
leur apparut avec Moïse ; et ils s'entretenaient avec Jésus. 9.5 Et
Pierre prenant la parole, dit à Jésus : Rabbi (Docteur), il est bon que
nous soyons ici ; faisons donc trois tentes, une pour toi, et une pour
Moïse, et une pour Élie. 9.6 Car il
ne savait ce qu'il disait, parce qu'ils étaient épouvantés. 9.7 Et il y
eut une nuée qui les couvrait de son ombre, et il vint de la nuée une
voix qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. 9.8 Et
aussitôt regardant tout autour, ils ne virent plus personne, si ce
n'est Jésus seul avec eux. 9.9 Et
comme ils descendaient de la montagne, il leur prescrivit de ne
raconter à personne ce qu'ils avaient vu, si ce n'est après que le Fils
de l'homme se serait relevé d'entre les morts. 9.10 Et ils
retinrent par devers eux cette parole, se demandant les uns aux autres
ce que c'est que se relever d'entre les morts. 9.11 Et ils
l'interrogeaient, disant : Pourquoi les scribes disent-ils qu'il faut
qu'Élie vienne premièrement ? 9.12 Et
répondant, il leur dit : Il est vrai qu'Élie, venu premièrement,
rétablit toutes choses ; et comment est-il écrit du Fils de l'homme,
qu'il souffrira beaucoup et qu'il sera tenu pour rien ? 9.13 mais
je vous dis, et qu'Élie est venu, et qu'ils lui ont fait tout ce qu'ils
ont voulu, selon qu'il est écrit de lui. 9.14 Puis
étant allé vers les disciples, il vit une grande foule autour d'eux, et
des scribes disputant avec eux ; 9.15 et
aussitôt toute la foule le voyant fut frappée d'étonnement, et,
accourant, ils le saluaient. 9.16 Et il
demanda aux scribes : De quoi disputez-vous avec eux ? 9.17 Et
quelqu'un de la foule répondant, dit : Docteur, je t'ai amené mon fils
qui a un esprit muet ; 9.18 et en
quelque lieu que celui-ci le saisisse, il le déchire ; alors il écume
et grince les dents, et devient tout sec ; et j'ai dit à tes disciples
de le chasser, et ils ne l'ont pu. 9.19 Et lui
répondant, [Jésus] dit : Ô race incrédule ! jusques à quand serai-je
avec vous ? jusques à quand vous supporterai-je ? amenez-le moi. —” 9.20 Ils le
lui amenèrent donc ; et quand il eut vu Jésus, aussitôt l'esprit le
brisa ; et étant tombé par terre il se roulait en écumant. 9.21 Et
[Jésus] demanda à son père : Combien de temps y a-t-il que cela lui
arrive ? Et il dit : Depuis son enfance ; 9.22 et
souvent il l'a jeté et dans le feu et dans les eaux afin de le faire
périr ; mais si tu peux quelque chose, sois-nous en aide, étant ému de
compassion envers nous. 9.23 Alors
Jésus lui dit : Le si tu peux, c'est de croire ; tout est possible pour
celui qui croit. 9.24 Et
aussitôt le père de l'enfant s'écriant, dit avec larmes : Je crois,
Seigneur ! sois en aide à mon incrédulité ! 9.25 Et
quand Jésus vit que la foule accourait, il réprimanda l'esprit impur,
en disant : Esprit muet et sourd, je te le commande, sors de lui et ne
rentre plus en lui. 9.26 Alors
il sortit en criant et en le brisant beaucoup ; et [l'enfant] devint
comme mort, tellement que beaucoup de gens disaient qu'il était mort. 9.27 Mais
Jésus l'ayant pris par la main, le réveilla, et il se releva. 9.28 Et
lorsqu'il fut entré à la maison, ses disciples lui demandèrent en
particulier : Pourquoi, nous, n'avons-nous pu le chasser ? 9.29 Et il
leur dit : Cette espèce [d'esprits] ne peut en aucune manière sortir
que par la prière et par le jeûne. 9.30 Et
étant partis de là, ils traversaient la Galilée. Et il ne voulait pas
que personne le sût ; 9.31 car il
enseignait ses disciples, et leur disait : Le Fils de l'homme est livré
entre les mains des hommes et ils le tueront ; et, mis à mort, le
troisième jour il se relèvera. 9.32 Mais
ils ne comprenaient pas cette parole, et ils craignaient de
l'interroger. 9.33 Et il
se rendit à Capernaum. Et lorsqu'il fut dans la maison, il leur demanda
: Sur quoi discutiez-vous ensemble en chemin ? 9.34 Mais
ils gardaient le silence ; car ils avaient discuté entre eux en chemin
qui était le plus grand. 9.35 Et
s'étant assis, il appela à lui les Douze et leur dit : Si quelqu'un
veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de
tous. 9.36 Et
prenant un petit enfant, il le plaça au milieu d'eux ; et l'ayant
entouré de ses bras, il leur dit : 9.37
Quiconque recevra, en mon nom, un seul de ces petits enfants, me reçoit
; et quiconque me recevra, ce n'est pas moi qu'il reçoit, mais il
reçoit celui qui m'a envoyé. 9.38 Et
Jean lui adressa la parole en disant : Docteur, nous avons vu quelqu'un
qui chassait des démons en ton nom et qui ne nous suit pas ; et nous
l'en avons empêché, parce qu'il ne nous suit pas. 9.39 Mais
Jésus dit : Ne l'en empêchez pas ; car il n'y a personne qui fasse un
acte de puissance en mon nom, et qui puisse aussitôt parler mal de moi ; 9.40 car
qui n'est pas contre nous est pour nous. 9.41 Car
quiconque vous aura donné à boire une coupe d'eau en mon nom, parce que
vous êtes à Christ, amen, je vous le dis, il ne perdra pas son salaire. 9.42 Et
quiconque scandalisera un seul des petits qui croient en moi, il serait
mieux pour lui qu'on lui mît autour du cou une pierre de meule et qu'on
le jetât dans la mer. 9.43 Que si
ta main te scandalise, coupe-la ; il t'est meilleur d'entrer manchot
dans la vie, que d'aller, ayant tes deux mains, dans la géhenne, dans
le feu inextinguible, 9.44 où
leur ver ne meurt point et ou le feu ne s'éteint point. 9.45 Et si
ton pied te scandalise, coupe-le ; il t'est meilleur d'entrer boiteux
dans la vie, que d'être jeté, ayant tes deux pieds, dans la géhenne,
dans le feu inextinguible, 9.46 où
leur ver ne meurt point et où le feu ne s'éteint point. 9.47 Et si
ton œil te scandalise, arrache-le ; il t'est meilleur d'entrer dans le
royaume de Dieu, n'ayant qu'un œil, que d'avoir deux yeux et d'être
jeté dans la géhenne du feu, 9.48 où
leur ver ne meurt point et où le feu ne s'éteint point. 9.49 Car
tout homme sera salé de feu, et tout sacrifice sera salé de sel. 9.50 (9.49a)
C'est une bonne chose que le sel ; mais si le sel devenait insipide,
avec quoi l'assaisonneriez-vous ? 9.51 (9.49b)
Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous. ▲10.1 Et s'étant levé, il se rend
de là vers les frontières de la Judée par l'autre rive du Jourdain, et
de nouveau des foules s'assemblent auprès de lui ; et de nouveau, selon
sa coutume, il les enseignait. 10.2 Et les
pharisiens s'approchant, lui demandèrent, pour le tenter, s'il est
