▲1.1 Comment est-elle assise
solitaire, la ville au grand peuple, [comment] celle qui était grande
entre les nations est-elle devenue comme veuve, et la princesse des
provinces est-elle devenue tributaire ? 1.2 Elle
pleure, elle pleure pendant la nuit, et les larmes couvrent ses joues ;
d'entre tous ses amants, personne qui la console ! Tous ses amis ont
agi perfidement contre elle, et sont pour elle des ennemis. 1.3 Juda a
émigré devant l'affliction et l'excès de l'esclavage. Il séjourne chez
les nations sans trouver un lieu de repos. Tous ceux qui le poursuivent
l'ont atteint dans les lieux resserrés. 1.4 Les
chemins de Sion sont en deuil, personne ne venant plus aux assignations
; toutes ses portes sont désolées ; ses sacrificateurs gémissent ; ses
vierges sont dans la douleur, elle est elle-même dans l'amertume. 1.5 Ses
adversaires ont le dessus, ses ennemis prospèrent, car l'Éternel la met
dans la douleur pour ses nombreuses rébellions. Ses jeunes enfants ont
marché captifs devant l'adversaire. 1.6 Et de
la fille de Sion est sorti tout son éclat : ses chefs sont comme des
cerfs qui ne trouvent pas de pâture, et qui s'en vont, privés de force,
devant celui qui les poursuit. 1.7 Aux
jours où elle est affligée et errante, Jérusalem se souvient de toutes
ses choses désirables, qu'elle possédait dès les jours d'autrefois.
[Maintenant] que son peuple est tombé aux mains de l'adversaire, et
qu'il n'y a personne qui l'aide, ses adversaires la voient et rient de
son anéantissement. 1.8 Elle a
péché, elle a péché, Jérusalem ; c'est pour cela qu'elle est devenue un
objet de dégoût. Tous ceux qui l'honoraient la méprisent, car ils ont
vu sa nudité ; elle-même, elle gémit et se retire en arrière. 1.9 Sa
souillure était aux pans de sa robe, [et] elle ne s'est pas souvenue de
sa fin ; et sa chute a été prodigieuse, et personne qui la console !...
Éternel, vois mon affliction, car l'ennemi triomphe. 1.10
L'adversaire a étendu la main sur ce qu'elle avait de plus désirable ;
car elle a vu entrer dans son sanctuaire les nations, touchant
lesquelles tu avais commandé qu'elles n'entrassent point dans ton
assemblée. 1.11 Son
peuple entier est dans les gémissements, cherchant du pain ; ils
donnent ce qu'ils ont de plus désirable contre de la nourriture pour
ranimer leur vie ! Vois, Éternel ! regarde combien je suis méprisée ! 1.12
N'êtes-vous pas [touchés] vous tous qui passez sur le chemin ?
Regardez, et voyez s'il y a une douleur comme la douleur qui m'est
départie, à moi que l'Éternel afflige au jour de l'ardeur de sa colère. 1.13 Du
lieu haut il a envoyé dans mes os un feu qui s'en est rendu maître. Il
a étendu pour mes pieds un filet ; il m'a fait retourner en arrière ;
Il m'a mise dans la désolation, dans une langueur de tous les jours. 1.14 Par sa
main est lié le joug de mes rébellions ; s'entrelaçant, elles pèsent
sur mon cou. Il fait défaillir ma force. Le Seigneur m'a livrée en des
mains d'où je ne puis me relever. 1.15 Le
Seigneur a déshonoré au milieu de moi tous mes hommes puissants ; il a
publié contre moi un temps déterminé pour briser mes jeunes hommes. Le
Seigneur a foulé le pressoir pour la vierge, fille de Juda. 1.16 C'est
pour ces choses que je pleure, que mon œil, mon œil se fond en eau ;
car il est loin de moi, le consolateur qui restaurerait mon âme Mes
