▲1.1 Paroles de l'Ecclésiaste
[Chef d'assemblée], fils de David, roi dans Jérusalem. 1.2 Vanité
des vanités ! dit l'Ecclésiaste ; vanité des vanités ! Tout est vanité ! 1.3 Quel
avantage y-t-il pour l'homme en tout son labeur, dont il se tourmente
sous le soleil ? 1.4 Une
génération s'en va et une génération vient, et la terre subsiste à
perpétuité. 1.5 Et le
soleil se lève et le soleil se couche, et [revient] haletant vers son
lieu, où il s'était levé. 1.6 Le vent
s'en va vers le midi, puis il tourne vers le nord ; le vent s'en va,
tournant, tournant, et il revient sur ses circuits. 1.7 Toutes
les rivières vont à la mer, et la mer n'est point remplie ; vers le
lieu d'où viennent les rivières, là elles retournent dans leur cours. 1.8 Toutes
choses sont harassées [plus que] l'homme ne peut dire. L'œil ne se
rassasie point de voir, et l'oreille ne se remplit pas de ce qu'elle
entend. 1.9 Ce qui
a été, c'est ce qui sera ; ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera ; et
il n'y a rien du tout de nouveau sous le soleil. 1.10 Est-il
une chose dont on dise : Vois ceci ! c'est nouveau ?... Elle fut déjà,
aux siècles qui furent avant nous. 1.11 Il n'y
a pas de souvenir de ceux qui [existèrent] les premiers ; et de même de
ceux qui seront après : il n'en restera pas de souvenir chez ceux qui
existeront dans la suite. 1.12 Moi,
l'Ecclésiaste, j'ai été roi sur Israël dans Jérusalem, 1.13 et
j'ai appliqué mon cœur à rechercher et à explorer selon la sagesse tout
ce qui se fait sous les cieux, C'est là une affaire ingrate que Dieu a
donnée aux fils des hommes pour qu'ils s'y fatiguent. 1.14 J'ai
vu tous les ouvrages qui se font sous le soleil, et voici, tout est
vanité et effort inutile 1.15 Ce qui
est courbé ne se peut redresser, et ce qui manque ne peut être compté. 1.16 J'ai
dit en mon cœur : Voici, j'ai grandi et crû en sagesse plus qu'aucun
homme qui ait été avant moi sur Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de
sagesse et de science. 1.17 Mais,
en appliquant mon cœur à la connaissance de la sagesse et à la
connaissance de la déraison et de la sottise, j'ai connu que cela même
est une étude inutile 1.18 car
avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et qui accroît [sa]
science, accroît [sa] douleur. ▲2.1 J'ai dit en mon cœur :
Viens donc ! que je t'éprouve par la joie, et goûte le bien-être et
voici, cela aussi est vanité. 2.2 J'ai
dit du rire : Il est déraisonnable, et de la joie : Que procure-t-elle ? 2.3 J'ai
imaginé en mon cœur de livrer ma chair à l'attrait du vin, tandis que
mon cœur se guiderait avec sagesse, et de m'attacher à la sottise
jusqu'à ce que je visse ce qu'il est bon que les fils des hommes
fassent sous les cieux pendant le nombre [limité] des jours de leur vie. 2.4 Je fis
de grands ouvrages : je me bâtis des maisons ; je me plantai des vignes
; 2.5 je me
fis des jardins et des parcs, j'y plantai des arbres à fruit de toute
genre : 2.6 je me
fils des étangs d'eau pour en arroser la forêt où poussaient les arbres. 2.7
J'acquis des esclaves hommes et femmes ; j'en eus de nés à la maison ;
de plus, j'eus de nombreux troupeaux de gros et de menu bétail, plus
que tous ceux qui ont été avant moi dans Jérusalem. 2.8 Je
m'amassai aussi de l'argent et de l'or, la possession des rois et des
provinces ; je me procurai des chanteurs et des chanteuses, et les
jouissances des fils des hommes, une femme et des femmes ; 2.9 et je
devins plus grand et plus riche qu'aucun homme qui ait été avant moi
dans Jérusalem, et même ma sagesse demeura avec moi. 2.10 Et
quoi que mes yeux aient demandé, je ne les en ai point privés : je n'ai
refusé à mon cœur aucune joie ; car mon cœur s'est réjoui de tout mon