permis à un homme de répudier une femme. 10.3 Mais
répondant, il leur dit : Que vous a commandé Moïse ? 10.4 Ils
dirent : Moïse a permis d'écrire une lettre de divorce et de répudier. 10.5 Et
Jésus répondant leur dit : C'est à cause de la dureté de votre cœur
qu'il a écrit pour vous ce commandement ; 10.6 mais,
dès le commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. 10.7 « À
cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à
sa femme, 10.8 et les
deux deviendront une seule chair. » En sorte qu'ils ne sont plus deux,
mais une seule chair. 10.9 Que ce
que Dieu a uni, l'homme ne le sépare donc point. 10.10 Et
dans la maison, ses disciples l'interrogèrent de nouveau sur le même
sujet. 10.11 Et il
leur dit : Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet
adultère à son égard ; 10.12 et si
une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet adultère. 10.13 Et on
lui présentait de petits enfants afin qu'il les touchât ; mais les
disciples réprimandaient ceux qui les présentaient 10.14 et
Jésus voyant cela, fut indigné, et leur dit : Laissez venir à moi les
petits enfants et ne les en empêchez point, car le royaume de Dieu est
à ceux qui sont tels. 10.15 Amen,
je vous le dis : Quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un
petit enfant, n'y entrera point. 10.16 Et
les entourant de ses bras et posant les mains sur eux, il les bénissait. 10.17 Et
comme il sortait pour se mettre en chemin, quelqu'un étant accouru et
s'étant agenouillé devant lui, lui demandait : Bon Docteur, que
ferai-je afin d'hériter de la vie éternelle ? 10.18 Et
Jésus lui dit : Pourquoi me dis-tu bon ? Nul n'est bon qu'un seul, Dieu. 10.19 Tu
sais les commandements : « Ne commets point adultère ; ne tue point ;
ne dérobe point ; ne dis point de faux témoignage ; ne fais point
d'injustice ; honore ton père et ta mère. » 10.20 —” Et
répondant, il lui dit : Docteur, j'ai gardé toutes ces choses dès ma
jeunesse. —” 10.21 Et
l'ayant regardé, Jésus l'aima et lui dit. : Une chose te manque ; va,
vends tout ce que tu as et le donne aux pauvres ; et tu auras un trésor
dans le ciel ; puis, viens, suis-moi, en prenant la croix. —” 10.22 Mais,
affligé de cette parole, il s'en alla tout triste, car il était
possesseur de grands biens. 10.23 Alors
Jésus, ayant regardé tout autour, dit à ses disciples : Avec quelle
difficulté ceux qui ont des richesses entreront dans le royaume de Dieu
! 10.24 Et
les disciples étaient frappés d'étonnement au sujet de ses paroles.
Mais Jésus reprenant, leur dit : Enfants, qu'il est difficile que ceux
qui mettent leur confiance dans les richesses, entrent dans le royaume
de Dieu ! 10.25 Il
est plus facile à un chameau de passer par le trou de l'aiguille, qu'il
ne l'est à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. —” 10.26 Et
ils étaient encore plus frappés d'étonnement, se disant les uns aux
autres : Et qui peut être sauvé ? 10.27 Mais
Jésus, les regardant, dit : Quant aux hommes, impossible ! mais non
quant à Dieu ; car quant à Dieu, toutes choses sont possibles. 10.28 Alors
Pierre se mit à lui dire : Voici que nous avons tout laissé, et nous
t'avons suivi. 10.29 Et
répondant, Jésus dit : Amen, je vous le dis : Il n'y a personne qui ait
laissé maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou
enfants, ou champs, à cause de moi et de la bonne nouvelle, 10.30 qui
ne reçoive maintenant, en ce temps-ci, cent fois autant, des maisons,
et des frères, et des sœurs, et des mères, et des enfants, et des
champs, avec des persécutions, et dans le siècle à venir, une vie
éternelle. 10.31 Mais
beaucoup des premiers seront les derniers, et les derniers, les
premiers. 10.32 Or
ils étaient en chemin, montant à Jérusalem, et Jésus marchait devant
eux. Et ils étaient frappés d'étonnement et, en le suivant, ils avaient
peur. Et Jésus ayant de nouveau pris à lui les Douze, commença de leur
dire les choses qui lui devaient arriver : 10.33 Voici
que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux
principaux sacrificateurs et aux scribes, et ils le condamneront à mort
et ils le livreront aux nations : 10.34 et
ils se moqueront de lui, et ils le flagelleront, et ils cracheront
contre lui et ils le tueront ; et, le troisième jour, il se relèvera. 10.35 Et
Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s'approchent de lui en disant :
Docteur, nous voudrions que ce que nous demanderons, tu le fisses pour
nous. 10.36 Et il
leur dit : Que voulez-vous que je fasse pour vous ? 10.37 Et
ils lui dirent : Accorde-nous que nous soyons assis, l'un à ta droite
et l'autre à ta gauche, dans ta gloire. —” 10.38 Mais
Jésus leur dit : Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire
la coupe que je bois, et être baptisés du baptême dont je suis baptisé ? 10.39 Et
ils lui dirent : Nous le pouvons. Et Jésus leur dit : En effet, vous
boirez la coupe que je bois, et vous serez baptisés du baptême dont je
suis baptisé ; 10.40 mais
d'être assis à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient de le
donner qu'à ceux auxquels cela a été préparé. 10.41 Et
les dix entendant cela, se mirent à s'indigner au sujet de Jacques et
de Jean. 10.42 Mais
les appelant à lui, Jésus leur dit : Vous savez que ceux qui pensent
gouverner les nations, les dominent ; et que leurs grands usent
d'autorité sur elles. 10.43 Il
n'en sera pas ainsi parmi vous ; au contraire, quiconque veut être
grand parmi vous, sera votre serviteur ; 10.44 et
quiconque d'entre vous veut être le premier, sera l'esclave de tous ; 10.45 car
aussi le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour
servir, et pour donner sa vie en rançon à la place d'un grand nombre. 10.46 Puis
ils arrivent à Jéricho. Et comme il parlait de Jéricho avec ses
disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée
l'aveugle, était assis au bord du chemin, mendiant. 10.47 Et
apprenant que c'était Jésus le Nazaréen, il se mit à crier et à dire :
Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! 10.48 Et
beaucoup le réprimandaient afin qu'il se tût ; mais lui criait beaucoup
plus fort : Fils de David, aie pitié de moi ! 10.49 Et
Jésus s'arrêtant, dit qu'on l'appelât ; et ils appelèrent l'aveugle en
lui disant : Aie bon courage, lève-toi, il t'appelle ! 10.50 Et
jetant son manteau, il se leva et alla vers Jésus. 10.51 Et
Jésus prenant la parole, lui dit : Que veux-tu que je fasse pour toi ?