fils sont désolés, car l'ennemi a prévalu. 1.17 Sion
tend les mains,... personne qui la console ! L'Éternel a donné
commandement, tout autour de Jacob, à ses adversaires ; Jérusalem est
devenue entre eux un objet de dégoût. 1.18
L'Éternel est juste, car je me suis révoltée contre sa parole. Peuples,
écoutez tous, et voyez ma douleur ! Mes vierges et mes jeunes hommes
s'en sont allés captifs. 1.19 J'ai
appelé mes amants ; ils m'ont trahie. Mes sacrificateurs et mes anciens
ont expiré dans la ville, pendant qu'ils se cherchaient de la
nourriture pour ranimer leur vie. 1.20
Regarde, ô Éternel, car je suis en détresse ! Mes entrailles
bouillonnent, mon cœur se renverse au-dedans de moi, parce que ma
révolte a été profonde. Au-dehors l'épée enlève [mes] fils ; au-dedans,
c'est la mort 1.21 Ils
m'entendent gémir,... personne qui me console ! Tous mes ennemis
entendent mon malheur ; ils se réjouissent de ce que tu l'as fait. Tu
feras venir le jour que tu as annoncé : alors ils seront comme moi. 1.22 Que
toute leur malice vienne devant toi, et traite-les comme tu m'as
traitée à cause de toutes mes rébellions ; car mes gémissements sont
grands, et mon cœur est languissant. ▲2.1 Comment le Seigneur, dans
sa colère, a-t-il couvert d'un nuage la fille de Sion ? Il a jeté des
cieux en terre la parure d'Israël, et au jour de sa colère il ne s'est
pas souvenu du marchepied de ses pieds ! 2.2 Le
Seigneur a détruit sans pitié toutes les demeures de Jacob ; dans sa
fureur, il a renversé, il a couché par terre les remparts de la fille
de Juda ; il a profané [sa] royauté et ses chefs. 2.3 Il a
rompu, dans l'ardeur de sa colère, toute la corne d'Israël ; il a fait
retourner en arrière sa main droite devant l'ennemi ; il a brûlé, en
Jacob, comme un feu flamboyant, qui dévore à l'entour. 2.4 Il a
bandé son arc comme un ennemi ; il s'est tenu, menaçant de sa main
droite, comme un adversaire, et il a tué tout ce qui était désirable à
l'œil. Sur la tente de la fille de Sion il a versé, comme un feu, sa
colère. 2.5 Le
Seigneur est devenu comme un ennemi, il a détruit Israël ; il a détruit
tous ses châteaux, il a ruiné ses remparts ; et il a multiplié chez la
fille de Juda les gémissements et les plaintes. 2.6 Il a
ravagé son enclos comme un jardin, il a ruiné son lieu d'assignation.
L'Éternel a fait oublier dans Sion assignations et sabbats ; dans
l'indignation de sa colère, il a méprisé rois et sacrificateurs. 2.7 Le
Seigneur a rejeté son autel, il a répudié son sanctuaire ; il a livré
aux mains de l'ennemi les murailles des châteaux de Sion On a jeté des
cris dans la Maison de l'Éternel comme en un jour d'assignation. 2.8
L'Éternel a résolu de ruiner la muraille de la fille de Sion ; il a
étendu le cordeau, il n'a pas retiré sa main pour cesser de détruire il
a mis en deuil l'avant-mur et la muraille : l'un et l'autre languissent
attristés. 2.9 Ses
portes sont enfoncées en terre ; il a détruit, brisé ses barres ; son
roi et ses chefs sont chez les nations. Il n'y a plus de loi ; ses
prophètes même ne trouvent plus de visions auprès de l'Éternel. 2.10 Ils
sont assis à terre et silencieux, les anciens de la fille de Sion ; ils
jettent de la poussière sur leur tête, ils ceignent les vêtements
d'affliction. Les vierges de Jérusalem laissent retomber leur tête sur