labeur, et c'est la part qui m'est revenue de tout mon labeur. 2.11 Et je
me suis tourné vers tous les ouvrages que me mains avaient faits, et
[j'ai vu] le labeur dont je m'étais tourmenté en [les] faisant ; et
voici, tout est vanité et effort stérile, et il n'y a nul avantage sous
le soleil. 2.12 Et je
me suis tourné pour considérer la sagesse, et la déraison et la sottise
; (car que fera l'homme qui viendra après le roi ? Ce qui s'est déjà
fait.) 2.13 Et
j'ai vu que la sagesse a un avantage sur la sottise comme la lumière a
un avantage sur les ténèbres. 2.14 Le
sage a les yeux à la tête et l'insensé marche dans les ténèbres ; mais
j'ai connu aussi qu'un même accident leur arrive à tous. 2.15 Et
j'ai dit en mon cœur : Le même accident [qui arrive] à l'insensé
m'arrivera aussi à moi, et pourquoi alors ai-je été plus sage [que lui]
? Et j'ai dit en mon cœur que cela aussi est vanité. 2.16 En
effet, pour le sage non plus que pour l'insensé, il n'est point de
souvenir à perpétuité ; dans les jours à venir tout sera oublié depuis
longtemps. Ah ! comment le sage meurt-il avec l'insensé ! 2.17 Et je
haïssais la vie, car le travail qui se fait sous le soleil m'était à
charge, parce que tout est vanité et effort stérile. 2.18 Et je
haïssais tout le travail dont je me tourmentais sous le soleil, et que
je dois laisser à l'homme qui me succédera. 2.19 Et qui
sait s'il sera un sage ou un sot ? Et il sera maître de tout mon
labeur, dont je me suis tourmenté, et que j'ai fait avec sagesse sous
le soleil. Cela aussi est vanité. 2.20 Et je
me suis mis à laisser mon cœur désespérer de tout le labeur dont je
m'étais tourmenté sous le soleil ; 2.21 car il
est tel homme dont le labeur [s'est fait] avec sagesse, et avec
science, et avec profit, et c'est à un homme qui ne s'en est point
tourmenté qu'il le laisse comme sa part. Cela aussi est vanité, et
grand mal. 2.22 En
effet, qu'y a-t-il pour l'homme dans tout son labeur et dans l'étude de
son cœur, dont il se tourmente sous le soleil ? 2.23 Car
tous ses jours sont des douleurs, et son affaire est le chagrin ; même
la nuit son cœur ne repose pas. C'est aussi est vanité. 2.24 Il
n'est rien de bon pour l'homme, en son labeur, que de manger et de
boire, et de faire goûter le bien-être à son âme. Pour cela aussi, j'ai
vu que c'est une chose qui vient de la main de Dieu. 2.25 Car
qui peut manger et jouir, si ce n'est moi ? 2.26 C'est
que, à l'homme qui est bon devant sa face, il donne sagesse, et
science, et joie, tandis qu'à celui qui pèche, il donne pour affaire de
recueillir et d'amasser afin de donner à qui est bon devant la face de
Dieu. Cela aussi est vanité et effort inutile. ▲3.1 Pour tout il y a une
époque, et pour tout ce qu'on veut faire sous les cieux, un temps : 3.2 temps
de naître et temps de mourir ; temps de planter et temps d'arracher le
plant ; 3.3 temps
de tuer et temps de guérir ; temps de démolir et temps de bâtir ; 3.4 temps
de pleurer et temps de rire ; temps de se lamenter et temps de bondir ; 3.5 temps
de lancer des pierres et temps d'amasser des pierres ; temps
d'embrasser et temps de s'éloigner de l'embrassement ; 3.6 temps
de chercher et temps de perdre ; temps de garder et temps de jeter ; 3.7 temps
de déchirer et temps de coudre ; temps de se taire et temps de parler ; 3.8 temps
d'aimer et temps de haïr ; temps de guerre et temps de paix. 3.9 Quel
avantage a celui qui agit, dans le [labeur] dont il se tourmente ? 3.10 J'ai
vu les affaires que Dieu a données aux fils des hommes pour qu'ils s'y
fatiguent. 3.11 il
fait toute chose belle en son temps ; même il leur a mis l'éternité
dans le cœur, sans que l'homme puisse trouver, du commencement jusqu'à
la fin. l'ouvrage que Dieu a fait. 3.12 J'ai
connu qu'il n'est rien de bon pour eux, si ce n'est de se réjouir et de