Et l'aveugle lui dit : Rabboni (Docteur), que je recouvre la vue ! 10.52 (10.52a)
Et Jésus lui dit : Va, la foi t'a sauvé. 10.53 (10.52b)
Et aussitôt il recouvra la vue, et il suivait Jésus dans le chemin. ▲11.1 Et comme ils approchent de
Jérusalem, de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des Oliviers,
il envoie deux de ses disciples, 11.2 et
leur dit : Allez à la bourgade qui est vis-à-vis de vous ; et aussitôt
que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel
jamais homme ne s'est assis ; détachez-le, et l'amenez ; 11.3 et si
quelqu'un vous dit : Pourquoi faites-vous cela ? dites que le Seigneur
en a besoin ; et aussitôt il l'enverra ici. 11.4 Ils
s'en allèrent donc, et trouvèrent l'ânon attaché dehors près de la
porte, au carrefour, et ils le détachèrent. 11.5 Et
quelques-uns de ceux qui se tenaient là leur dirent : Que faites-vous
en détachant cet ânon ? 11.6 Et ils
leur dirent ce que Jésus avait commandé, et on les laissa faire. 11.7 Ils
menèrent donc l'ânon à Jésus, et jetèrent leurs vêtements dessus, et il
s'y assit. 11.8 Or
beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin ; et d'autres
coupaient des rameaux des arbres et les étendaient sur le chemin ; 11.9 et
ceux qui précédaient et ceux qui suivaient, criaient en disant : «
Hosanna (sauve je te prie) ! béni soit celui qui vient au nom du
Seigneur ! » 11.10 Béni
soit le royaume qui vient au nom du Seigneur, [le royaume] de David
notre père ! Hosanna dans les lieux très-hauts ! 11.11 Et
Jésus entra dans Jérusalem et dans le lieu sacré ; et quand il eut
promené ses regards sur toutes choses, comme on était déjà sur le soir,
il s'en alla à Béthanie avec les Douze. 11.12 Et le
lendemain, comme ils sortaient de Béthanie, il eut faim. 11.13 Et
voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla [voir] s'il y
trouverait quelque chose ; et s'en étant approché, il ne trouva que des
feuilles ; car ce n'était pas la saison des figues. 11.14 Et
Jésus prenant la parole, lui dit : Que jamais personne ne mange plus
aucun fruit de toi ! Et ses disciples l'entendaient. 11.15 Et
ils arrivèrent à Jérusalem ; et Jésus étant entré dans le lieu sacré,
se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le lieu
sacré, et il renversa les tables des changeurs et les sièges de ceux
qui vendaient les colombes ; 11.16 et il
ne permettait pas que personne portât aucun meuble par le lieu sacré. 11.17 Et il
enseignait en leur disant : N'est-il pas écrit : « Ma maison sera
appelée maison de prière pour toutes les nations » ? mais vous, vous en
avez fait une caverne de brigands ! 11.18 Et
les scribes et les principaux sacrificateurs l'entendirent, et ils
cherchaient comment ils le perdraient ; car ils le craignaient, parce
que toute la foule était frappée de son enseignement. 11.19 Et
quand le soir était venu, il sortait de la ville. 11.20 Et le
matin, comme ils passaient, ils virent le figuier devenu sec dès les
racines. 11.21 Et
Pierre se ressouvenant, lui dit : Rabbi, voici le figuier que tu as
maudit ; il a séché ! 11.22 Et
Jésus répondant leur dit : Ayez foi à Dieu ; 11.23 car,
amen, je vous dis que quiconque dira à cette montagne : Sois enlevée et
jetée dans la mer ; et qui n'hésitera point dans son cœur, mais croira
que ce qu'il dit se fait, tout ce qu'il aura dit lui arrivera. 11.24 C'est
pourquoi, je vous le dis, tout ce que vous demandez en priant, croyez
que vous le recevez, et cela vous arrivera. 11.25 Et
quand vous vous présentez faisant votre prière, pardonnez, si vous avez
quelque chose contre quelqu'un ; afin que votre Père qui est dans les
cieux vous pardonne, lui aussi, vos offenses. 11.26 Que
si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous
pardonnera pas non plus vos offenses. 11.27 Et
ils vont de nouveau à Jérusalem ; et comme il se promenait dans le lieu
sacré, les principaux sacrificateurs et les scribes et les anciens
s'approchent de lui 11.28 et
lui disent : Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t'a donné
cette autorité pour que tu les fasses ? 11.29 Et
Jésus répondant, leur dit : Je vous ferai, moi aussi, une question, et
répondez-moi ; et je vous dirai par quelle autorité je fais ces choses. 11.30 Le
baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? répondez-moi. 11.31 Et
ils raisonnaient entre eux en disant : Si nous disons, du ciel ; il
dira : Pourquoi donc ne l'avez-vous pas cru ? 11.32 mais
si nous disons, des hommes... ils craignaient le peuple, car tous
tenaient Jean pour avoir été réellement prophète. 11.33 Et
répondant, ils dirent à Jésus : Nous ne savons. Et Jésus répondant leur
dit : Ni moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais
ces choses. ▲12.1 Puis il se mit à leur dire
en paraboles : Un homme planta une vigne, et l'environna d'une haie, et
creusa un pressoir, et bâtit une tour ; puis il l'afferma à des
cultivateurs et s'expatria. 12.2 Et
dans la saison, il envoya un esclave vers les cultivateurs, afin de
recevoir d'eux du fruit de la vigne ; 12.3 mais
eux l'ayant saisi, le déchirèrent de verges et le renvoyèrent à vide. 12.4 Et il
envoya de nouveau vers eux un autre esclave ; et lui jetant des
pierres, ils lui meurtrirent la tête et le renvoyèrent couvert
d'opprobres. 12.5 Et il
en envoya de nouveau un autre qu'ils tuèrent ; et beaucoup d'autres,
dont ils déchirèrent de verges les uns, et tuèrent les autres. 12.6 Ayant
donc encore un fils unique, son bien-aimé, il l'envoya, lui aussi, vers
eux, le dernier, en disant : Ils respecteront mon fils. 12.7 Mais
ces cultivateurs dirent entre eux : Celui-ci est l'héritier, venez,