la terre. 2.11 Mes
yeux se consument dans les larmes ; mes entrailles bouillonnent, mon
foie se répand sur la terre, à cause de la blessure de la fille de mon
peuple, pour la défaillance des enfants et de ceux qui sont à la
mamelle, dans les places de la cité. 2.12 Ils
disent à leurs mères : Où sont le froment et le vin ?... pendant qu'ils
défaillent comme des blessés à mort dans les places de la ville,
pendant qu'ils rendent l'âme sur le sein de leurs mères. 2.13 Quel
témoignage te présenterai-je ? À quoi te comparerai-je, fille de
Jérusalem ? Que trouverai-je de semblable à toi pour te consoler,
vierge, fille de Sion ? Car ta blessure est grande comme la mer ! Qui
te guérira ? 2.14 Tes
prophètes ont vu pour toi la vanité et l'ineptie, et ils ne t'ont point
découvert ton iniquité afin de détourner ta captivité ; mais ils ont vu
pour toi des oracles de vanité et de séduction. 2.15 Tous
ceux qui passent par le chemin frappent des mains à ton sujet ; ils
sifflent et ils branlent la tête sur la fille de Jérusalem : Est-ce là,
[disent-ils], la ville que l'on appelait la Parfaite en beauté, une
joie pour toute la terre ? 2.16 Sur
toi, tous tes ennemis ouvrent largement la bouche ; ils sifflent et
grincent des dents ; ils disent : Nous les avons engloutis ! Oui, c'est
le jour que nous attendions ! Nous l'avons atteint, nous le voyons ! 2.17
L'Éternel a exécuté ce qu'il avait pensé, il a achevé ce qu'il avait
dit, ce qu'il avait commandé dès les jours d'autrefois. Il a renversé
et il n'a point épargné, et il a réjoui l'ennemi à ton sujet élevant la
corne de tes adversaires. 2.18 Leur
cœur crie vers le Seigneur : Muraille de la fille de Sion ! verse des
larmes, comme un torrent, jour et nuit ; ne te donne pas de relâche,
que ta prunelle ne cesse point ! 2.19
Lève-toi, crie de nuit dès la première des veilles ; répands ton cœur
comme de l'eau devant la face du Seigneur ! Lève tes mains vers lui
pour la vie de tes jeunes enfants, qui défaillent de faim à tous les
coins des rues ! 2.20 Vois,
Éternel, et regarde ! À qui as-tu fait ainsi ? Quoi ! des femmes ont
dévoré leur fruit, les enfants de leurs caresses ! Quoi ! le
sacrificateur et le prophète ont été tués dans le sanctuaire du
Seigneur ! 2.21
Enfants et vieillards ont été couchés à terre dans les rues ; mes
vierges et mes jeunes hommes sont tombés par l'épée ! Tu as tué au jour
de ta colère, tu as égorgé, tu n'as point épargné ! 2.22 Tu as
convoqué, comme en un jour d'assignation, mes frayeurs de toutes parts
!... et au jour de la colère de l'Éternel il n'y a eu ni réchappé ni
fugitif. Ceux que j'avais caressés et élevés, mon ennemi les a consumés
! ▲3.1 Je suis l'homme qui ai vu
l'affliction sous la verge de sa fureur. 3.2 Il m'a
mené et m'a fait marcher dans les ténèbres et non dans la lumière. 3.3 Oui,
tout le jour il revient et tourne sa main contre moi. 3.4 Il a
consumé ma chair et ma peau ; il a brisé mes os. 3.5 Il a
bâti [une enceinte] contre moi, il m'a enveloppé d'amertume et d'ennuis. 3.6 Il m'a
fait habiter dans des lieux ténébreux, comme ceux qui sont morts dès
longtemps 3.7 Il m'a
enclos pour que je ne sorte point ; il a appesanti mes fers. 3.8 Si même
je crie et pousse des clameurs, il ferme l'accès à ma prière. 3.9 Il a
enclos de pierres de taille mes chemins ; il a rendu mes sentiers
tortueux. 3.10 Il a