se faire du bien pendant leur vie ; et de plus, 3.13 chaque
fois qu'un homme mange, boit et goûte de bien-être au milieu de tout
son labeur, c'est un don de Dieu. 3.14 J'ai
reconnu que tout ce que Dieu a fait subsiste à perpétuité ; il n'y a
rien à y ajouter, ni rien à en retrancher, et Dieu agit pour que devant
sa face on craigne. 3.15 Ce qui
arrive fut jadis, et ce qui est à venir est jadis arrivé, et Dieu
retrouve ce qui est passé 3.16 Et je
regardai encore sous le soleil : dans le lieu du droit était la
méchanceté, et dans le lieu de la justice était la méchanceté. 3.17 J'ai
dit en mon cœur : Dieu jugera le juste et le méchant ; car il y a un
temps pour tout ce qu'on veut faire, et sur tout ouvrage [il sera
prononcé] alors 3.18 J'ai
dit en mon cœur : [Il en est ainsi] à cause des fils des hommes, pour
que Dieu les épure et qu'ils voient eux-mêmes qu'ils sont [comme] la
bête. 3.19 Car
tel l'accident des fils des hommes et tel l'accident de la bête, et il
n'y a pour eux qu'un [même] accident. Comme meurt celle-ci, ainsi meurt
celui-là ; et il n'y a qu'un [même] esprit pour tous ; et il n'y a
point de supériorité de l'homme sur la bête, car tout est vanité. 3.20 Tout
va dans un [même] lieu. Tout est venu de la poussière et tout retourne
à la poussière. 3.21 Qui
connait l'esprit des fils des hommes, qui monte en haut, et l'esprit de
la bête, qui descend en bas, en terre ? 3.22 Et
j'ai vu qu'il n'y a rien de mieux que ceci : [c'est] que l'homme se
réjouisse de ses ouvrages, car c'est là sa part. Car, qui le ferait
venir pour jouir de ce qui sera après lui ? ▲4.1 Et j'en suis revenu à
considérer tous les opprimés que l'on fait sous le soleil, et voici les
larmes des opprimés !... et pour eux point de consolateur ! Et de la
main de leurs oppresseurs [sortait] la force,... et pour eux point de
consolateur ! 4.2 Et moi
de vanter les morts qui sont déjà morts, plutôt que les vivants qui
sont encore vivants, 4.3 et
mieux encore que les uns et les autres, celui qui jusqu'à présent n'a
point existé, qui n'a pas vu ce qui se fait de mauvais sous le soleil. 4.4 Et j'ai
vu tout le labeur et tout le profit de l'activité : c'est une jalousie
de l'un contre l'autre. Cela aussi est vanité, et effort inutile. 4.5
L'insensé se croise les mains et mange sa propre chair : 4.6 mieux
vaut plein le creux de la main de repos, que plein les deux poings de
labeur et d'effort inutile. 4.7 Et j'en
suis venu à considérer une [autre] vanité sous le soleil. 4.8 Tel est
seul et n'a pas de second, il n'a pas non plus de fils ni de frère, et
[pourtant] il n'y a point de fin à tout son labeur ; ses yeux, non
plus, ne sont point rassasiés de richesse... Et pour qui est-ce que je
me tourmente et que je prive mon âme de bonheur ? Cela aussi est une
vanité, et c'est une affaire ingrate que cela. 4.9 Deux
valent mieux qu'un, parce qu'il y a pour eux un bon salaire en leur
labeur ; 4.10 car
s'ils tombent, l'un relève son camarade ; mais malheur à celui qui est
seul, quand il tombe et qu'il n'a point de second pour le relever ! 4.11 De
même, si l'on couche à deux, on a chaud ; mais comment celui qui est
seul aura-t-il chaud ? 4.12 Et si
quelqu'un veut user de force contre celui qui est seul, les deux lui
tiendront tête ; et le fil mis en trois n'est pas vite rompu. 4.13 Mieux
vaut un enfant pauvre et sage qu'un roi vieux et insensé qui ne sait
plus se laisser éclairer 4.14 car de
la maison des prisonniers [même] il est sorti pour régner, quoique né
pauvre dans son royaume. 4.15 J'ai
vu tous les vivants qui cheminent sous le soleil accompagner l'enfant,
le second, celui qui doit succéder [au roi]. 4.16 Il n'y
a point de fin à tout ce peuple, à tous ceux à la tête desquels il est.