tuons-le, et à nous sera l'héritage. 12.8 Et
l'ayant saisi, ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne. 12.9 Que
fera donc le maître de la vigne ? il viendra, et il fera périr les
cultivateurs, et il donnera la vigne à d'autres. 12.10
N'avez-vous pas lu cette écriture : « La pierre qu'ont réprouvée ceux
qui édifient, celle-là est devenue la tête de l'angle ; 12.11 c'est
de par le Seigneur qu'elle l'est devenue, et elle est admirable devant
nos yeux. » 12.12 Et
ils cherchaient à le saisir, mais ils craignirent la foule ; car ils
comprirent que c'était pour eux qu'il avait dit cette parabole ; et le
laissant, ils s'en allèrent. 12.13 Et
ils envoient vers lui, pour le surprendre dans une parole, quelques-uns
des pharisiens et des hérodiens, qui, étant venus, 12.14 lui
dirent : Docteur, nous savons que tu es vrai, et que tu ne te mets en
peine de rien ; car tu ne regardes pas à la figure des hommes, mais
c'est selon la vérité que tu enseignes le chemin de Dieu : est-il
permis de payer tribut à César, ou non ? paierons-nous ou ne
paierons-nous pas ? 12.15 Mais
lui, connaissant leur hypocrisie, leur dit : Pourquoi me tentez-vous ?
apportez-moi un denier, que je le voie. 12.16 Ils
en apportèrent ; et il leur dit : De qui est cette image et cette
inscription ? 12.17 Ils
lui dirent : De César. Et répondant, Jésus leur dit : Rendez à César ce
qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Et ils furent remplis
d'admiration pour lui. 12.18 Et
viennent à lui des sadducéens, lesquels disent qu'il n'y a point de
relèvement ; et ils l'interrogèrent en disant : 12.19
Docteur, Moïse a écrit pour nous que si le frère de quelqu'un est mort,
et qu'il ait laissé une femme et qu'il n'ait point laissé d'enfants,
son frère doit prendre sa femme et susciter postérité à son frère. 12.20 Il y
avait donc sept frères, et le premier prit une femme ; et lorsqu'il
mourut, il ne laissa point de postérité ; 12.21 et le
second la prit, et mourut, et il ne laissa point non plus de postérité
; et le troisième de même ; 12.22 et
les sept la prirent, et ne laissèrent point de postérité. Après eux
tous, la femme mourut aussi : 12.23
duquel d'entre eux, au relèvement, quand ils se seront relevés,
sera-t-elle donc, femme ; car les sept l'ont eue pour femme ? —” 12.24 Alors
Jésus répondant, leur dit : N'est-ce pas à cause de ceci que vous vous
égarez, c'est que vous ne connaissez pas les Écritures ni la puissance
de Dieu ? 12.25 Car
lorsqu'on s'est relevé d'entre les morts, on ne prend ni ne donne des
femmes en mariage, mais on est comme les anges qui sont dans les cieux. 12.26 Et
quant aux morts et à ce qu'ils se réveillent, n'avez-vous pas lu dans
le livre de Moïse, au buisson, quand Dieu lui parla, en disant : « Je
suis le Dieu d'Abraham, et le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob ? » 12.27 Il
n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. Vous donc, vous
vous égarez grandement. 12.28 Et un
des scribes qui les avait entendus disputer ensemble, voyant qu'il leur
avait bien répondu, s'approcha et lui demanda : Quel est le premier de
tous les commandements ? 12.29 Jésus
lui répondit : Voici le premier de tous les commandements : « Écoute
Israël, le Seigneur notre Dieu est un seul Seigneur » ; 12.30 et :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, et de toute ton
âme, et de toute ta pensée, et de toute ta force. » Voilà le premier
commandement ; 12.31 et le
second, semblable, le voici : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
» Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là. 12.32 Et le
scribe lui dit : Docteur, tu as bien dit selon la vérité, qu'il y a un
seul Dieu, et qu'il n'y en a point d'autre que lui ; 12.33 et
que l'aimer de tout son cœur, et de toute son intelligence, et de toute
son âme, et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même,
c'est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices. 12.34 Et
Jésus voyant qu'il avait répondu avec intelligence, lui dit : Tu n'es
pas loin du royaume de Dieu. —” Et personne n'osait plus l'interroger. 12.35 Et
Jésus, enseignant dans le lieu sacré, prit la parole et dit : Comment
les scribes disent-ils que le Christ est fils de David ; 12.36 car
David lui-même a dit par le Saint-Esprit : « Le Seigneur a dit à mon
Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes
ennemis pour marchepied de tes pieds ? » 12.37 David
donc lui-même l'appelle « Seigneur » ; et comment est-il son fils ? Et
la foule, qui était grande, l'écoutait volontiers. 12.38 Et il
leur disait dans son enseignement : Gardez-vous des scribes, qui
tiennent à se promener en robes longues, et [qui affectionnent] les
salutations dans les places publiques, 12.39 et
les premiers sièges dans les congrégations, et les premières places
dans les festins 12.40 qui
dévorent les maisons des veuves, et, pour prétexte, font de longues
prières. Ils subiront un jugement plus rigoureux. 12.41 Et
Jésus, s'étant assis vis-à-vis du trésor, observait comment la foule
jetait de la monnaie dans le trésor. Or bien des riches jetaient
beaucoup ; 12.42 et
une veuve pauvre étant venue, jeta deux pites, c'est-à-dire un quart de
sou. 12.43 Et
ayant appelé à lui ses disciples, il leur dit : Amen, je vous dis que
cette veuve qui est pauvre, a plus jeté dans le trésor que tous ceux
qui y ont jeté ; 12.44 car
tous ont jeté de leur superflu, mais celle-ci a jeté, de son indigence,
tout ce qu'elle avait, toute sa subsistance. ▲13.1 Et comme il sortait du lieu
sacré, un de ses disciples lui dit : 13.2
Docteur, vois quelles pierres et quels édifices ! Et Jésus répondant