été pour moi l'ours en embuscade, le lion dans lieux cachés. 3.11 Il a
fait dévier mes chemins et il m'a déchiré, il m'a rendu désolé. 3.12 Il a
bandé son arc et m'a placé comme le but pour la flèche. 3.13 Il a
fait entrer dans mes reins les traits de son carquois. 3.14 Je
suis devenu la risée de tout mon peuple, leur chanson tout le jour. 3.15 Il m'a
rassasié d'amertume, il m'a abreuvé d'absinthe. 3.16 Il a
broyé mes dents avec du gravier, il m'a foulé aux pieds dans la cendre. 3.17 Tu as
rejeté mon âme loin de la paix ; j'ai oublié le bonheur ; et j'ai dit : 3.18 C'en
est fait de ma confiance et de mon espérance envers l'Éternel ! 3.19
Souviens-toi de mon affliction et de ma vie agitée ; [ce n'est]
qu'absinthe et que poison. 3.20 Mon
âme s'en souvient sans cesse, et elle en est abattue au-dedans de moi. 3.21 Voici
ce que je veux rappeler à mon cœur, c'est pourquoi j'espérerai : 3.22 Ce
sont les grâces de l'Éternel, que nous n'ayons pas entièrement péri ;
car ses compassions n'ont point défailli. 3.23 Elles
se renouvellent chaque matin. Grande est ta fidélité ! 3.24
L'Éternel est ma portion, dit mon âme ; c'est pourquoi j'espérerai en
lui ! 3.25
L'Éternel est bon pour ceux qui s'attendent à lui, pour l'âme qui le
cherche. 3.26 C'est
une bonne chose d'attendre en silence le salut de l'Éternel. 3.27 Il est
bon à l'homme de porter le joug dans sa jeunesse ; 3.28 d'être
assis solitaire et silencieux quand [Dieu] le lui impose ; 3.29 de
mettre sa bouche dans la poussière, [en disant] : Peut-être y a-t-il
quelque espoir !... 3.30 de
tendre la joue à qui le frappe, d'être rassasié d'opprobres. 3.31 Car le
Seigneur ne rejette pas à perpétuité ; 3.32 mais
s'il met dans l'affliction, il a aussi compassion, selon la grandeur de
sa grâce ; 3.33 car ce
n'est pas selon son cœur qu'il afflige et contriste les fils des hommes. 3.34 Quand
on écrase sous les pieds tous les prisonniers de la terre, 3.35 quand
on fait fléchir le droit d'un homme en présence de la face du Très-Haut, 3.36 quand
on fait tort à quelqu'un dans sa cause, le Seigneur ne le voit-il pas ? 3.37 Qui
est-ce qui dit une parole qui s'exécute sans que le Seigneur l'ait
commandé ? 3.38 Les
maux et le bien ne procèdent-ils pas de la bouche du Très-Haut ? 3.39
Pourquoi un homme vivant se plaindrait-il ? Que chacun [se plaigne] de
son péché ! 3.40
Recherchons nos voies et sondons-les, et retournons jusqu'à l'Éternel. 3.41
Élevons nos cœurs avec nos mains vers Dieu dans le ciel : 3.42 Nous
avons été rebelles et révoltés, et toi, tu n'as pas pardonné. 3.43 Tu
t'es enveloppé de colère et tu nous as poursuivis ; tu as tué, tu n'as
point épargné. 3.44 Tu
t'es enveloppé d'un nuage que ne peut traverser la prière. 3.45 Tu as
fait de nous, au milieu des peuples, des balayures et un objet
d'aversion. 3.46 Tous
nos ennemis ouvrent largement la bouche sur nous. 3.47
L'alarme et la fosse ont été pour nous, avec la destruction et la ruine 3.48 Mon
œil se fond en courants d'eau à cause de la ruine de la fille de mon
peuple ! 3.49 Mon
œil répand [des larmes] et ne s'arrête point, parce qu'il n'y a pas de
relâche, 3.50
jusqu'à ce que l'Éternel regarde, et qu'il voie des cieux ! 3.51 Mon
œil fait souffrir mon âme à cause de toutes les filles de ma ville. 3.52 Ceux
qui sont mes ennemis sans cause m'ont donné la chasse, comme à l'oiseau. 3.53 Ils