Néanmoins ceux qui viendront après n'auront pas de joie en lui ; car
cela aussi est vanité et étude inutile. ▲5.1(4.17) Garde
tes pieds lorsque tu vas dans la maison de Dieu, et approche-toi pour
entendre, plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés ; car ils ne
savent pas que c'est faire le mal. 5.2 (5.1)
Ne te presse point de ta bouche et que ton cœur ne se hâte pas
d'énoncer une parole devant la face de Dieu ; car Dieu est dans les
cieux, et tu es sur la terre ; qu'ainsi tes paroles soient peu
nombreuses ; 5.3 (5.2)
car comme le songe survient dans la multitude des affaires, ainsi la
voix de l'insensé, dans la multitude des paroles. 5.4 (5.3)
Lorsque tu auras voué un vœu à Dieu, ne renvoie pas de l'accomplir ;
car il ne prend pas plaisir aux insensés. Accomplis le vœu que tu as
fait. 5.5 (5.4)
Mieux te vaut de ne pas faire de vœu, que d'en faire un et de ne pas
l'accomplir. 5.6 (5.5)
Ne laisse pas ta bouche faire pécher ta chair, et ne dis point en
présence de l'envoyé que c'est une méprise. Pourquoi Dieu se
courroucerait-il à ta voix, et détruirait-il l'ouvrage de tes mains ? 5.7 (5.6)
Car dans la multitude des songes il y a des vanités, et aussi dans
beaucoup de paroles. C'est pourquoi, crains Dieu. 5.8 (5.7)
Si tu vois dans une province le pauvre opprimé et l'équité et la
justice mises au pillage, ne sois pas étonné de cet arbitraire ; car
une altesse est au-dessus d'une altesse, surveillant, et un Très-Haut
[est] au-dessus d'elles ; 5.9 (5.8)
et c'est l'avantage d'un pays à tous égards, [qu'il y ait] un roi pour
les champs cultivés. 5.10 (5.9)
Qui aime l'argent ne sera pas rassasié d'argent, et quelqu'un aime-t-il
le grand train, ce n'est pas un revenu. Cela aussi est vanité. 5.11 (5.10)
Quand abonde le bien, ceux qui le mangent abondent ; et quel profit en
a celui qui le possède, sinon que ses yeux le voient ? 5.12 (5.11)
Doux est le sommeil du travailleur, soit qu'il mange peu ou beaucoup ;
mais la satiété du riche ne lui permet pas de dormir. 5.13 (5.12)
Il est un mal cruel que j'ai vu sous le soleil : la richesse conservée,
pour son malheur, à celui qui la possède ; 5.14 (5.13)
puis cette richesse s'est perdue par quelque mauvaise affaire, et s'il
a engendré un fils, il ne reste rien en sa main ; 5.15 (5.14)
comme il est sorti du ventre de sa mère, il s'en retournera nu, s'en
allant comme il vint, et pour son labeur il ne prendra rien qu'il
puisse emporter dans sa main. 5.16 (5.15)
Oui, cela aussi est un mal cruel : tout comme il est venu, ainsi il
s'en va, et quel avantage a-t-il de s'être tourmenté pour du vent ? 5.17 (5.16)
bien plus, tous les jours de sa vie il mange dans les ténèbres et il se
chagrine beaucoup, et il en est malade et il en est courroucé. 5.18 (5.17)
Voici ce que j'ai vu : c'est une chose belle, et qui est bonne, que de
manger, de boire et de jouir du bien-être, au milieu de tout le labeur
dont l'homme se tourmente sous le soleil, pendant le nombre [limité]
des jours de vie que Dieu lui a donnés ; car c'est là sa part. 5.19 (5.18)
De plus, quand Dieu a donné à quelque homme richesse et biens, le
faisant maître d'en manger, d'en prendre sa part et de se réjouir en
son labeur, c'est là un don de Dieu ; 5.20 (5.19)
car il n'aura pas grand souvenir des jours de sa vie, puisque Dieu lui
répond par la joie de son cœur. ▲6.1 Il est un mal que j'ai vu
sous le soleil, et qui abonde parmi les hommes : 6.2 c'est
qu'un homme à qui Dieu donne richesse, et biens, et gloire, et qui ne
manque pour son âme de rien de tout ce qu'il peut souhaiter, Dieu ne le
laisse pas maître d'en manger, car c'est un étranger qui le mangera.
Cela est vanité, et c'est là une souffrance cruelle. 6.3 Si un
homme engendrait cent [enfants], vivait un grand nombre d'années, et
que les jours de ses années fussent multipliés ; mais que son âme ne
soit pas rassasiée de bonheur, que même il n'y ait pas pour lui de
sépulture : je dis qu'un avorton est plus heureux que lui ; 6.4 car il
est venu en vain, et il s'en va dans les ténèbres, et de ténèbres son
nom sera couvert ; 6.5 même il
n'aura ni vu, ni connu le soleil ; celui-ci a le repos de plus que
l'autre. 6.6 Que
s'il avait vécu deux fois mille ans sans avoir vu le bonheur, tout ne
va-t-il pas dans un [même] lieu ? 6.7 Tout le
labeur de l'homme est pour sa bouche, et pourtant le désir n'est point
satisfait. 6.8 Car
quel avantage a le sage sur l'insensé ? Quel [avantage] a l'affligé qui
sait se conduire en présence des vivants ? 6.9 Mieux
vaut la vue des yeux que l'élan du désir Cela aussi est vanité, et
effort inutile. 6.10 Ce qui
existe a déjà été appelé par son nom ; et l'on sait que lui, il n'est
qu'un humain, et ne peut contester avec celui qui est plus puissant que
lui. 6.11 Car il
y a une multitude de choses qui multiplient la vanité. Quel avantage en
a l'homme ? 6.12 Car
qui connaît ce qui est bon à l'homme dans la vie, pendant le nombre
[limité] des jours de la vie de sa vanité, qu'il passe comme l'ombre ?