lui dit : Tu regardes ces grands édifices ! il ne sera laissé pierre
sur pierre qui ne soit démolie. 13.3 Et
comme il était assis sur la montagne des Oliviers, vis-à-vis du lieu
sacré, Pierre et Jacques et Jean et André lui demandèrent en
particulier : 13.4
Dis-nous quand auront lieu ces choses, et quel signe [se fera], lorsque
toutes ces choses devront s'accomplir. 13.5 Et
leur répondant, Jésus se mit à dire : Prenez garde que personne ne vous
égare ; 13.6 car il
en viendra beaucoup en mon nom, disant : C'est moi qui suis [le Christ]
; et ils égareront beaucoup de gens. 13.7 Et
quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne
soyez pas troublés, car il faut que cela arrive, mais ce n'est pas
encore la fin. 13.8 Car
nation se lèvera contre nation et royaume contre royaume, et il y aura
des tremblements de terre en divers lieux, et il y aura des famines et
des troubles. Ce sont les commencements des douleurs de l'enfantement. 13.9 Mais
vous, prenez garde à vous-mêmes ; car ils vous livreront aux conseils
et aux congrégations ; vous serez déchirés de verges, et vous
comparaîtrez devant les gouverneurs et devant les rois, à cause de moi,
pour leur être en témoignage. 13.10 Et il
faut premièrement que la bonne nouvelle soit prêchée chez toutes les
nations. 13.11 Mais
quand ils vous mèneront pour vous livrer, ne vous inquiétez pas
d'avance de ce que vous direz et ne le méditez point ; mais tout ce qui
vous sera donné à cette heure-là, dites-le : car ce n'est pas vous qui
parlez, mais le Saint-Esprit. 13.12 Alors
le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; et les
enfants s'élèveront contre leurs parents, et les feront mourir ; 13.13 et
vous serez haïs de tous à cause de mon nom ; mais qui aura persévéré
jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé. 13.14 Or
quand vous verrez établie où elle ne doit pas être, l'abomination de la
désolation déclarée par le prophète Daniel (que celui qui lit
comprenne) ; alors, que ceux qui sont dans la Judée s'enfuient aux
montagnes ; 13.15 et
que celui qui est sur le haut du bâtiment, ne descende pas dans la
maison, et n'y entre pas pour emporter quelque chose de sa maison ; 13.16 et
que celui qui est au champ, ne retourne pas en arrière pour emporter
son vêtement. 13.17
Malheur aux femmes enceintes et à celles qui allaiteront en ces
jours-là ! 13.18 Mais
priez que votre fuite n'arrive pas en hiver ; 13.19 car
ces jours-là seront une tribulation telle que depuis le commencement de
la création que Dieu a créée jusqu'à maintenant, il n'y en a point eu
et il n'y en aura point de semblable. 13.20 Et si
le Seigneur n'avait abrégé ces jours-là, aucune chair n'eût été sauvée
; mais à cause des élus qu'il a élus, il a abrégé les jours. 13.21 Et
alors, si quelqu'un vous dit : Voici que le Christ est ici, ou : Voici
qu'il est là, ne le croyez pas ; 13.22 car
il se lèvera de faux christs et de faux-prophètes qui présenteront des
signes et des miracles, pour égarer, s'il était possible, même les élus. 13.23 Pour
vous, prenez-y garde ; voilà que je vous ai tout prédit. 13.24 Mais
en ces jours-là, après cette tribulation, le soleil sera obscurci, et
la lune ne donnera pas sa clarté ; 13.25 et
les étoiles du ciel tomberont ; et les puissances qui sont dans les
cieux seront ébranlées. 13.26 Et
alors on verra le Fils de l'homme venant dans les nuées, avec grande
puissance et avec gloire ; 13.27 et
alors il enverra ses anges, et il rassemblera ses élus, des quatre
vents, depuis le bout de la terre jusqu'au bout du ciel. 13.28 Or
apprenez du figuier cette parabole : Dès que ses rameaux sont devenus
tendres et que ses feuilles poussent, vous connaissez que l'été est
proche. 13.29 De
même vous aussi, quand vous verrez arriver ces choses, connaissez qu'il
est proche, aux portes. 13.30 Amen,
je vous dis que cette génération ne passera pas que toutes ces choses
n'arrivent. 13.31 Le
ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. 13.32 Or
quant à ce jour-là et à l'heure, nul ne le sait, ni les anges qui sont
dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. 13.33
Prenez garde, veillez et priez ; car vous ne savez quand [en] est le
temps. 13.34 Comme
un homme qui, s'expatriant, laisserait sa maison, et donnerait à ses
esclaves l'autorité, et à chacun son œuvre, et commanderait au portier
de veiller, 13.35
veillez donc, car vous ne savez quand vient le maître de la maison : au
soir, ou à minuit, ou au chant du coq, ou le matin ; 13.36 de
peur qu'arrivant tout à coup, il ne vous trouve endormis. 13.37 Or
les choses que je vous dis, je les dis à tous : Veillez. ▲14.1 Or la Pâque et les pains
sans levain étaient deux jours après, et les principaux sacrificateurs
et les scribes cherchaient comment, après l'avoir saisi par ruse, ils
le feraient mourir ; 14.2 mais
ils disaient : Non pas pendant la fête, de peur qu'il n'y ait un
tumulte du peuple ! 14.3 Et
pendant qu'il était à Béthanie, dans la maison de Simon, le lépreux, et
qu'il était à table, vint une femme qui avait un vase d'albâtre [plein]
d'un parfum de nard pur et de grand prix ; et ayant rompu le vase
d'albâtre, elle le répandit sur sa tête. 14.4 Or il
y en avait quelques-uns qui s'indignaient entre eux et disaient : 14.5 À quoi
sert la perte du parfum ; car il pouvait être vendu plus de trois cent
deniers, et donné aux pauvres ? Et ils lui parlaient avec menaces. 14.6 Mais
Jésus dit : Laissez-la ; pourquoi lui faites-vous de la peine ? c'est
une bonne œuvre qu'elle a faite envers moi ; 14.7 car
vous avez toujours les pauvres avec vous, et quand vous voulez, vous
pouvez leur faire du bien ; mais moi, vous ne m'avez pas toujours. 14.8 Elle a