ont anéanti ma vie dans la fosse ; ils ont jeté des pierres sur moi. 3.54 Les
eaux coulaient par-dessus ma tête ; je disais : C'en est fait de moi ! 3.55
J'invoque ton nom, ô Éternel, du fond de la fosse ; 3.56 tu
entends ma voix ! Ne cache point ton oreille à mon cri, afin que j'aie
du répit. 3.57 Au
jour où je t'invoque, tu approches, tu dis : Ne crains point ! 3.58
Seigneur, tu as plaidé la cause de mon âme, tu as racheté ma vie. 3.59 Tu
vois, Éternel, le tort qu'on me fait. Prononce en faveur de mon droit. 3.60 Tu
vois toute leur vengeance, toutes leurs machinations envers moi. 3.61 Tu
entends leurs outrages, ô Éternel, toutes leurs machinations contre moi, 3.62 le
langage de ceux qui s'élèvent contre moi et ce qu'ils méditent contre
moi tout le jour ! 3.63
Regarde : quand ils s'asseyent ou quand ils se lèvent, je suis le sujet
de leur chanson ! 3.64 Tu
leur rendras leur récompense, ô Éternel, suivant l'ouvrage de leurs
mains. 3.65 Tu
leur donneras un cœur cuirassé ; ta malédiction pour eux ! 3.66 Tu les
poursuivras avec colère et tu les extermineras de dessous le cieux de
Éternel ! ▲4.1 Comment l'or s'est-il
obscurci et le métal précieux a-t-il été changé ? Comment les pierres
du sanctuaire sont-elles répandues çà et là, à tous les coins des rues ? 4.2 Les
fils de Sion, si précieux, qui étaient appréciés à l'égal de l'or fin,
comment sont-ils estimés comme des vases de terre, ouvrage des mains du
potier ? 4.3 Les
chacals même présentent la mamelle, allaitent leurs petits : la fille
de mon peuple est devenue cruelle comme les autruches du désert. 4.4 La
langue de l'enfant à la mamelle se colle par la soif à son palais ; les
jeunes enfants demandent du pain ; personne ne le rompt pour eux. 4.5 Ceux
qui mangeaient les mets délicats sont désolés dans les rues ; ceux
qu'on nourrissait sur l'écarlate embrassent le fumier. 4.6 Et la
peine de l'iniquité de la fille de mon peuple a été plus grande que
celle du péché de Sodome, qui fut renversée comme en un clin d'œil,
sans que des mains [d'homme] aient fondu sur elle. 4.7 Ses
nazaréens brillaient, plus purs que la neige, plus blancs que le lait ;
leurs corps étaient plus vermeils que le corail, et taillés comme un
saphir. 4.8 Leur
figure est plus sombre que la noirceur même ; on ne les reconnaît plus
dans les rues. Leur peau tient à leurs os ; elle est sèche, elle est
comme du bois. 4.9 Plus
heureux ont été ceux qu'a frappés à mort l'épée que ceux qu'a frappés à
mort la famine ; car ceux-ci dépérissent exténués par le défaut des
produits des champs. 4.10 De
tendres femmes ont, de leurs mains, fait cuire leurs enfants, qui leur
ont servi de nourriture dans la ruine de la fille de mon peuple. 4.11
L'Éternel a épuisé sa fureur, il a répandu l'ardeur de sa colère ; il a
allumé dans Sion un feu qui a dévoré ses fondements. 4.12 Ni les
rois de la terre ni aucun des habitants du monde ne croyaient que
l'adversaire, que l'ennemi, pût entrer dans les portes de Jérusalem. 4.13 C'est
à cause des péchés de ses prophètes, des iniquités de ses
sacrificateurs, qui versaient au milieu d'elle le sang des justes. 4.14 Ils
ont erré dans les rues en aveugles, se souillant de sang, de sorte
qu'on ne pouvait toucher leurs habits. 4.15
Écartez-vous ! un souillé ! a-t-on crié sur eux ; écartez-vous !