Aussi, qui annoncera à l'homme ce qui sera après lui sous le soleil ? ▲7.1 Renom vaut mieux qu'huile
de bonne senteur, et le jour de la mort, que le jour de la naissance. 7.2 Mieux
vaut aller à la maison de deuil que d'aller à la maison de festin, en
ce que là est la fin de tout homme, et le vivant le prend à cœur. 7.3 Mieux
vaut le chagrin que le rire ; car avec l'air triste le cœur devient bon. 7.4 Le cœur
des sages est dans la maison de deuil, et le cœur des insensés, dans la
maison où est la joie. 7.5 Mieux
vaut pour un homme d'écouter la menace du sage, que d'écouter la
chanson des insensés ; 7.6 car tel
qu'est le bruit des épines sous la chaudière, tel est le rire de
l'insensé. Cela aussi est vanité. 7.7
Certainement, l'oppression pousse le sage à la déraison, et le don fait
perdre le sens 7.8 Mieux
vaut l'issue d'une chose que son commencement. Mieux vaut l'esprit
patient que l'esprit hautain. 7.9 Ne te
presse pas en ton esprit à te chagriner, car le chagrin repose dans le
sein des insensés. 7.10 Ne dis
pas : Qu'y a-t-il eu, que les jours précédents aient été meilleurs que
ceux-ci ? Car ce n'est point par sagesse que tu t'enquiers à ce sujet. 7.11 La
sagesse est aussi bonne qu'un héritage, et davantage même pour ceux qui
voient le soleil ; 7.12 car on
est à l'ombre de la sagesse [comme] à l'ombre de l'argent ; mais la
science a un avantage : la sagesse fait vivre ceux qui la possèdent. 7.13
Regarde l'ouvrage de Dieu : car qui pourra redresser ce qu'il a courbé ? 7.14 Au
jour du bonheur sois dans le bien-être, et au jour du malheur, regarde.
Aussi Dieu a-t-il fait celui-ci tout comme celui-là, et cela afin que
l'homme ne trouve rien [de ce qui sera] après lui. 7.15 J'ai
vu tout cela dans les jours de ma vanité : il est tel juste qui périt
dans sa justice, et il est tel méchant qui prolonge [ses jours] dans sa
méchanceté. 7.16 Ne
sois pas juste à l'excès et ne fais pas le sage de reste ; pourquoi te
détruirais-tu ? 7.17 Ne
sois pas méchant à l'excès et ne sois pas insensé ; pourquoi
mourrais-tu avant le temps ? 7.18 Il est
bon que tu saisisses cela et que ta main ne quitte point ceci ; car qui
craint Dieu sort de toutes ces choses. 7.19 La
sagesse a plus de force pour le sage que dix commandants qui sont dans
la ville. 7.20
Certes, il n'y a point d'homme sage sur la terre qui fasse le bien et
ne pèche pas. 7.21 Aussi,
ne fais pas attention à toutes les paroles qu'on dira, de peur que tu
n'entendes ton esclave te décrier ; 7.22 car
ton cœur aussi sait bien des cas où tu as toi-même décrié les autres. 7.23 J'ai
éprouvé tout cela au moyen de la sagesse. J'ai dit : Que je sois sage !
Mais elle est éloignée de moi. 7.24 Ce qui
a été est éloigné et profond, profond ! Qui le trouvera ? 7.25 Et je
me suis mis, avec mon cœur, à reconnaître et à explorer et chercher la
sagesse et la raison, et à reconnaître que la méchanceté est folie, et
la sottise, déraison. 7.26 Et
j'ai trouvé qu'elle est plus amère que la mort, la femme dont le cœur
est [comme] des filets et des rets, et dont les mains sont des liens.