fait ce qui était en son pouvoir ; elle a voulu d'avance embaumer mon
corps pour ma sépulture. 14.9 Amen,
je vous le dis : En quelque lieu du monde entier que cette bonne
nouvelle soit prêchée, on parlera aussi de ce qu'elle a fait, en
souvenir d'elle. 14.10 Et
Judas l'Iscariote, l'un des Douze, s'en était allé vers les principaux
sacrificateurs pour le leur livrer. 14.11 Et
l'ayant entendu, ils se réjouirent et ils promirent de lui donner de
l'argent ; et il cherchait une occasion favorable pour le livrer. 14.12 Et le
premier jour des pains sans levain, où l'on immolait la Pâque, ses
disciples lui dirent : Où veux-tu que nous allions apprêter [ce qu'il
faut] pour que tu manges la Pâque ? 14.13 Et il
envoya deux de ses disciples, et leur dit : Allez-vous en à la ville ;
et un homme portant une cruche d'eau viendra au-devant de vous ;
suivez-le ; 14.14 et en
quelque lieu qu'il entre, dites au maître de la maison : Le Docteur dit
: Où est le logis où je mangerai la Pâque avec mes disciples ? 14.15 Et
lui-même vous montrera une grande chambre haute, meublée et toute prête
; c'est là que vous nous ferez les apprêts. 14.16 Ses
disciples partirent et allèrent à la ville, et ils trouvèrent les
choses comme il leur avait dit, et ils apprêtèrent la Pâque. 14.17 Et
quand le soir vint, il s'y rendit avec les Douze. 14.18 Et
comme ils étaient à table et qu'ils mangeaient, Jésus dit : Amen, je
vous dis que l'un de vous me livrera ; celui qui mange avec moi. 14.19 Alors
ils se mirent à s'attrister et à lui dire l'un après l'autre : Est-ce
moi ? et un autre : Est-ce moi ? 14.20 Et
répondant, il leur dit : C'est l'un des Douze, celui qui trempe avec
moi dans le plat. 14.21 Quant
au Fils de l'homme, il s'en va, selon qu'il est écrit de lui ; mais
malheur à cet homme par le moyen de qui le Fils de l'homme est livré !
il eût été bon, à cet homme-là, de n'être pas né. 14.22 Et
pendant qu'ils mangeaient, Jésus prenant un pain [et] ayant prononcé
une bénédiction, le rompit et le leur donna, et dit : Prenez, mangez,
ceci est mon corps. 14.23 Puis,
prenant la coupe [et] ayant rendu grâces, il la leur donna et ils en
burent tous. 14.24 Et il
leur dit : Ceci est mon sang, celui de la nouvelle alliance qui est
versé pour un grand nombre. 14.25 Amen,
je vous dis que je ne boirai plus jamais du produit de la vigne jusqu'à
ce jour-là, quand je le boirai nouveau dans le royaume de Dieu. 14.26 Et
quand ils eurent chanté un hymne ils sortirent pour aller à la montagne
des Oliviers. 14.27 Et
Jésus leur dit : Vous vous scandaliserez tous de moi cette nuit, parce
qu'il est écrit : « Je frapperai le berger, et les brebis seront
dispersées. » 14.28 Mais
après que je serai réveillé, je vous précéderai en Galilée. 14.29 Alors
Pierre lui dit : Quand même tous se scandaliseraient, non pas moi. 14.30 Et
Jésus lui dit : Amen, je te dis qu'aujourd'hui, en cette nuit même,
avant que le coq ait chanté deux fois, tu me renieras trois fois. 14.31 Mais
il répétait encore plus fortement : Quand il me faudrait mourir avec
toi, je ne te renierai pas. —” Et tous aussi disaient pareillement. 14.32 Et
ils se rendent dans un lieu nommé Gethsémané (pressoir à huile), et il
dit à ses disciples : Asseyez-vous ici, jusqu'à ce que j'aie prié. 14.33 Et il
prend avec lui Pierre et Jacques et Jean, et il commença d'être saisi
de stupeur et d'une grande angoisse ; 14.34 et il
leur dit : Mon âme est profondément triste jusqu'à la mort ; demeurez
ici et veillez ! 14.35 Et
étant allé un peu plus avant, il tomba en terre, et il priait que, s'il
était possible, cette heure passât loin de lui ; 14.36 et il
disait : Abba ! Père ! toutes choses te sont possibles ; transporte
cette coupe loin de moi !... toutefois, non point ce que je veux, mais
ce que tu veux ! 14.37 Et il
vient et les trouve endormis, et il dit à Pierre : Simon, tu dors ! tu
n'as pu veiller une seule heure ! 14.38
Veillez et priez, afin que vous n'entriez pas en tentation ; à la
vérité, l'esprit est de prompte volonté, mais la chair est faible. 14.39 Et
s'étant éloigné de nouveau, il pria, en disant les mêmes paroles. 14.40 Puis
étant revenu, il les trouva de nouveau endormis ; car leurs yeux
étaient appesantis, et ils ne savaient que lui répondre. 14.41 Et il
vient pour la troisième fois, et leur dit : Dormez désormais, et vous
reposez ! il suffit ! l'heure est venue ! voici que le Fils de l'homme
est livré entre les mains des pécheurs ! 14.42
Levez-vous, allons ; voici qu'il approche, celui qui me livre ! 14.43 Et
aussitôt, comme il parlait encore, arrive Judas, l'un des Douze, et
avec lui une grande foule, armée d'épées et de bâtons, de la part des
principaux sacrificateurs et des scribes et des anciens. 14.44 Or
celui qui le livrait leur avait donné un signal, en disant : Celui que
je baiserai, c'est lui, saisissez-le, et l'emmenez sûrement. 14.45 Et
quand il fut arrivé, s'approchant aussitôt de lui, il dit : Rabbi,
Rabbi ! et il le baisa. 14.46 Alors
ils jetèrent les mains sur lui et le saisirent. 14.47 Et
l'un de ceux qui étaient présents tirant son épée, frappa l'esclave du
souverain sacrificateur et lui emporta l'oreille. 14.48 Alors
Jésus prenant la parole, leur dit : C'est comme après un brigand que
vous êtes sortis avec des épées et des bâtons, pour me prendre ! 14.49
Chaque jour j'étais près de vous, enseignant dans le lieu sacré, et
vous ne m'avez pas saisi ! Mais c'est afin que les Écritures fussent
accomplies. 14.50 Et
tous [les disciples] l'ayant laissé, s'enfuirent. 14.51 Et un
certain jeune homme le suivait, enveloppé d'une toile de lin sur son