écartez-vous ! ne touchez pas !... Quand ils sont en fuite, oui, quand
ils sont errants, on dit parmi les nations : Ils ne prolongeront pas
leur séjour ! 4.16 La
face de l'Éternel les a divisés il ne continue pas à regarder à eux. On
n'a pas considéré les sacrificateurs ; on n'a pas eu pitié des
vieillards. 4.17 Et
nous, toujours, nos yeux se consument après le secours... Vanité ! À
nos postes de guet, nous guettons [la venue] d'un peuple qui ne délivre
pas. 4.18 Ils
pourchassent nos pas et nous empêchent de marcher dans nos places.
Notre fin est proche ; nos jours sont accomplis, notre fin est venue ! 4.19 Ceux
qui nous poursuivent sont plus légers que les aigles du ciel ; ils nous
suivent ardemment sur les montagnes, ils sont en embuscade contre nous
dans le désert. 4.20 Le
souffle de nos narines, l'oint de l'Éternel, a été pris dans leurs
fosses, lui dont nous disions : C'est à son ombre que nous vivrons
entre les nations. 4.21 Sois
dans l'allégresse et réjouis-toi, fille d'Édom, habitante de la terre
d'Outs ! La coupe passera aussi jusqu'à toi ; tu t'enivreras et tu te
mettras à nu ! 4.22 Elle
est finie, [la peine] de ton iniquité, fille de Sion ! Il ne continuera
plus à t'envoyer en déportation ! Il recherche ton iniquité, fille
d'Édom ! Il met à découvert tes péchés. ▲5.1 Souviens-toi, ô Éternel, de
ce qui nous est arrivé ! Regarde, et vois notre opprobre. 5.2 Notre
héritage est dévolu à des étrangers, nos maisons, à des inconnus. 5.3 Nous
sommes des orphelins sans père ; nos mères sont comme des veuves. 5.4 C'est à
prix d'argent que nous buvons notre eau ; c'est contre paiement que
nous vient notre bois. 5.5 Le cou
chargé, nous sommes poursuivis ; quand nous sommes lassés, il ne nous
est point donné de repos. 5.6 C'est à
l'Égypte que nous tendons la main, et à Assur, pour avoir assez de pain. 5.7 Nos
pères ont péché, ils ne sont plus ; nous, nous portons leurs iniquités. 5.8 Des
esclaves dominent sur nous ; personne ne nous arrache de leurs mains. 5.9 Nous
recueillons notre pain au [péril de] notre vie, à cause de l'épée du
désert. 5.10 Notre
peau est brûlée comme un four, par l'ardeur véhémente de la faim. 5.11 Ils
ont humilié des femmes dans Sion, des vierges dans les villes de Juda. 5.12 Par
leurs mains des chefs ont été pendus. La personne des anciens n'a point
été respectée. 5.13 Les
jeunes hommes ont porté les meules et les jeunes garçons ont trébuché
sous le bois. 5.14 Les
vieillards ont abandonné la porte, et les jeunes hommes, leur chanson. 5.15 La
joie de notre cœurs a cessé ; nos danses sont changées en deuil. 5.16 La
couronne est tombée de nos têtes. Ah ! oui ! malheur à nous, parce que
nous avons péché ! 5.17 Pour
cela notre cœur est languissant ; pour ces choses nos yeux sont
obscurcis ; 5.18 pour
la montagne de Sion qui est désolée, [tellement que] les renards s'y
promènent. 5.19 Toi,
Éternel, tu sièges pour l'éternité ; ton trône est d'âge en âge. 5.20
Pourquoi nous oublierais-tu à jamais, nous délaisserais-tu pour [toute]
la durée des jours ? 5.21
Fais-nous retourner à toi, ô Éternel, et que nous retournions !
Renouvelle nos jours comme [ils étaient] autrefois ! 5.22 Car
certainement, tu nous as entièrement rejetés, tu t'es courroucé contre
nous à l'excès !