Celui qui est bon devant la face de Dieu lui échappera ; mais le
pécheur sera pris par elle. 7.27
Regarde ceci, que j'ai trouvé, dit l'Ecclésiaste, [en examinant] les
choses une à une pour en trouver la raison : 7.28 c'est
ce que mon âme cherche encore et que je n'ai point trouvé. Un homme
entre mille, je l'ai trouvé : mais une femme entre elles toutes, je ne
l'ai pas trouvée. 7.29
Seulement, regarde ceci, que j'ai trouvé : c'est que Dieu a fait les
hommes droits ; mais eux, ils ont cherché beaucoup de raisonnements. ▲8.1 Qui est comme le sage ? Et
qui connaît l'explication d'une chose ? La sagesse d'un homme illumine
son visage et la dureté de son visage en est changée. 8.2 Je
[dis] : Garde l'ordre du roi, et cela, à cause du serment [fait] à Dieu. 8.3 Ne te
presse point de t'en aller de devant lui ; ne persévère pas dans une
chose mauvaise ; car tout ce qui lui plaît, il le fait. 8.4 Parce
que la parole du roi est une puissance, et qui lui dira : Que fais-tu ? 8.5 Qui
garde le commandement ne connaît point de chose mauvaise, et le cœur du
sage connaît le temps et le jugement. 8.6 Car
pour tout ce qu'on veut faire il est un temps et un jugement, parce que
la malice de l'homme abonde en lui. 8.7 Car il
ne sait nullement ce qui arrivera ; car qui lui annoncerait comment il
en arrivera ? 8.8 L'homme
n'est point maître de l'esprit pour retenir l'esprit, et il n'a pas de
puissance sur le jour de la mort, et il n'y a point de licenciement
dans cette guerre, et la méchanceté n'en dégagera pas ceux qui la
pratiquent. 8.9 J'ai vu
tout cela en faisant attention à tout l'ouvrage qui se fait sous le
soleil. Il est un temps où des hommes dominent sur les hommes pour leur
mal ; 8.10 et
alors j'ai vu les méchants enterrés ; et ceux qui ont bien fait ont
passé, et ils s'en sont allés loin du lieu saint, et son oubliés dans
la ville. Cela aussi est vanité. 8.11 Parce
que la sentence contre l'œuvre de malignité ne s'exécute pas
promptement, pour cette raison le cœur des fils des hommes est plein,
en eux, [du désir] de faire le mal ; [oui], 8.12 parce
que le pécheur fait le mal cent [fois] et qu'il prolonge ses jours.
Cependant, je sais aussi qu'il y aura du bien à ceux qui craignent
Dieu, à ceux qui le craignent devant sa face ; 8.13 mais
il n'y aura point de bien pour le méchant, et il ne prolongera point
ses jours. [Il sera] comme l'ombre, parce qu'il n'aura pas craint
devant la face de Dieu. 8.14 Il est
une vanité qui a lieu sur la terre : c'est qu'il est des justes qui
rencontrent [un sort] conforme à l'œuvre des méchants, et il est des
méchants qui rencontrent [un sort] conforme à l'œuvre des justes. J'ai
dit que c'est aussi là une vanité. 8.15 Et
j'ai vanté la joie, parce qu'il n'y a rien de bon pour l'homme, sous le
soleil, que de manger, et de boire, et de se réjouir, et c'est ce qui
lui appartient dans son labeur, durant les jours de sa vie que Dieu lui
donne sous le soleil. 8.16
Lorsque j'ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse et à regarder les
affaires qui se font sur la terre (car ni jour ni nuit [l'homme] ne
voit de ses yeux le sommeil) : 8.17 alors
j'ai vu tout l'ouvrage de Dieu, savoir, que l'homme ne peut pas trouver
l'ouvrage qui se fait sous le soleil ; de quelque [peine] que l'homme
se tourmente pour chercher, il ne trouve pas ; et même si le sage
prétend connaître, il ne peut pas trouver. ▲9.1 Oui, j'ai pris à cœur tout
cela, et j'ai éclairci tout cela, savoir que les justes, et les sages,
et leurs travaux, sont dans la main de Dieu ; que ce soit amour, que ce
soit haine, l'homme n'en sait rien. 9.2 Tout
est devant eux. Tout a lieu également pour tous : un [même] accident
pour le juste et pour le méchant, pour le bon, et pour le pur, et pour
le souillé, pour celui qui sacrifie et pour celui qui ne sacrifie
point. Tel le bon, tel le pécheur ; tel celui qui jure, tel celui qui
craint le serment. 9.3 Ceci
est un mal dans tout ce qui se fait sous le soleil, c'est qu'il y a
pour tous un [même] accident ; aussi le cœur des fils des l'homme
est-il plein de mal, et il y a de la déraison dans leur cœur pendant
leur vie ; et après cela... chez les morts ! 9.4 Qui