corps nu ; et les jeunes gens le saisirent ; 14.52 mais
lui, abandonnant la toile de lin, leur échappa nu. 14.53 Et
ils emmenèrent Jésus chez le souverain sacrificateur, et tous les
principaux sacrificateurs et les anciens et les scribes s'assemblent
avec lui. 14.54 Et
Pierre l'avait suivi de loin, jusque dans l'intérieur, dans la cour du
souverain sacrificateur, et il était assis avec les huissiers, et se
chauffait près de la lumière. 14.55
Cependant, les principaux sacrificateurs et tout le conseil cherchaient
un témoignage contre Jésus pour le faire mourir, et ils n'en trouvaient
point ; 14.56 car
il y en avait beaucoup qui disaient de faux témoignages contre lui, et
les témoignages n'étaient point concordants. 14.57 Alors
quelques-uns se levant, portaient un faux témoignage contre lui en
disant : 14.58 Nous
lui avons entendu dire : Je détruirai ce temple fait par des mains, et,
après trois jours, j'en édifierai un autre qui ne sera pas fait par des
mains. 14.59 Et
même de cette manière leur témoignage n'était point concordant. 14.60 Et le
souverain sacrificateur se levant au milieu d'eux, interrogea Jésus, en
disant : Ne réponds-tu rien ? qu'est-ce que ceux-ci témoignent contre
toi ? 14.61 Mais
il gardait le silence et il ne répondit rien. Le souverain
sacrificateur l'interrogea de nouveau, et lui dit : 14.62 Es-tu
le Christ, le Fils du [Dieu] béni ? —” Et Jésus dit : Je le suis ! et
vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la Puissance, et
venant avec les nuées du ciel ! 14.63 Alors
le souverain sacrificateur déchirant ses tuniques, dit : Qu'avons-nous
encore besoin de témoins ? 14.64 vous
avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? —” Et tous le
condamnèrent comme ayant mérité la mort. 14.65 Et
quelques-uns se mirent à cracher contre lui et à lui couvrir le visage,
et à lui donner des soufflets et à lui dire : Prophétise ! —” Et les
huissiers le frappaient avec des bâtons. 14.66
Cependant, comme Pierre était en bas dans la cour, arrive une des
servantes du souverain sacrificateur ; 14.67 et
ayant vu Pierre qui se chauffait, et le regardant, elle dit : Toi
aussi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. —” 14.68 Mais
il renia, en disant : Je ne sais ni ne comprends ce que tu dis ! Puis
il s'en alla dehors au vestibule ; et un coq chanta. 14.69 Et la
servante le voyant de nouveau, se mit à dire à ceux qui étaient
présents : Celui-ci est de ces gens-là. —” 14.70 Mais
il renia encore. Et peu après, ceux qui étaient présents dirent de
nouveau à Pierre : Véritablement tu es de ces gens-là ; car tu es aussi
galiléen, et ton parler ressemble au leur. —” 14.71 Alors
il se mit à faire des imprécations et à jurer : Je ne connais pas cet
homme dont vous parlez ! 14.72 Et
pour la seconde fois un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la
parole que Jésus lui avait dite : Avant que le coq ait chanté deux
fois, tu me renieras trois fois. Et s'étant jeté dehors, il pleurait. ▲15.1 Et aussitôt, sur le matin,
les principaux sacrificateurs avec les anciens et les scribes et tout
le conseil consultèrent ensemble. Ayant lié Jésus, ils l'emmenèrent et
le livrèrent à Pilate. 15.2 Et
Pilate lui demanda : Tu es le roi des Juifs ? —”Et répondant, il lui
dit : Tu le dis. —” 15.3 Et les
principaux sacrificateurs l'accusaient de beaucoup de choses. 15.4 Et
Pilate l'interrogea de nouveau, en disant : Ne réponds-tu rien ? vois
combien de choses ils témoignent contre toi ! —” 15.5 Mais
Jésus ne répondit plus rien ; de sorte que Pilate était dans
l'étonnement. 15.6 Or, à
la fête, il leur relâchait un prisonnier, lequel que ce fût qu'ils
demandassent. 15.7 Et il
y avait un nommé Barabbas qui était dans les chaînes avec ses complices
de sédition, lesquels avaient commis un meurtre dans la sédition. 15.8 Et la
foule poussant des cris, se mit à demander ce qu'il leur avait toujours
fait. 15.9 Et
Pilate leur répondit en disant : Voulez-vous que je vous relâche le roi
des Juifs ? 15.10 Car
il savait bien que c'était par envie que les principaux sacrificateurs
l'avaient livré. —” 15.11 Mais
les principaux sacrificateurs agitèrent la foule, afin qu'il leur
relâchât plutôt Barabbas. 15.12 Et
Pilate prenant la parole, leur dit encore : Que voulez-vous donc que je
fasse de celui que vous appelez roi des Juifs ? —” 15.13 Mais
eux crièrent de nouveau : Crucifie-le ! —” 15.14 Et
Pilate leur dit : Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils crièrent encore
plus fort : Crucifie-le ! —” 15.15 Et
Pilate voulant satisfaire la foule, leur relâcha Barabbas, et, après
avoir fait battre Jésus à coups de fouets, il le livra pour qu'il fût
crucifié. 15.16 Alors
les soldats l'emmenèrent dans l'intérieur du palais, qui est le
prétoire, et ils assemblent toute la cohorte. 15.17 Et
ils le revêtent de pourpre et le ceignent d'une couronne d'épines
qu'ils avaient tressée ; et ils se mirent à le saluer : 15.18 Joie
te soit, roi des Juifs ! 15.19 Et
ils lui frappaient la tête avec un roseau et ils crachaient contre lui
; et, fléchissant les genoux, ils l'adoraient. 15.20 Et,
après qu'ils se furent moqués de lui, ils le dépouillèrent de la
pourpre et le revêtirent de ses propres vêtements ; puis ils l'emmènent
pour le crucifier, 15.21 et
ils contraignent un passant, Simon de Cyrène, qui venait des champs, le
père d'Alexandre et de Rufus, de porter sa croix ; 15.22 et
ils le conduisent au lieu [dit] Golgotha, ce qui se traduit, le lieu du
Crâne. 15.23 Et
ils lui donnaient à boire du vin mixtionné de myrrhe ; mais il n'en
prit pas. 15.24 Et
après l'avoir crucifié, ils partageaient ses vêtements en jetant le
sort dessus, à qui en emporterait quelque chose. 15.25 Or
c'était la troisième heure. Et ils le crucifièrent ; 15.26 et
l'écriteau de son accusation portait ces mots : LE ROI DES JUIFS. 15.27 Et
ils crucifient avec lui deux brigands, l'un à sa droite, et l'autre à
sa gauche. 15.28 Ainsi
fut accomplie l'Écriture, qui dit : « Et il a été compté parmi les
hommes iniques. » 15.29 Et
les passants l'injuriaient, hochant la tête et disant : Hé ! toi, qui
détruis le temple et qui en trois jours l'édifies, 15.30
sauve-toi toi-même et descends de la croix ! 15.31
Pareillement aussi les principaux sacrificateurs, se moquant entre eux
avec les scribes, disaient : Il a sauvé les autres, il ne peut se
sauver lui-même ! 15.32 Que
le Christ, le roi d'Israël descende maintenant de la croix, afin que
nous voyions et que nous croyions ! —” Et ceux qui étaient crucifiés
avec lui, l'outrageaient. 15.33 Or
quand la sixième heure fut venue, il y eut des ténèbres sur toute la
terre, jusqu'à la neuvième heure. 15.34 Et à
la neuvième heure, Jésus cria d'une grande voix en disant : Eloï, Eloï,
lama sabachthani ? ce qui se traduit : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi
m'as-tu abandonné ? 15.35 Et
quelques-uns de ceux qui étaient présents l'ayant entendu, disaient :
Voici qu'il appelle Élie. 15.36 Et
l'un d'eux courut, et remplit de vinaigre une éponge, et l'ayant fixée
à un roseau, il lui donnait à boire, en disant : Laissez ; voyons si
Élie vient le descendre. 15.37 Mais
Jésus ayant poussé un grand cri, expira. 15.38 Et le
voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'au bas. 15.39 Et le
centurion qui se tenait vis-à-vis de lui, ayant vu qu'il avait expiré
en criant ainsi, dit : Véritablement, cet homme était fils de Dieu. 15.40 Or il
y avait aussi des femmes regardant de loin ; entre lesquelles étaient
Marie de Magdala, et Marie mère de Jacques le petit et de Joses, et
Salomé, 15.41
lesquelles aussi, lorsqu'il était en Galilée, le suivaient et le
servaient, et beaucoup d'autres qui étaient montées avec lui à
Jérusalem. 15.42 Et le
soir étant déjà venu, comme c'était la préparation, c'est-à-dire,
l'avant-sabbat, 15.43 il
vint un conseiller de distinction, Joseph d'Arimathée, qui lui-même
était aussi dans l'attente du royaume de Dieu. S'étant enhardi, il
entra chez Pilate et demanda le corps de Jésus. 15.44 Et
Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort ; et ayant fait venir le centurion,
il lui demanda s'il y avait longtemps qu'il était mort. 15.45 Et
quand il l'eut appris du centurion, il donna le corps à Joseph. 15.46 Et
[Joseph] ayant acheté une toile de lin, le descendit, l'enveloppa de la
toile de lin et le déposa dans un sépulcre qui avait été taillé dans le
roc ; et il roula une pierre contre la porte du sépulcre. 15.47 Or
Marie de Magdala et Marie [mère] de Joses regardaient où on le mettait. ▲16.1 Et quand le sabbat fut
passé, Marie de Magdala, et Marie la [mère] de Jacques, et Salomé
achetèrent des aromates, pour aller l'oindre. 16.2 Et de
grand matin, le premier jour de la semaine elles vont au sépulcre,
comme le soleil s'était levé. 16.3 Et
elles disaient entre elles : Qui nous roulera la pierre de devant la
porte du sépulcre ? 16.4 Et
levant les yeux, elles voient que la pierre a été roulée, car elle
était fort grande. 16.5 Et
quand elles furent entrées dans le sépulcre, elles virent un jeune
homme assis à droite, vêtu d'une longue robe blanche ; et elles furent
saisies de stupeur. 16.6 Mais
il leur dit : Ne soyez point dans la stupeur ; vous cherchez Jésus le
Nazarénien qui a été crucifié ; il s'est réveillé, il n'est pas ici ;
voici le lieu où on l'avait placé ; 16.7 mais
allez, dites à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée
; c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. 16.8 Et
étant sorties promptement, elles s'enfuirent du sépulcre. Or le
tremblement et le trouble les avaient saisies ; et elles ne dirent rien
à personne, car elles avaient peur. 16.9 Or
s'étant relevé le premier jour de la semaine au matin, il apparut
premièrement à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept
démons. 16.10
Celle-ci s'en étant allée, porta la nouvelle à ceux qui avaient été
avec lui, lesquels étaient dans le deuil et pleuraient ; 16.11 mais
eux, entendant qu'il était vivant et qu'il avait été vu par elle, ne
crurent pas. 16.12 Or
après ces choses, il fut manifesté sous une autre forme à deux d'entre
eux, qui étaient en chemin pour aller aux champs. 16.13 Et
ceux-ci s'en étant retournés, portèrent la nouvelle aux autres ; mais
ils ne les crurent pas non plus. 16.14 Enfin
il fut manifesté aux Onze eux-mêmes, comme ils étaient à table ; et il
leur reprocha leur incrédulité et leur dureté de cœur, parce qu'ils
n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu réveillé. 16.15 Et il
leur dit : Allez dans tout le monde ; prêchez la bonne nouvelle à toute
la création : 16.16 celui
qui aura cru et qui aura été baptisé, sera sauvé ; mais celui qui
n'aura pas cru, sera condamné. 16.17 Et
voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom,
ils chasseront des démons ; ils parleront des langues nouvelles ; 16.18 ils
saisiront des serpents ; et quand ils auront bu quelque [breuvage]
mortel, il ne leur fera point de mal ; ils poseront les mains sur des
malades, et ils se porteront bien. 16.19 Et le
Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé dans le ciel ; et il
s'assit à la droite de Dieu. 16.20 Pour
eux, étant partis, ils prêchèrent partout, le Seigneur opérant avec
eux, et confirmant la parole par le moyen des signes qui
l'accompagnaient.