est-ce en effet qui est choisi ? Chez tous les vivants il y a de la
confiance ; car un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort. 9.5 Car les
vivants savent qu'ils mourront, et les morts ne savent quoi que ce soit
; et il n'y a plus pour eux de salaire, car leur mémoire est oubliée. 9.6 Et leur
amour, et leur haine, et leur jalousie, ont déjà péri, et ils n'ont
plus de part, à perpétuité, en tout ce qui se fait sous le soleil. 9.7 Va,
mange ton pain avec joie, et bois ton vin d'un cœur heureux ; car dès
longtemps Dieu a eu tes œuvres pour agréables. 9.8 Qu'en
tout temps tes vêtements soient blancs, et que l'huile ne manque pas
sur ta tête. 9.9 Jouis
de la vie avec la femme que tu aimes, tous les jours de la vie de ta
vanité, qu'il t'a donnés sous le soleil, tous les jours de ta vanité ;
car c'est là ta part dans la vie, et dans ton labeur, dont tu es
tourmenté sous le soleil. 9.10 Tout
ce que ta main trouve à faire, dans ta vigueur, fais-le ; car il n'y a
ni œuvre, ni raison, ni science, ni sagesse, dans le séjour des morts,
où tu vas. 9.11 J'ai
repris, et j'ai vu sous le soleil, que la course n'est pas aux agiles,
ni la bataille aux hommes vaillants, non plus que le pain pour les
sages, non plus que la richesse pour les intelligents, non plus que la
faveur pour les savants ; mais le temps et l'occasion arrivent
[également] à eux tous. 9.12 Car
l'homme ne connaît pas plus son temps que les poissons qui se prennent
dans un filet fatal, et que les oiseaux qui sont pris au lacet ; comme
eux sont enlacés les fils des hommes au temps du malheur, lorsqu'il
tombe sur eux tout à coup. 9.13 J'ai
vu aussi ce [cas de] sagesse sous le soleil, et elle est grande, à mon
avis : 9.14
c'était une petite ville, n'ayant que peu de gens, et contre laquelle
vint un grand roi ; et il l'entoura et bâtit contre elle de grands
ouvrages de siège ; 9.15 et il
s'y trouva un homme pauvre [qui était] sage, et ce fut lui qui délivra
la ville par sa sagesse ; et personne ne se souvint de cet homme pauvre. 9.16 Et
j'ai dit : Mieux vaut sagesse que force, même quand la sagesse du
pauvre est méprisée, et quand ses paroles ne sont point écoutées. 9.17 Les
paroles des sages s'écoutent dans le repos, plutôt que le cri de celui
qui domine parmi les insensés. 9.18 Mieux
vaut sagesse qu'instruments de combat, et un seul pécheur détruit un
grand bonheur. ▲10.1 Les mouches mortes font
puer [et] fermenter l'huile du parfumeur. Un peu de sottise a plus de
poids que sagesse et gloire. 10.2 Le
cœur d'un sage est à sa droite, et le cœur d'un insensé, à sa gauche ; 10.3 et
même quand le sot marche dans le chemin, le sens lui manque et il dit
de chacun : Voilà un sot ! 10.4 Si
l'esprit du dominateur s'emporte contre toi, n'abandonne pas ta place ;
car la débonnaireté fait qu'on s'abstient de grands péchés. 10.5 Il est
un mal que j'ai vu sous le soleil, comme une méprise provenant du
dominateur : 10.6 la
sottise est placée dans une grande élévation, et les riches siègent
dans l'abaissement. 10.7 J'ai
vu des esclaves à cheval et des princes marchant [à pied], sur la
terre, comme des esclaves. 10.8 Qui
creuse un trou y tombe, et le serpent mord celui qui fait brèche dans
une muraille. 10.9 Qui
arrache des pierres en est blessé. Qui fend du bois en est en danger. 10.10 Si le
fer est émoussé, et que l'[ouvrier] affile le tranchant qui fait
défaut, il accroît ses forces ; et la sagesse est un degré supérieur de
succès. 10.11 Si le
serpent mord faute d'enchantement, alors celui qui a une langue n'a pas
d'avantage. 10.12 Les
paroles de la bouche du sage sont [pleines de] grâce ; mais les lèvres
de l'insensé l'engloutissent. 10.13 Le
début des paroles de sa bouche est sottise, et la fin en est une
pernicieuse déraison. 10.14 Et le
sot multiple les paroles ! L'homme ne sait ce qui arrivera, et ce qui
sera après lui. Qui est-ce qui le lui annoncerait ? 10.15 Le
labeur des insensés les lasse, parce qu'ils ne savent pas aller à la
ville. 10.16
Malheur à toi ! terre qui as pour roi un [jeune] garçon, et dont les
princes mangent dès le matin. 10.17
Heureuse es-tu ! terre dont le roi est fils d'hommes distingués, et
dont les princes mangent quand il est temps, pour [reprendre] force et
non pour la boisson. 10.18 À
cause de deux paresseuses la charpente s'affaisse, et à cause de la
lâcheté des mains la maison a des gouttières. 10.19 C'est
pour le divertissement qu'on fait un repas, et le vin réjouit la vie ;
et l'argent répond à tout. 10.20 Ne
maudis point le roi même dans ta pensée, et ne maudis point le riche
dans les chambres où tu couches ; car l'oiseau du ciel en ferait courir
le bruit, et l'animal ailé en rapporterait les paroles. ▲11.1 Jette ton pain sur la face
des eaux, car après bien des jours tu le retrouveras. 11.2
Fais-en part à sept, et même à huit ; car tu ne sais pas ce qu'il peut
arriver de malheureux sur la terre. 11.3 Quand
les nuées sont pleines de la pluie, elles la vident sur la terre ; et
si un arbre tombe, au midi, ou au nord, au lieu où l'arbre tombe, là il
sera. 11.4 Qui
observe le vent ne sèmera pas, et qui regarde les nuées ne moissonnera
pas. 11.5 Comme
tu ne sais point quel est le chemin du vent, [ni] comment [se forment]
les os dans le ventre de celle qui est enceinte, de même tu ne sais pas
l'œuvre de Dieu qui fait tout. 11.6 Dès le
matin sème ta semence, et le soir ne donne pas de relâche à ta main ;
car tu ne sais pas ce qui réussira, ceci ou cela, ou si tous les deux
seront également bons. 11.7 Oui,
la lumière est douce, et il est bon pour les yeux de voir le soleil ; 11.8 que si
un homme vit un grand nombre d'années, qu'il se réjouisse tout ce
temps-là et qu'il se souvienne des jours de ténèbres (car ils seront
nombreux) ; tout ce qui est arrivé est vanité. 11.9 Jeune
homme, réjouis-toi dans ta jeunesse, et que ton cœur te rende heureux
aux jours de ton adolescence, et marche dans les voies de ton cœur et
selon les regards de tes yeux ; mais sache que pour tout cela Dieu
t'amènera en jugement, 11.10 et
éloigne de ton cœur le chagrin, et fais passer le mal loin de ta chair.
Car la jeunesse et l'aurore sont vanité ! ▲12.1 Mais souviens-toi de ton
Créateur aux jours de ton adolescence, avant que viennent les jours de
malheur et qu'arrivent les ans dont tu diras : 12.2 Je n'y
ai point de plaisir ; avant que s'obscurcissent le soleil et la
lumière, et la lune, et les étoiles, et que les nuages reviennent après
la pluie ; 12.3 au
jour que les gardiens de la maison trembleront, que se courberont les
hommes vigoureux, et que celles qui moulent s'arrêteront parce que leur
nombre aura diminué, et que celles qui regardent aux fenêtres auront
été obscurcies, 12.4 et
qu'auront été fermés les deux battants sur la place ; quand s'abaissera
le bruit de la meule ; qu'on se lèvera au chant de l'oiseau ; que
seront affaissées toutes les chanteuses ; 12.5 qu'on
craindra aussi les hauteurs et qu'on aura des frayeurs en chemin, et
que l'amandier fleurira, et que la sauterelle sera pesante, et la câpre
privée de vertu parce que l'homme s'en va à sa maison éternelle, et les
gens du deuil font le tour sur la place ; 12.6 avant
que se relâche la corde d'argent, et que se brise la cruche d'or, et
que le seau se rompe sur la source jaillissante, et que la roue soit
brisée sur la citerne, 12.7 et que
la poussière retourne à la terre comme elle y avait été, et que
l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné. 12.8 Vanité
des vanités, dit l'Ecclésiaste, tout est vanité ! 12.9 Et du
reste, l'Ecclésiaste fut sage. Il a encore enseigné la science au
peuple, et il a pesé, et sondé, et mis en ordre des sentences en grand
nombre. 12.10
L'Ecclésiaste a cherché à trouver des paroles auxquelles on prenne
plaisir, et ce qui est écrit avec droiture est parole de vérité. 12.11 Les
paroles des sages sont comme des aiguillons, et les maîtres
d'assemblées comme des clous plantés. Ils sont donnés de la part d'un
seul Berger. 12.12 Et du
reste, mon fils, laisse-toi éclairer par eux. À faire beaucoup de
livres il n'y a point de fin, et beaucoup d'étude est une lassitude
pour la chair. 12.13 Fin
du discours : écoutons-en la somme. Crains Dieu et garde ses
commandements, car c'est là le tout de l'homme 12.14 car
Dieu amènera tout ouvrage en un jugement, concernant tout ce qui est
caché, soit bien, soit mal.